‹ Mémoires;Chapitre 96 sur 177 · juin · texte numérisé non relu

juin

3. « Oux qui ont vu le pays m'en ont nomme un Salto tlella Cerva.. qui pourroit est re cestuy cy, avec Rotaio pour Roc-taillé, et n'en ay rien peu trouver dedans mes descriptions » Sauvage. Mémoires de Commi/nes, fol. C.\LII, note). Lorsque la route du nord f|uilte Pietrasanla, elle lonj;e les conlreforts de l'Apennin situés à l'est, tandis qu'à l'ouest et justiu'à la mers'élend une plaine jadis mai'écai^reuse. A 2 kilomètres envii-on au nord de Fietrasanta, la route est resserrée enti'e la montagne et le cfiurs du torrent de Serravezza, qu'elle francliit^un peu plus loin. Peut-être t'aut-il chcrclier là ce « ])as de la Sei-ve » dont pai'le Commynes.

■1. 26-27 juin.

5. L'annaliste génois Senarega confirme l'indécision des conseillers du roi sur la meilleure route à sm'vrepour gagner la Lombardie. Les bannis génois, «[ni se faisaient fort de soulever Gènes et de chasser les Adorni du pouvoir, conseillaient naturellement la voie du littoral, « sed terrebal (regem) soli sterilitas, pabulique inopia. viarumque asperitas » (Muratori, XXl'V, col. 350). A ^'enise, le 29 juin encore, l'opinion gènéi'ale était que l'armée française se dirigerait sur Gènes ^I-a Seigneurie à ses provéditeurs, Sen. Secr.. XXXV, fol. 131 . En somme, Charles VIII avait à choisir entre trois routes : 1" celle de Gènes; 2° celle par la vallée de la Magra, le pas Cento- Crf)ci et le Tortonais. C'était la \oie suivie par le duc fie Milan en 1494, lorsqu'il repassa l'Apennin pour l'entrer en Lombardie, et il la faisait soigneusement garder; 3" celle du col di' la Cisa et de la vallée du Taro. Cette dernière route, le roi la connaissait pour l'avoir parcourue l'année précédente, et ce fut celle qu'il finit par repi-endre.

[1495] LIVRK Vlll. CHAPITRE V 249

(ct y estoie, on la compaignée de heaucop de gens de bien et oappitaines), où lut conclud partout'' que on n'y entendroit point, car si le Hoy gaignoit la bataille, Gennes se vien- <lroit présenter d elle mesmes, et s'il perdoit, il n'en auroit ([ue l'aire : et fut le premier coup (jue je oun s parler que l'on creust qu'il y deust avoir bataille. Et fut faict le rapport au Roy de cette délibération; mais, non obstant cela, il y envoya mons'" de Bresse, depuys duc de Savcjye *, le seigneur de Beaumont de Poulignac, mon beau frère ', et le seigneur d'Aubejoux, de la maison d'Amboise ', avecques six vingts hommes d'armes de l'ordonnance et (juinze cens arbalestriers, venuz tous fraiz de France par mer. Et m'esbays comment il est possible que ung si jeune Boy navoit quelzques bons serviteurs ([ui luy osassent avoir dict le péril en quoy il se metloit K De moy, il me sembloit qu'il ne me croyoit point du tout.

Nous avions une petite armée de mer, qui venoit de Napples, et y estoit mons"" de Myolant ', gouverneur du Daulphiné, et ung Estienne de Xeves'', de Mont])ellier : et

p ])ar tmis édit.

1. Il) ii\ril 1 |[»i>. Pliilippe. dur de Sa\<pii>. mmii-iil le 7 noxemlire 1497.

•J. Jean de P(>ii}::nae. cléjà cité, scif^neur de Handaii, de Heaimiunt et de Linjîuet, conseiller et chambellan du roi 1 190,. caj^itaine de 10 lances, en 1495. fils de Guillaume- Armand, vicomte de Poli^nac, et d'Amédée de Saluées, avait épousé, en 149.'i, Jeanne de C^hambes. dame d'honneur d'Anne de Hreta^rne. s<t'ur d'Hélène, l'emme de Philippe de (^ommynes. Il mourut au mois de mai 1500 Dupont. Mémoires. II. 44fi; III, 47(1: cf. Hibl. Nat., l'iêres ori(f.. v(>\. 2319. doss. l'olifinuc .

3. IIufTues d'Amboi.se. seif^neurd'Aubijoux. conseilleret chambellan du roi (1492 . neu\ iéme tils de Pierred'Amboisc. sei^;neur de Chaumont, et d'Anne de lîueil. Capitaine des cent freiililshommes fie la maison du roi sous Louis XII. sénéchal de Heaucaire et de Nimes ^1501 , il a\ail épousé Mar- }:uerite d'Armagnac, fdle de .lean. c<inile de (^omniinKes, et il fut lue A Marifinan en 1515 P. Anselme. VII, 127 : cf. de Maulde, Chron. de Louis XH. I, 4". nol...

1. L'opini<m émise par Commynes est exprimée dans une lettre adi-essée à ce moment même par (iilbert Poinlel. commissaire des g-uerres. à son frère, et «pii est iinpi-imée au recueil de La Pilor(j:erie. p. 351 ss. L'imprudence du roi. écrit Pointct. fut très fcénéralemenl blâmée, mais il fut impossible de l'empêcher de la c-ommctlre.

5. Louis de Miolans, baron d'Anjou, en iJauphiné, ct conUe de Montmayeur (Voy. ci-dessus p. 154 n.i.

fi. Celui-là même, sans doute, qui a\ait été envoyé à (îênes au mois de mai 1194 pour oif,';iniser la Hotte, l'ait prisonnier à Hapallo.il fut relâché au mois d'fictobre suivant 'cf. ci-dessus j>. 151 n.. et Dupont. II, 146 n.j.

250 MÉMOIRES DE l'IUMPPE DE f:OMMV.NES [ 1 495]

estoient en tout envyron huyt «i^allées. Et vindrent a l'Espozie ' et à Rappallo, où ilz furent desconfitz, k l'heure dont je parle, au lieu propre où nos gens avoient desconfitz ceulx du roy Alphonce , au commencement du voyag-e, et par ceulx propres qui avaient esté des nostres à l'autre l)ataille, qui estoit messire Loys de Flico ~ et messire Jehan Adorne ; et fut tout mené"^ à Gennes 3. Il oust myeulx vallu que tout eust esté avecques nous, et encores estoit ce poy. Mons"" de Bresse et ce cardinal allèrent loger aux faulxbourgs de Gennes ^, cuidant que leur parcialité se deust lever en la ville pour eulx ; mais le duc de Millan y avoit pourveu et les Adornes qui g-ouvernoient, et messire Jehan Loys de Flico, qui est ung saige chevalier, et furent en grand péril d'estre detfaictz comme ceulx de mer, veu le petit nombre qu'ilz estoient ; et ne tint sinon que la part qui gouvernoit à Gennes n'osoit sortir de la ville, de jDeur que les Fourffousses ne se levassent et leur fermassent les portes. Et eurent noz gens grand peine à eulx en venir vers Ast, et ne furent point à une bataille que le Roy eut, où ilz eussent esté bien seans.

[Chap. VI. J De Seresanno vint le Roy vers le Pont de Trémolo \ car il estoit forcé de y passer, et est l'antrée des montaignes. La ville et chasteau estoient assez bons et en fort pais, et s'il y eust eu bon nombre de gens, elle n'eust

g) mué éd. Diip.

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