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paadirént daiis toute l'Europe, et s'arrêtèrent enfin dans la Pannonie et dans la Dace. jLes SiGulîeh5> faîsoient aussi partie dé ces fluns, et ils ont pris leur nom du mot hongrois Szek-Heljs ^ qui ëtoit 4:ïelui du iieu où ils s'arrêtèrent. Ces peuples ont eu long-temps une langue particulière, qu'ils prétendent être plus ancienne que la langue allemande. La Transylvanie ayant été soumise à plusieurs nlations différentes, son langage s'est corrompu par le mélange des idion^es hongrois, saxoû, français, italien, espagnol, turc et tartare. En ia4a, les Tartares s'emparèrent de la Transylvanie et de la plus grande partie de la Hongrie : c'est d'eux que vient le mot à&han, qui signifie juge-^ car il y a dans toute la Tartarie des hans pour régler les différends qui peuvent survenir entre lés mirzas, qui sontles seigneurs dupays; lé menu peuple étant tellement soumis à la noblesse, qu'elle est maîtresse absolue de la personne et des biens de tous ceux qui le composent, au moyen de quoi ils ne peuvent avoir de procès ensemble*
Les Transylvains ont aujourd'hui la tête rasée et la barbe longue , comme la portoieiUfautrefbis lés anciens Dâces, ainsi qu'on le peut voir par la statue du roi Décebale, qui est encore aujourd'hui à Weissemboufg en Transylvanie. Attila àvoit néanmoins la barbe et les cheveux rasés. Les Avares, qui ont occupé pendant quelque temps làPanhonie et laDace, laissoient croître également leurs cheveux et leuri)àrbe. Sous le règne d'UladisIas, roi de Pologne et de Hongrie, et prince de Transylvanie, tous ses suj^s rasèrent leur tête, à la réserve. d'un toupet qu'ils laissoient sur le devant.
lies anciens Daces portoiçnt, du temps des Romains,
(les vesie& à manche fort large qui ne passoient pas le genou, et (^'ils serroient avee une ceinture pour les faire plisser. L'habit des femmes étoit peu différent (Je celui des hommes, si ce n'est qu'il descendoitjusque« à terre. Leur tête étoit couverte d'un yoile de toile fort claire qu'elles attachoiènt par derrière avec un ruba^ , étqu'ellés laissoient pendre sur leurs épaules . Les Tmns^lvains d'aujourd'hui portent des chemises fort larges, et par dessus des vesles fort étroites. Ce justafucpri^ , qui descend jusqii'à mi-jambe^ est serré avec utie ceinture de soie de plusieurs couleurs, et par de^us ils ont utiie espèce de casaque fort large de peau de renard du de mouflon, avec des manches fort . çojurtes qui ne passent pas le coude. Leur chaussure est pfeu différente de celle des Turcs et des Polonais. Us ont sur là tête des bonnets garnis de fourrure fort larges et fort longs , dont le bout retombe sur les ëpaiç^es. Les habits des'fénimes ont dé la magnificence : leurs jupes sont faites de riches étoffes, et ornées de galons d'or et d'argent-, leurs corps sont couverts d'une broderie d'or mêlée dé pierreries. Les filles laissent pendre leurs cheveux sur leurs épaulés, et les tressent avec. des rubans de diverses couleurs j lesfemmeslès renferment dans un voile qu'elles noueiit par derrière avec un ruban.
Les soldats, pour :se rendre terribles, portent sur les épaides des ]^aux de loup : ils vivent dans une gninde discipline , et le moijadre vol est puni dé mort.
La Dace étoit autrefois gouvernée par des rois particuliers , et elle fut soumise aux Romains par l'empe^ reur Trajan. Dàn^ la. décadence de l'Emipire romain, ella devint h proie des Sarmates , des Gtoths , des Huiis
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et des Saxons. Saint Etienne i, roi de Hongrie, la conquit environ Tan looa, sur Giula son oncle, qui perdit la liberté dans cette guerre -, et depuis elle demeura jointe au royaume de Hongrie. Louis posséda en même temps la Hongrie, la Transylvanie, la Moldavie, là Valachié, la Moesie, la Dalmatiè et FEsclavonie« Bon frère André ayant été assassiné par sa femme Jeanne , reine de Napjles , Louis passa en Italie pour venger sa lûort, et laissa le gouvernement dé ses Etats à Etienne, vaivode de Transylvanie. Celtii-<îi rendit dé si bons services à son maitre , qu'il lui doniia pour récompense la souveraineté de cette province ^ dont il n'étoit que goc^emeur. ^11 changea néanmoins de sentiment peu de temp^ après, et donna la même province à Nicolas Bebec. Etienne dissinlula soti res^ sentiment pendant la vie du Roi : après sa mort, il efiisaya d'ôterla couronne à sa fille Marie, femme de Sigismoiid , roi de Bohême , et d'établir sur le tWne Charles, fils d^André , roi de Naples. Il réussit dans soii entreprise*, mais Nicolas Cabra, palatin du royaume, ayant fendu la tête au nouveau roi d'un coup de sabre , fit venir Sigismond et la reine Marie sa femme , pour prendre possession de 4a Hongrie. Etienne etées partisans, se voyant les plus foibles, se retirèrent auprès de Bajazet , enipereur des Turcs; et ce fut lui qui on*vrit le premier aux Infidèles le chemin de la Hongrie. Albert i , roi de la maison d* Autriche , et successeur deSigismond, mourut sans enfans, et laissa sa fbmme grosse; ce qui donna lieu à une guerre civile. Qûet <|ues-uns des principaux seigneuri, et entre autres Jean-Huniade Corvin, incertains si la Reine accdUcheroit d'un fils, offrirent la couronne àUladislas^
frère de Casimir, roi de Pologne. A peine les ambassadeurs ëtoient arrivés à Cracovie, que la reine Elisabeth^ ^euve d'Albert, accoucha d'un fils. Les Hongrois se. divisèrent alors en deux partis, les uns pour Ula^ dislâs, et les antres pour le jeune roi. Amurat, em« pereur des Turcs, voulant profiter de cette mésintelligence , entra en Hongrie avec une puissante armée : il fut d'abord repoussé par Corvin, et ensuite il remporta sur les Hongrois une grande victoire , dans laquelle Corvin fiât tué. Uladislas fit quelque temps après k paix avec les Turcs; mai^Fayant violée , il perdit la Tie à la bataille de Vame.
Pendant ces guerres civiles et étrangères, la Transylvanie fut séparée de la Hongrie , et soumise à Etienne Battori. Lorsqu'Etienne ftit élu roi de Pologne, il abandonna la Transylvanie i Jean ZapoUik, comte de Segusé, et en mourai^t il laissa la couronne ïson fils Jean Sigismond, alors en bas âge, sous la tutèle de la reine Elisabeth sa mère. Ferdinand, roi de Bohême et frère de l'empereur Charles-Quint, qui prétendoit que là Hongrie , échue à Seguse par la mort de Louis ^ lui appartenoit, essaya de déposséder 1« jeune prince , et conquit une partie de sies Etats. La reine Eli^beth eut retours à Sk)limân , empereur deal Turcs , qui , sous prétexte de la défendre , s'enipara d'une partie de la Hongrie. /
Ma^timilien, successeur de Ferdinand, n'ayant pu cbassér de Hongrie lés Infidèles par la force , apirès la mort de Soliman arrivée devant Sigfnet, qu'il tenoift àmié^é ipàar conserver les places qui îui restoient éà Hongrie, prit le parti de céder à Sôliitian 11, soii fils, toutes celles que son père avoit conquises. Après la
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mort de SéKm, Amurat ii, son successeur, porta encore ses armes dans la Hongrie, sous la conduite de Simon, bâcha, qui prit d'abord Jayallin; mais ayant été battu depuis par Tarehiduc Matthias, qui cômmandoit Tarmëe impériale, il fut contraint de se retirer à Bude.
Sigismond Battori, prince de Transylvanie, ayant épousé Marie-Christine, sœur d'Anne, reine de Pologne, et nièce de Tempereur Rodolphe, «e. ligua avec les Impériaux, et défit les Turcs en plusieurs rencontres. Ses deux oncles, Balthazar et le cardinal Etienne Bâttori, formèrent une conjuration pour lui ôter la vie, et s'emparer du trône. Leur dessein fut reconnu: Balthazar mourut par la main du bourreau, et le cardinal Battori mourut malheureusement en exil. Sigismond n'ayant pu consomme^ son mariage, en devmt si chagrin , qu'il céda ses Etats à l'empereur Rodolphe : ce prince en donna le gouvernement à Georges Basçte, fils de Démétrius, gentilhomme albanais; et Georges défendit cette province noû-seufement contre les Turcis, mais encore dontré Sigismond, qu'il obligea plusieurs fois de se- retirer dans ses Etats, et contre les vaivodes de Moldavie et de Valaehie, qui vouloient se servir de l'occasion pour s'en emparer.
Mahomet III, successeur d' Amurat, vint en pei^ sonne en Hongrie, se rendit ipaître d'Agria, et défit les chrétiens dans la plaine de Cheste -, la campagne sfuivante, Osmin, bâcha, s'^mpdra de Canicha. L^archir duc Matthias voulut la reprendre , mais il feit contraint d'en lever le siège. Les Impériàu?: forcèl'ent ensuite Pèst, et assiégèrent Bude-, cette dernière entreprise
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n'eut point de succès , et leur fit perdre le fniit de la première.
Achmet ayant succédé à Mahomet m, Bethléem Gabor se mit sous sa protection pour obtenir la principauté de Transylvanie. Après avoir manqué le dessein qu'il avoit formé sur Lipa , il favorisa lui-même Télection d'Etienne Boleni , seigneur hongrois. Le Sultan, avec le secours de ce nouveau prince, s'empara de Strigonié; ensuite, pour le récompenser de ses services, il le fit déclarer roi de Hongrie, et couronner à Bude par son grand visir. Etienne ne voulut pas cependant prendre le titre de roi , de crainte d'attirer contre lui toutes les forces de l'empereur Rodolphe \ il signa même avec le comte Fergus , son ambassadeur , un traité par lequel il lui cédoit toutes ses prétentions sur la Hongprie^ et se contentoit de la principauté de Transylvanie . Etienne étant mort quelque temps après d'hydropisie , les Transylvains élurent eii sa place Sigismond Ragotski , par le moyen duquel Rodolphe conclut avec Achmet une trêve de vingt ans. Georges Ragotski son fils ayant porté la guerre en Pologne sans l'aveu de la Porte , attira dan» ses Etats et dans la Hongrie toutes les forces ottomanes. La guerre ne fut terminée, comme je l'ai dit, que *par la cession que l'Empereur fit à Mahomet iv de Neuhàusel , et de quelques autres places. Cette paix néanmoins n'apaisa pas les troubles de la Hongrie, qui continuèrent toujours, vau point que les mécontens tentèrent de diverses façons de se défaire de l'Empereur pour secouer le joug de la maison d'Autriche, et se mettre en liberté.
Ces mécontens en effet ayant appris que l'Empe-
reur avoit épousé par procureur Marguerite-Marie- Thérèse d'Autriche, fille de Philippe iv, rdi d'Espagne, et qu'il devoit l'aller recevoir sur la froiAière, accompagné seulement du prince LoU^owitz , gràiid maître de sa maison, et de douze gentilshommes, firent venir cinq cents hommes bien armés autour de Puttemdorf , place qui appartenoit au comte de Nadasti, dans le dessein de les mettre en embus<iade sur le passage de l'Empereur , et de le faire poignarder^ mais ee prince" les ))révtnt par sa diligence, et se rendit auprès de l'Impératrice avant que toutes ■leurs mesures fussent prises.
Cette entreprise ayant manqué, les éiécontens ré^solurent de recourir à la force. Le comte Piert^ de Serin, qui étoit un de leurs principaux che&, passa par la ville de Muran o^ le paladn faisoit sa rési^ dence , feignant d'aller faire les préparatifs du ma* riage de sa fille avec le prince Hagotski. Là ces deiix seigneurs prirent ensemble des inesures pour faire réussir la conspiration : l'Empereur avoit si peu àe soupçon de la conduite de ce comte ^ qu'il lui ordonét 4e travailler avec les autres commissaires pour faire , par son crédit et par celui de Ragotski , fbnifier les places frontières, comme les députés des Etats en étoient demeurés d'accord. Le comte de Serin, loip d'exécuter les ordres de l'Empereur^ ne s'étndia qn'à les traverser-, il leva même dies troupes conjointe^ ment avec le ccimte de Nadasti, poor se mettre sn état de soutenir leur révolte : les- connrsès des TUrïs leur en fournirent le prétexte, et ils feignireoi de vouloir s'en servir pour se saisir d'un passage par où l'on pouvoit aller en Dalmatie.
La mpit du palatiu Yecellim^ qui arriva mv ia fin de rannée 1667, dëconcei^a un peu leurs mestires. Le comte de Nada$ti, qui agissent de concert avec le comte de Serin , sollicita fortement cette dignité : n^ais FEmpereuriie voulut pas la conférer à un bomtne entreprenant, qui, étant déjà président du conseil souverain, ne s'étoit acquis que trop de crédit dans l'esprit des peuples. L'Empereur crut même qu'il étoit de la politique de laisser cette charge vacante jusqu'à ce que les troubles de Hongrie fassent calmés. Nadasti, indigné de ce refus , gagna im charpentier qui travailloit à un nouveau bâtiment que l'Empereur faisoit faire dans son palais pour loger l'impératrice Eléonore ^ mère. U engage ce malheuveux à mettre le feu aux appartemens, afin que, dans le temps que l'Empereur se sauveroit de l'incendie, les conjurés qui dévoient être en embuscade pussent le massacrer, ou du moins se saisir de sa personne. Le palais de Vienne fut embrasé le 23 février .1668 : mais quoique l'on vît biea que le feu y avoit été mis exprès , il fut impossible d'en découvrir l'auteur.
Nadasti ne se rebuta pas pour avoir manqué cette entreprise. Croyant mieux réussir par le poison que par le fer, il invita l'Impératrice, les princesses im-^ pénales, le prince Charles de Lorraine, et le reste de k coujr, à venir prendre, le 5 avril de la mêm^ année , le divertisaement de k pêche à Puttemdorf. Cette Auguste compagme s'y étant rendue, il fit préparer ^ on magnifique repas , dans lequel on devoit servir devant l'Empereur, qui aimoit beaucoup la pâtisserie , one tourte de pigeonneaux empoisonnée. La comtesse de Nadasti ayant été avertie de cet horrible dessein ,
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$6 jeta aux pieds de sou mari pour eu empêcher Fetëcution, et le conjiura de lui percer plutôt le sein à elle-même , que de commettre un tel pamcide en la personne de son souverain, ta comtesse n'ayant pu rien gagner sur lui , feignit d'entrer dans les mêmes sentimens de vengeaiice : elle oi*donna à son cuisinier de faire une tourte toute semblable à celle (Jui avoit été empoisonnée, et la fit servir surJa table de l'Empereur. Nadasti voyant ce prince se lever de table au même état qu'il s'y étoit mis, ne douta pbiBt de la tromperie que sa femme lui a voit faite; mais il n^osa Ven punir, et fit tomber toute sa vengeance sur le cuisinier, qui, ayant abusé de spn secret,- avoit manqué l'entreprise. Peut-être aussi voulut^il moins lepùttîr, que le mettre hors d'état de découvrir à TEmpereur le dessein qu'il avoit formé contreisa vie. Il ne voulut confier à personne l'exécution dé ce qu'il cnit devoir faire pour sa sûreté , et tua le même jour de sa propre main ce misérable cuisinier.
Le comte de Tottenback étant allé visiter le comte de Serin à Mourachez, celui-ci l'engagea insensiblement dans la ligue des mécontens, lui fit voir le traité que Nadasti avoit fait avec Vecellini, et lui en fit signer un semblable. Ils résolurent ensuite ensemble d'implorer la protection de la Porte , et de se servir des Transylvains pour négocier avec les ministres du divan. Aux premières ouvertures qu'ils en firent, les Turcs offrirent de les seconder puissamment, s'ils vouloient se rendre leurs tributaires , à l'exemple des Transylvains; ce qui rebuta la plupart des chefs du parti hongrois. '
Nadasti voyant qu'il n'y avoit aucvm secours à at-
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tendre de la Porte , résolut d'attenter encore une fois à la vie de l'Empereur, Il crut que le plus sûr moyen étoit d'empoisonner les puits d'où l'on tiroit de l'eau pour ses cuisines. Il y fit jeter un chien , deux chats et deux coqs , les uns enveloppes dans une serviette, et les autres dans un morceau de taffetas. Ces animaux ëtoient déjà presque consumés quand les offiiciers de cuisine s'aperçurent que l'eau étoit gâtée ^ mais le dessein de Nadasti n^eut aucun effet , parce qu'on tiroit de l'eau des fontaines ou des réservoirs pour la bouche de TEmpereur; outre que l'eau de ce puits venant de source, elle n'étoit pas susceptible 4e corruption : ce que l'on reconnut par l'expérience de plusieurs officiers qui en burent sans en être incommodés. On découvrit quelque temps après qu'on s'étoit encore servi d'un autre artifice pour empoisonner les puits. Le fontainier ayant voulu ouvrir la porte du réservoir qui donnoit sur un des bastions de la ville , ne put en venir à bout, parce que la serrure étoit mêlée. Après qu'il l'eut fait lever^ il trouva dans le réservoir un chien mort, avec un panier rempli d'une poudre blanche semblable à de la chaux-, ce qui fit juger qu'on avoit voulu empoisonner cette eau avec un poison plus violent, dans la pensée qu'elle servoit à la bouche de l'Empereur, puisqu'on en te- Doit la porte fermée à la clef.
Quoique toutes ces entreprises eussent manqué, les mesures étoient si bien prises, que toi^ les comtes du royaume alloient se soulever en même temps, si la conjuration n'eu^t été découverte p^r un événement bizarre. Le comte de Tottenbackj^yoitrÊiit mettre en prison son premier vàlét de chàmiirfe,; qu'il accusoit T. 59. a
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de l'avoir volé. Cet homme, qui avoit connoissance de ce que son maître tramoit, crut pouvoir en même temps se venger de lui et se mettre en liberté : il avoit deux copies écrites de la propre main de son mattre , Tune du traité qu'il àvoit fait àveè le comte de Serin le II septanbre 1667; l'autre d'un projet détaillé de ce que chacun devoit faire lorsqu'il seroit temps de prendre les armes. Il remit l'un et l'autre entre les mains de François de ViUe, prévôt de campagne, qui les envoya à l'Empereur dans le paquet du baron d'Oker, chancelier du i»oyaume. L'Empereur en donna d'abord avis à Godefroy Prainer, président du conseil souverain de Styrie, avec ordre de s'assurer de la personne de Tottenback.
Le comte de Serin s'étant mis en campagne avec quelques troupes pour obliger les comtes qui étoient d'intelligence avec lui à prendre les armes, Tottenback , pour ôtér tout soupçon à Prainer, feignit d'aller négocier avec le comte de Serin pour l'eichorter à rentrer dans son devoir. Lorsqu'il retourna à Gratz pour rendre cotnpte du succès de sa conférence, Prainer lui manda que le conseil étoit déjà assemblé, et qu'il pouvoit y venir prendre sa place • Tottenback s'y étant imprudemment rendu, Prainer envoya le greflSier pour l'amuser dans Tantichambre , tandis qu'il donnoit les ordres nécessaires pour le faire arrêter. Quand Tottenback voulut entrer dans la chambre du conseil, le juge de la ville lui demanda son épée de la part de l'Empereur-, et l'ayant remis entre les mains de six gardes, le fit conduire au château de Senedi le iii marê^i67o. Le mënië juge alla aussitôt chez Tottenback p'éur se saisi? <" de ses papiers : il y
trouva quantité de mutiltions et d'armes, et une somtue condidét^ble destinée à lever six mille hommes, comme on l'apprit par ses mémoires; et il avoua dans sou interrogatoire les engagemens qu'il avoit pris avec le comte de Serin.
H auroit été néanmoins difficile de convaincre ce comte et les autres complices, si' tout le secret dé la conspiration n'eût été découvert par l'interception d'une lettre du mat-quis François-Christophe de Frangipani, beau-frèi^e du même comte, écrite au càpitaiiie Tscoutieths, qui en contenoit toutes les circonstances. Lé marquis avoit été assez imprudent Ipour expliquer par cette fatale lettre la haine qu'il avoit conçue contre l'Empereur et contre la nation allemande , Sâils songer qu'elle seroit un jour là conviction de son crime.
Le temps dont les mécontens étoient convenus pour se déclarer <;tant venu, ils crurent pouvoir, sans rien hasarder, se mettre en campagne, sous prétexte de s'opposer aux entreprises des Turcs. Us convoquèrent néanmoins une diète à Cassovie , où la noblesse et les députés des villes de la basse Hongrie furent mandés. L'Empereur, qui n'avoit pas assez de troupes sur pied pour reniédier à un soulèvement général , crut devoir employer la douceur pour gagner du temps. Il ordonna au comte de Rothal de défendre de sa part cette assemblée, avec menaces de punir sévèrement ceux qui refuseroient d'obéir à ses ordres. Les mécontens, qui comprirent bien la politique de l'Empereur, continuèrent leurs levées, distribuèrent les charges militaires, et donnèrent tous les ordres nécessaires. Les treize comtes signèrent une union, et as-
semblèrent des troupes , dont Ragotski devoit avoir le commandement, en y joignant deux mille hommes qu'il promettoit d'entretenir à ses dépens. .
Ce prince, dans respérance de surprendre Tokai, pria un jour à dîner le comte de Staremberg, qui en étoit gouverneur. Staremberg, qui n'avoit aucun.soupçon de son dessein , se rendit chez lui avec quelques officiers de la garnison , et fut arrêté à l'issue du repas. Ragotski fit en même teïnps investir la place par huit mille hussards; le lieutenant qui commandoit en l'absence du gouverneur les repoussa vigoureusement. Il fit tirer le canon snx quelques Hongrois qui avoient pris le parti des mécontens, et les obligea de rendre les armes.
Ragotski avoit formé une autre entreprise sur Montcastch qui n'eut pas un meilleur succès, La princesse sa mère ayant eu avis de la marche de ses troupes deux heures avant qu'il arrivât, se retira dans la citadeUe,*que sa situation rendoit imprenable, et dans la^ quelle il y avoit une forte garnison hongroise et allemande , dont elle exigea un nouveau serment de fidélité. Ragotski s'étant rendu devant la place , trouva les ponts levés et les canons pointés. Il ne laissa pas que de faire proposer à sa mère de lui remettre la citadelle entre les mains -, mais cette courageuse princesse refusa fièrement de le satisfaire, et lui fit tous les reproches qu'un fils rebelle devoit attendre d'une mère extrêmement fidèle à son prince.
L'Empereur, avant que de faire marcher des troupes contre les mécontens de la haute Hongrie, envoya dans la Croatie le général major Spankau avec six mille hommes pour s'opposer aux entreprises du comte de
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Serin, parce que cette province étant plus voisine des pays héréditaires , le danger y paroissoit plus pressant. Le comte de Serin se trouva dans une grande consternation lorsqu'il apprit la marche de ces troupes. Toutes ses mesures lui avoient manqué : il avoit ëchôué dans une entreprise formée sur Copranitz, qu'il avoit promis de livrer aux Turcs ; Ragotski ne lui avoit point envoyé d'argent pour payer son armée, parce qu'il n'avoit pu se saisir du trésor de sou père qui étoit dans Montcastch; les Valaques, à qui il n'avoit pu donner les sommes promises, avoient abandonné son parti, et s'étoient accommodés avec le comte de Herbertin, gouverneur de Carlstadt, qui étoit venu pour les combattre. Il n'avoit dans Schaketorn que deux mille Morlaques, et il n'étoit pas en état d'y soutenir un siège, faute d'argent et de munitions ; en un mot il ne pouvoit plus résister à son souverain. Ces considérations l'obligèrent d'envoyer un trompette à Vienne pour assurer l'Empereur de sa fidélité, et pour demander à se justifier. L'Empereur ne voulut pas écouter ses propositions : il ordonna à Montecuculli de lever le plus de troupes qu'il pourroit pour bien munir les places frontières de la haute Hongrie; et à Spankau d'aller, sans perdre un moment, mettre le siège devant Schaketorn. Le comte de Serin en ayant eu avis, se prépara d'abord à se. défendre ; mais s'étant laissé persuader par le père Marc Forstal, augustin, d'implorer la clémence de l'Empereur , il le chargea de travailler à son accommodement. Ce religieux s'étant rendu à Vienne , s'adressa au prince Lobkowitz , qui lui dit que si le comte de Sçrin vouloit qu'on travaillât fructueusement pour
lui y il Êdloit qu'il envoyât son fils à la cour pour gage de sa fidélité ,jBt qu'il se soumit sans réserve à la volonté de l'Empereur. Il ajouta que si le comte prenoit cette conduite , non-seulement il obtiendroit son par*don , mais qu'on lui conserveroit eqcore ses bien^ , sa liberté et ses charges 5 et qu'enfin s'il vouloit donner la démission de celle de kan 4^ Croatie , on lui conféreroit le gouvernement de Carlstadt, ou quelque autre aussi important. Le père Forstal alla |)orter ces paroles au comte ^e Serin, qui lai remit entre les mains son fils unique , avec un blanc signé qui fut rempli d'une promesse de recevoir garnison allemande 4ans toutes ses places , et de déclarer les complices de la conspiration.
Pendant que le père Forstal petournoit à Vienne, Spankau arrivs^ avec l'armée in^périale devant Schrl^etorn , q\i'il investit aussitôt. Le comte de Seriii envoya un gentilhomme i ce général pour lui apprendre que son accommodement étoit fait avec Sa Majesté Impériale, et lui demander une suspension d'armes, jusqu'à ce qu'on lui eût envoyé son amnistie. Spankau répondit que , n'ay aut reçu aucun avis de ce trwté , il ne pouvoit contrevenir aux ordres qu'il avoit reçus en partant de Vienne de faire ce ^iége avec toute la diligence possible. Aussi ne perdit-il pas un moment, et pressa-t-il tellement la place , que le comte de Serin et Frangipani son beau-frère , qui s'y étoit renfermé avec lui, n'ayant pu la défendre, furent contraints de l'abandonner. Les Impériauic y étant entrés, on se saisit de la comtesse de Serin, et de tous ks effets des deux comtes, qui, abandonuant ce qu'ib avoient de plus précieux, et ne soî\ge$int qu'à sauver
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Içur vie, sortirent de la ville par une porte secrète avec tr^te maîtres seulement, dans le dessein d'aller trouver TE^upereur , suiyant le conseil que l^ur en avait donné le comte K.ëri. Ce comte les reçut dan» i^on château avec six valets seulement, sous prétexte 4e ne pouvoir loger plus de monde ; et s'étant saisi 4e leurs personnes » les conduisit lui-toéme à Vienne. Ils y eurent d'abord assez de liberté , et furent visités des gipns les ptus qualités de la Ville ^ mais ce traitement doux pe dav^ qu'autant Qu'il en fallut aU général Sps^nkau pour réduire toutes les places qui appartenoieut je^ux deux comtes. Le prince Ragotski ne s'alarma pas de leur disgrâce, et se prépara à former en même temps le siège de Tokai et de Zatmar. L'Empereur appréhendant qu'il ne se rendit maître de c§s deux placer , se servit du comte de Serin pour ramener ce prince à son devoir : il lui fit dire par le prince de Lobkowitz que s'il vouloit s'employer au* près de Ragotski ppur l'obliger de rentrer dans l'obéi^sançe qu'il lui devoit, il-auroit pour prix d'un tel service non-séulement une amnistie, la liberté de s4 personne, Ja restitution de ses biens, de ses honpeurs et de ses charges, mais encore le premier gouvernement qui vaqueroit. Le comte de Serin, se laissant éblouir par ces promesses, écrivit à Ragotski pour l'engager à suivre son exemple. Ce prince, qui n'avoit réussi dans aucune de ses entreprises , ne fut pas fâché de voir qu'on lui fît des propositions d'accommodement de la part de l'Empereur : il dépécha à la cour le comte de Colonitz, qui avoit été son prisonnier, ppur y ménager ses intérêts ^ mais il n'eut cjue dçs réponses générales. Lé comte de Roth^l, plé^
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nlpotentiàire de TEmpereur, déclara à Colonitz que Rajjotski devoit aller lui-même se jeter aux pieds de Sa Majesté Impériale , pour la mieux persuader de la sincérité de son repentir. Ragotski , dans Findécision où le mettoit cette réponse ambiguë, eut recours à sa mère, qui partit sur-le-champ pour aller demander à FEmpereur la grâce de son fils. Cette princesse , pour Fobtenir plus facilement, et ne laisser aucun soupçon à Sa Majesté Impériale , lui offrit de la part de Ragotski de recevoir dans toutes ses places une garnison qu il entretiendroit à ses dépens, et de faire raser celles qui ne méritoient pas d'être gardées.
Lorsque FEmpereur eut mis garnison dans toute» lés places de Ragotski , et qu'il se vit par ce moyen en état de ne plus rien craindre de la part des méicontens, il manda à Vienne les principaux seigneurs et les députés des treize comtés de la haute Hongrie , déclarant qu'il ti endroit pour criminels de lèse-majesté ceux qui refuseroient de s'y rendre au premier ordre , et qu'il seroit procédé militairement contre eux. Quant à Ragotski , FEmpereur lui envoya un sauf-conduit, pour qu'il fît moins de difficulté de venir à la cour. Le prince de Holstein et le général Heuller, qui étoient allés lui porter les ordres de l'Empereur , conclurent avec lui un traité par lequel il s'engagea à entretenir à ses dépens les garnisons qu'il avoit reçues dans ses places. La mère de ce prince, qui s'étoit employée avec chaleur pour désarmer la colère du souverain , donna beaucoup d'argent pour payer ces troupes*, et, pour plus grande assurance de sa fidélité, elle laissa entrer garnison allemande dans la ville de Montcasch , où elle faisoit sa
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résidence. L'Empeteur, extrêmement satisfait de la conduite de cette princesse, rétablit son fils dans tous ses biens. Ragotski de son côte, pour répondre aux bontés de son souverain, fit publier par toutes ses terres qu'il feroit couper le nei et les oreilles à tous ceux qui leveroient des troupes contre l'Empereur, ou qui favoriseroieiit les mécontens directement ou indirectement.
Dès que la Hongrie fut paisible, les aSkires du comte de Serin commencèrent à prendre un mauvais tour. Frangipani sonbeau-frère, qtjivouloit le perdre pour profiter de ses charges, fit entendre aux ministres de lEmpereur que la déclaration qu'il avoit faite des circonstances de la conjuration n'étoit pas sincère. Ragotski contribua aussi à le perdre, en remettante l'Empereur toutes les lettres que ce comte lui avoit écrites. La comtesse de Serin ayant appris le mauvais succès des affaires de son mari, écrivit à l'Empereur une lettre fort touchante qui ne produisit aucun effet. Un commença à instruire le procès des deux beauxfrères, et le chancelier Oker les interrogea plusieurs fois. Le comte de Serin témoigna d'abord être fort satisfait de ce qu'on lui donnoit le moyen de faire connoître son innocence. Frangipani se plaignoit beaucoup de lui, et disoit qu'il avoit voulu se décharger du crime dont il étoit prévenu , en le chargeant lui-même^ mais qu'il n'en seroit pas mieux, puisqu'il n'étoit pas difficile d'informer les juges de la vérité. Battori et les autres chefs des mécontens, qui craignoient de partager l'infortune des trois comtes prisonniers, et qui d'ailleurs ne pouvoient se résoudre à subir le joug qu'on leur vouloit imposer , trouvé-
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rent plus à propos de traiter de loin avec leur prince que dans \in lieu où ils pouvoient être arrêtes^ Us firent prier le prince Abaffy de les recevoir dans ses Etats ^ et n'ayant pu y obtenir un asyle, par la défense que les Turcs lui a voient faite de leur en accorder, ils passèrent l^s ûn^ dans la Valachie et les autres dans la Moldavie. Aprèç que toute la haute Hongrie fut réduite , le prince Charles de Lorraine s'approcha, avec un détachement de l'armée du général Spark, de Mt^ran, où Ja veuve du palatin Vecellini demeuroit encore avec quelques mécontens qui s'y étoient réfugiés» La comtesse lui en refusa Feutrée; mais ce prince s'étant saisi d'une hauteur qui commaiidoit la ville , et s'y étant fortifié , l'obligea de capituler. Elle consentit à }e laisser entrer, à condition quelle garderoit les clefe de la ville, et qu'elle y donneroit l'oindre. Le prince Charles de Lorraine en ayant pria pQ^ession, fit arrêter Nagiferents, secrétaire de la ligue, qui, ayant été le principal confident du palatin, avoit tout le secret de la coiyuration, et les traités qu'on avoit faits avec les princes voisins. Nagiferents ayant été amené devant le prince Charles, fut ccm-' traint de découvrir toute la trame , et de lui remettre entre les main$ les traités, avec les instructions qu'il pivoit en son pouvoir. Ce prince ne se cont^ata pa^ de mettre dans la plape une gariiison de deux oenU hommes, il fit encore arrêter la comtesse comme complice de la conjuration. Le confesseur de cette dame, par le moyen duquel elle entretenpit d^s corre^pon^ dances avec les autres méoontens, s'étant trouvé à t.eutsch quand le comte de VplkTa en partit pour nJler interroger h çpmte^se^ il 1^ pria de trouver bon
ftcïs-Y'*
qu'il raccompagnât pour entrer plus aisément à Muran. U portoit à la palatine des lettres de ceux qui s'étoient retirés à Hus. Le comte de Volkra , qui se défioit de ce moine , le fît suivre par quelques soldats lorsqu'il alla rendre visite à cette dame. Les soldats étant entrés avec }ui dans la chambre, remarquèrent qu'il lui faisoit plusieurs signes. Après l'a- Yoir fait dépouiller, ils portèrent ses habits à Volkra : an trouva dans son froc les lettres des mécontens, et le comte le fit arrêter sur^e-tchamp^ mais soit que lea gardes eussent été gagnés, soit qu'ils lui eussent donné trop de liberté, il s'échappa de leurs mains. Volkra interrogea aussi la comtesse, qui nia fortement d'avoir aucune connoissaiice de la conspiration, jusqa'à ce qu'on lui eut représenté les lettres que son confesseur lui avoit apportées. Elle se mit alors à pleurer, ressource ordinaire des femmes et des hommes foibles quand ils se voient convaincus ; et après avoir bien maudit le moine , elle confessa tout.
Quoique cette conjuration fût découverte depuis long^temps, et que l'Empereur eût réduit tous les rebelles à Tobéissance , il ignoroit encore de cpielle manière elle avoit été conduite \ mais la prise de Na^ giferents et de tous ses papiers ne laissa rien à désirer sur toute la suite de cette afikire. On trouva dans sa chambre cinq cassettes remplies de lettres , d'actes, de traités et d'instructions, qui furent envoyées à Vienne. On fit traduire en allemand les pièces qui étoient en langues étrangères , et le tout fut remis entre les mains des commissaires qui instruisoient le procèsdes prisonniers. On y trouva i^ntre autres choses les lettres des comtes de Serin et de Frangipani, qui
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servirent tant à leur propre conviction qu'à d<5couvrir leurs complices qu'ils n'avoient pas voulu nommer, dans l'espérance que, faute de preuves, on les mettroit en liberté.
Ce fut par ces mêmes lettres qu'on apprit la part que Nadasti avoit dans la conjuration. Ce comte, qui n'avoit pas cru qu'on pût l'envelopper dans la disgrâce des autres , demeuroit paisiblement dans son château de Puttemdorf. Ce n'est pas qu'on n'eût eu déjà quelque soupçon de sa conduite-, mais il avoit toujours marqué à cet égard tant de confiance , qu'il en avoit imposé aux plus clairvoy ans. Lorsqu'il sut néanmoins que les papiers de Nagiferents avoient été saisis , il craignit d'être arrêté, etil rassembla cinqcentshommes pour l'escorter jusqu'à Venise, où il préténdoit se retirer. Le lieutenant colonel du régiment d'Huseler vint investir son^château avec un fort détachement, et le surprit dans son lit. Nadasti ayant appris de cet officier qu'il avoit ordre de l'Empereur de le conduire à Vienne , le pria de lui permettre de s'habiller, et de prendre les choses qui lui étoient nécessaires pour son voyage-, mais cet officier, instruit qu'il avoit dans sa chambre un escalier dérobé par lequel il pouvoit sortir du château, et que l'on y passoit par une porte qui paroissoit être celle d'une armoire , ne voulut pas le perdre de vue : il le fit habiller par ses domestiques; et l'ayant conduit à Vienne , il le mena dans la prison commune de la noblesse d'Autriche.
Les ministres de l'Empereurvoyantqu'ily avoit plus de personnes engagées dans cette conspiration qu'ils n avoient cru , jugèrent à propos de séparer les prisonniers, de crainte qu'ils n'eussent entre eux quelque
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correspondance. Ils firent transférer les comtes de Serin et de Frangipani à Neustadt , où ils furent mià dans des prisons différentes avec une garde de cent hommes commandés par le comte Henri de Mansfeld. Nadasti ne voulant rien négliger qui pût contribuer à sa liberté, écrivit au grand visir, qui étoit alors à Andrinople ; mais sa lettre fut interceptée. Les juges la lui ayant représentée, il nia de l'avoir écrite, et soutint que c'étoit un artifice de ses ennemis pour le perdre. Il fallut pour le convaincre lui demander son cachet , dont on confronta l'empreinte avec celle de sa lettre.
Tottenbach de son côté trouva le moyen de s'échapper de la prison -, mais il fut bientôt repris, et conduit de la ville dans le château par la même voûte souterraine dont il devoit se servir pour s'en rendre maître, après qu'on auroit brûlé la ville. Il fut toujours depuis gardé à,vue, sans cp'on lui permît d'écrire àpersonne^ et il ne vit que son médecin et son confesseur : encore a'eut-il cette liberté qu'à certaines heures.
Sur la fin du mois de septembre , Nagiferents fut aussi conduit à Vienne, et mis dans les prisons de l'hôpital, où Nadasti fut transféré peu de temps après. Ce comte, quoique convaincu par tous ces actes, soutint que, depuis l'amnistie qu'on lui avoit accordée pour avoir eu part à la conspiration du palatin Vecéllini , il n'avoit rien fait qui pût le rendre coupable. Les soins qu'il prit pour se justifier furent inutiles, parce qu'on avoit trouvé dans les papiers de Nagiferents la preuve de toutes les entreprises qu'il avoit faites contre la vie de l'Empereur. On découvrit de plus par ce moyen qu'il avoit écrit autrefois à Georges Ragotski , pendant qu'il étoit prince de Transylvanie,
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qu'il le feroit roi de Hongrie ^ «'il vouloit soutenir z^ec vigueur le parti des mëcontens. On apprit aussi qu'après la mort de ce prince il aroit voulu donner quarante mille ëcus romains à sa mère pour retirer la lettre qu'il avoit écrite à feu son mari', et ce n'étoit pas sans raison qu'il avoit essayé de la supprimer. La princesse Ragotski chercha si bien dans ses papiers, qu'elle trouva cette lettre, et l'envoya à l'Empereur. Quand le procès des trois comtes fut instruit, l'Empereur, pour ôter tout prétexte de plainte aux puissances étrangères qui pouvoient sHntéresser à leurvie, leur donna des commissaires tirés des principaux tribunaux de Vienne ^ du conseil de guerre , du ctmseil aulique , et de la cour souveraine de la basse Autriche. Il fit le chancelier Oker président de cette chambre, et le docteur Frey en procureur général: les docteurs Strosca et Eivod furent chargés de proposer les défenses des accusés» Cette apparence de justice, qui sembloit bannir la cabale et la prévention, ne donna néanmoins aucune espérance aux prisonniers de sauver leur vie, parce qu'ils se voy oient convaincus. . Par l'instruction de ce procès , on reconnut que plusieurs personnes, qui n'avoient pas même été soupçonnées d'aucune intelligence avec les mécontens, ^voient néanmoins beaucoup de part à la conjuration; et comme plusieurs de ces rebeUes avoient pris les armes pour leur défense lorsqu'ils avoient vu les principaux chefs de leur parti arrêtés, l'Empereur envoya le lieutenant colonel Huseler pour les réduire. Huseler étant parti de Vienne avec mille chevaux, se rendit maître de toutes lesplacesappartenant au comte îil''Othecitz qui avoit été arrêté , et de celles de Petrozzi
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et de Baragotii , où Ton trouva (Juantitë de munition8 et de vivres. Ce général y ayant mis de bonnes garnisons, ][)àssà plus avant, et alla combattre le comte de Tëkély, qui à'étoit mis en campagne. Ce comte protestoit qu'il avoit été toujours fidèle à Sa Majesté Impériale, mais qu'il prétendoit défendre sa liberté jusqu'au dernier soupir. Dans cette vue , il fit fortifier tous les passages par où l'on pouvoit venir attaquer son château. Il avoit dressé son camp du côté de la Moldavie , de la Valachie et de la Pologne , et il avoit fait prendre les armes à ses sujets et aux Molaques. Huseler ayant appris le bon état de la place , envoya demande!^ à Vienne un renfort de troupes , et l'attirail nécessaire pour former un siège. On fit partir aussitôt quelques régimens qui se trouvèrent prêts à marcher, avec de l'artillerie et des pétards. Dans le temps que Huseler se préparoi t à attaquer Tékély, ce comte mourut dans son château de Kùl , qui fut défendu avec beaucoup d'opiniâtreté par ceux qui l'occupoient : mais Huseler les pressa si vivement, qu'après douze jours de tranchée ouverte il les obligea de capituler. Il y avoit dans <iette place huit cents hussards qui se joignirent à ses troupes ^ les autres qui étoient demeurés dans le château, et qui poUf là plupart étoient Allemands, refusèrent de se rendre , jusqu'à ce qu'on leur eût accordé une amnistie. Cependant lorsqu'ils virent que Huseler ne voùloit les recevoir qu'à discrétion , ils arborèrent le drapeau blanc , et se soumirent à la i^olonté du vainqueur. Le jeune Emeric Tékély, qui fut depuis le chef des mécontens, voyant la garnison dans le dessein de l'abandonner, se sauva de nuit accompagné de son cousin Kisir de Baragotzi et de
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Petrozzi , avec lesquels il se retira à Licona. Huseler les y alla assiéger, et les trouva fort disposés à se défendre^ mais une bombe étant tombée sur le magasin, et ayant mis le feu aux poudres, ils recoururent à l'artifice pour sauver leur vie. fls feignirent de vouloir capituler^ et ayant demandé à parler au comte Piaul Esterhazi, palatin du royaume, qui se rendit pour cet effet près de la Porte, ils le firent saluer de deux coups de fusil , dont néanmoins il iie reçut aucun mal . Esterhazi, qui s'étoit précautionné contre les surprises, avoit mis en embuscade quelques soldats qui s'étant jetés tout-à-coup sur les mécontens, en tuèrent une partie, et firent Baragotzi prisonnier. Ceux qui étoient restés dans la place , n'étant pas en état de soutenir un plus long siège, se retirèrent à Hulh, château extrêmement fort dans la Transylvanie, fls se mirent ensuite sous la protection de la Porte, et payèrent par avance leur carrache ou tribut, pour empêcher qu'on ne les poursuivît.
L'Empereur fit apporter à Vienne les pierreries et là vaisselle d'argent des comtes de Serin et de Frangipani, qui étoient d'un grand prix, et le trésor de Nadasti dont on avoit chargé huit chariots, le tout sous l'escorte d'une compagnie de cavalerie du régiment de Huseler. On fit venir encore dans six chariots les meubles de Tékély, consistant en vaisselle d'or et d'argent, pierreries, tapisseries et testes superbes, avec quantité de fort beaux chevaux : onr envoya à Vienne dans le même temps un domestique du comte de Serin, dont il s'étoit servi plusieurs fois pour porter des lettres aux ministres de la Porte et ailleurs, et en rapporter les réponses. On apprit par son interrogatoire
plusieurs circonstances ihiportantes sur les négociations de son maître.
Le comte de Ro thaï ayant convoque la diète de Hongrie, les députés des comtés ne voulurent travailler à aucune affaire, parce que l'Empereur y vouloit faire assister son procureur général, disant que ce prince les vouloit traiter comme les peuples de sies pays héréditaires. Us se plaignirent encore qu'au lieu de faire instruire le procès des trois comtes par des juges de leur nation, suivautTusage du royaume, on leur avoit donné des commissaires tirés de tous les tribunaux de Vienne. Ces difficultés obligèrent le comte de Rothal de faire une nouvelle proclamation pour le 12 de janvier 167 1. Les comtes de la basse Hongrie obéirent, et envoyèrent leurs députés^ mais il n'eh^ vint pas un de la haute Hongrie. Plusieurs qui étoient déjà partis pour s'y rendre , après avoir examiné le danger où ils s'alloient exposer, se sauvèrent les uns dans la Valachie , et les autres dans Ja Transylvanie , bien résolus d'abandonner plutpt tous leurs biens que dy comparoître en personne pour s'y voir poursuivis criminellement. L'ouverture de la diète se fit cependant le ^4 janvier ; mais comme les députés de la haute Hongrie envoyèrent leur déclaration, portant qu'ils étoient prêts de se rendre à l'assemblée pourvu qu'on leur donnât des saufs-conduits, on la prorogea jusqu'au ide février. L'Empereur, étant informé du peu de fruit qu'il devoit espérer de cette diète , résolut d'employer toute son autorité pour réformer de pareils abus. Quoique ce prince crût avoir éteint la rébellion, que son armée tînt les Hongrois en bride , et qu'il eût en son pouvoir les principaux chefs de la révolte , c'é- T. 59. 3
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toit néanmoins un £ea caché sous la cendre, que le^ malintentionnés tâchoient d'entretenir et de fomenter. Un particulier fut assez hardi pour écrire au Pape en faveur de Nadasti, dans le temps même que ce comte se croyoit abandonné de tout le monde. Cette lettre contenoit en substance que le nonce que Sa Sainteté avoit envoyé à l'Empereur, depuis qu'il étoit rentré dans le sacré collège, pouvoit lui certifier que Nadasti, dans toutes les diètes, avoit soutenu avec chaleur les intérêts de la religion et du Saint-Siège , qu'il avoit fait bâtir à ses dépens un collège de jésuites à Zopranie pour Finstruction de la jeunesse ; qu'il avoit par ce moyen travaillé si utilement à l'extirpation de l'hérésie, que dans ce même lieu ou, avant cet utile établissement, il y avoit à peine dix catholiques, il si'en trouvoit alors deux mille \ qu'il avoit encore fait construire un couvent d'augustins et un couvent de servîtes à Stoquin , sur les frontières de l'Autriche , où tant d'étrangers alloient en pèlerinage -, que cette dévotion avoit contribué à la conversion de la plupart des protestants du voisinage 5 qu'il avoit au péril de sa vie chassé les ministres luthériens de tout son ressort, et que même les hérétiques en avoient formé contre lui des plaintes à la diète ; qu'il avoit été à Rome exprès pour y visiter l'église des Saints- Apôtres -, qu'il avoit travaillé lui-même à la conversion de plusieurs seigneurs du royaume, qui avoient par leur exemple obligé la plus grande partie de leurs vassaux d'embrasser la foi catholique -, enfin qu'il avoit fait rentrer dans le sein de l'Eglise plus de quarante mille âmes \ que si par hasard il s'étoit un peu écarté de l'obéissance qu'il devoit à son souverain , il y gvoit été forcé par les in-
justices que les ministres de rEmpereur lui avoîent faites , «t jpar les persécution^ qu'ils avoient e^cercëes contre lui. Par toutes ces considérations , on supplioit Sa Sainteté de démander à l'Empereur la grâce dû comte Nadasti. Cette lettre produisit l'effet qu'en en avoit attendu, et porta le Pape à écrire à Sa Majesté Impériale en sa faveur. L'Empereur reçut en même temps la lettre du Saint-Père et celle de l'intercesseur de Nadàsti^ que le Pontife lui renvoya. Ge prince mit tout en usage pour en découvrir l'auteur -, maiâ il fut toujours ignoré.
Le procès des trois comtes étant instruit, les commissaires s'assemblèrent-, et après avoir examiné toutes les pièces, les condamnèrent à être dégradés de no^ Uesse, et à avoir la tête et la main droite coupées , avec confiscation de tous leurs biend. Ce jugement ayant été communiqué au comté de Spointznes, maréchal d'Autriche, qui assembla les juges criminels de la noblesse , après qu'ils eurent délibéré àur cette condamnation , ils ordonnèrent que les notas de Nadastt et de Serin seroient effacés de la matricule de la ho^ Uesse, doài on dresseroit itn résultat qui seroit mis entre les mains de l'avocat des criminels , pour leui* en faire la lecture.
Le comte de Souches transféra le même jour, 27 avril 1671 , le comte Nadasti de la maison provinciale au palais de la juridiction ordinaire , pour le remettre entré les mains du lieutenant criminel. Lé lendemain oh lui envoya son confesseur, qu'il reçut avec beaucoup de marques de satisfaction, patce qu'étant entièrement détaché du monde , il ne vouloit songer qu'aux affaires de son salut.^ Quoique l'Empereur lui
eût permis de voir ses enfans , il ne voulut pas qu'on les fît venir, par la confusion qu'il avoit de ce que son crime leur faisoit perdre leur noblesse. Le même jour, sa sentence lui fut prononcée parle secrétaire Leventner et par le docteur Crampach. Le 3o avril, qui étoit le jour destiné pouf l'exécution de la sentence^ il fut conduit «url'échafaud, qu'on avoit dressé dans la cour du palais, et U eut la tête tranchée , l'Em^ pereur lui ayant accordé qu'il n'auroit pas la main coupée. L'exécution des comtes de Serin et de Frangipani se fit le même jour dans la ville de Neustadt, et ils souffrirent la mort avec beaucoup de résignation. La punition des trois comtes s'étendit jusqu'à leurs enfans , dont on changea les armes , et à qui l'on ôta les noms des grandes maisons dont ik sortoient. Les enfans du comte de Nadasti prirent celui de Crontzemberg. Ils étoient onze; et le dernier, qui n'avoit que quatre ans , fit une extrême compassion lorsqu'une dame lui ayant présenté un morceau de sucre , et lui ayant dit : « Prenez cela, comte, » il répondit, avec une présence d'esprit au-dessus de son âge, qu'il n'étoit plus comte, mais un malheureux orphelin sans nom. Le fils du comte de Serin fut nommé Gadé : c'étoit un cavalier de très-bonne mine , et rempli de cœur. Le comte de Tottenback ne fut jugé que sept mois après l'exécution des autres, parce que l'électeur de Brandebourg prétendoit qu'en cas que ses biens fussent confisqués le comté de Rheistam lui devoit être dévolu de plein droit -, sur quoi il y eut de grandes contestations entre ses officiers et ceux de l'Empereur. Mais ce différend ayant été terminé à l'amiable, on passa outre au jugement du pro-
ces. Après qu'il eut été instruit à Gratz par la régence, TEmpereur ordonna que le comte fourniroit ses défenses devant le même tribunal , quoiqu'en matière de crime de lèse-majesté on n'eût pas coutume d'observer toutes ces formalités. Le jugement fut rendu secrètement 5 ensuite on envoya le procès, la sentence et les avis des juges à l'Empereur, pour savoir ses intentions. Ce prince fit remettre le procès entre les mains d'un juge subdélégué , pour lui en faire le rapport dans son conseil secret. L'affaire ayant été discutée devant Sa Majesté Impériale , elle confirma la sentence, qui étoit semblable à celle deà autres comtes. Le secrétaire Abalé fut chargé de la faire exécuter; et s^étant rendu à Gratz , il fit transférer le comte daiis la prison publique. Le comte fut de nouveau interrogé sur ses complices, et découvrit plusieurs particularités qu'il avoit tenues cachées jusqu'alors. On lui signifia en même temps le résultat de la sentence , par lequel il étoit ordonné que lui et sa postérité setoient rayés de la matricule de la noblesse •, ce qui le toucha sensiblement. On lui amena son fils unique âgé de douze ans, qu'il embrassa tendrement, le priant de lui pardonner le malheur et l'infamie qu'il lui causoit; et il l'exhorta à être plus sage que lui, et à ne pas suivre ses mauvais exemples. Le lendemain 3o novembre, il passa toute la journée avec des jésuites, pour se préparer à la mort. Le mardi premier décembre, il fut conduit sur l'échafaud qui lui avoit été prépare , et on lui donna plusieurs coups pour lui séparer la tête du corps; ce qu'il souffrit avec beaucoup de constance.
L'Empereur ayant ainsi pacifié les troubles de la
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Hongrie par la mort des principaux chefs de la révolte, jugea à propos de supprimer la charge de palatin comme étant d'une trop grande autorité, puisque celui qui la possédoit avoit Fadministration de la justice avec le commandement des armées , et cjfie cette dignité étoit perpétuelle. Il résolut de faire gouverner ce royaume par un vice-roi, auquel il donneroit un conseil composé de personnes qui seroient affectionnées à son service^ et il conféra cette charge à Jean-Gaspard Ampringhen, prince de l'Empire, et grand-maître de l'ordre Teutônique. Le principal soin de ce vice-roi fut d'extirper l'hérésie qui se répandoit de plus en plus dans le royaume, de réconcilier les . protestans avec les catholiques, et de rompre les liaisons des hérétiques avec les Transylvains et les Turcs, qui dminoient asyle aux mécontens. Cette conduite lui réussit pendant quelque temps ; mais comme les peuples étoient dans une continuelle défiance, et s'imaginoîent que l'Empereur ne songeoit qu'à établir une autorité indépendante, le feu de la rébellion qui avoit demeuré caché sous la cendre éclata de nouveau , avec plus de violence qu'il n'avoit fait la première fois. Les Transylvains se mirent de la partie sous prétexte de rentrer dans les comtés de Zatmar et de ZamboHch, qui avoient été cédés à l'Empereur par le feu prince Ragotski. Les mécontens reprirent les armes sous le commandenient de Benoît Erdedi, Etienne Petrozzi, Matthias Succhai, Gabriel Kendé, Paul Zepeti , et plusieurs autres seigneurs. Ils se saisirent d'abord d'Erraiska , et ensuite bloquèrent étroitement Cassovie^ ils envoyèrent le lendemain un corps de mille hommes à Eperies, et oyigèrent une