‹ MémoiresChapitre 5 sur 6 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

ET

de La Porte naquit eii i6o3. Un de ses aïeux qu'on appeloit autrefois dérogé , et sa famille loint été réhabilitée.

ane de La Porte entra dès l'âge de dix-huit îrvice de la reine Anne d'Autriche en quaporte-manteau, et se dévoua entièrement à

1624? les extravagances du duc de Buckinant excité la jalousie de Louis xiii , ce prince t)rusqnement de la Reine toqjs ceux qu'il soupavoir pris part à cette intrigue, ►rte eut ordre dé se retirer : Anne d'Autriche nettre dans sa compagnie des gendarmes, et ta jusqu'en i63i, époque à laquelle elle eut ission de le reprendre. Pendant qu'il avoit été

gendarmes, la Reine lui avoit donné sou- \ missions de confiance^ et, dans une circonrès-importante pour cette princesse , il avoit autant d'adresse que de fidélité.

d'Autriche, fatiguée de la position humiù elle étoit réduite par les dédains de son ît par la tyrannie du cardinal de Richelieu, lequel tout fléchissoit dans le royaume , cherîtranger les consolations et les secours qu'elle

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ne trouvoit pas en France. Elle parvint à se mettre en correspondance avec le roi d'Espagne son frère, avec les Infants, avec la gouvernante des ^Pays-Bas, et avec le duc de Lorraine. La Porte étoit chargé de chiffrer les lettres qu'elle écrivoit, et de les faire partir ^ il recevoit les réponses chiffrées , les déchiffroit, et les lui remettoit. L^s espions du cardinal ne tardèrent pas à l'avertir que La Porte avoit souvent des entretiens secrets avec la Reine : ils eurent ordre de redoubler de surveillance. Au mois d'août 1687, La Porte fut arrêté et conduit à la Bastille , ayant sur lui une lettre qu'Anne d'Autriche écrivoit à madame de Chevreuse , qui étoit en Touraine. Cette pièce étoit, heureusement pour lui, fort insignifiante^ mais madame de Chevreuse aggrava l'affaire en prena&t la fuite, et en sortant de France aussitôt qu'elle eut appris qu'il *étoit arrêté. D'un autre côté, la Reine avoua qu'elle s'étoit servie de lui pour faire passer une lettre eh Espagne. Il Jut d'abord interrogé par un jnaître des requêtes, puis par le chancelier, et par. RicheUeu lui-même , qui vouloit absolument avoir des preuves contre Anne d'Autriche, sinon pour la perdre, du moins pour la soumettre à ses volontés: *

On mit tout en oeuvre pour amener La Porte à faire des révélations -, on employa successivement k ruse , les promesses et les menaces : il évita tous les pièges qu'on lui tendit, ne se laissa ni séduire ni intimider, conserva beaucoup de présence d'esprit dans ses interrogatoires, et se conduisit si habilement, qu'il finit par obtenir sa liberté , sans avoir confesse autre chose que ce que la Reine avoit elle-même avoué.

En sortant de la Bastille , il fut exilé à Saumur, où il trouva plusieurs autres personnes exilées comme lui par le cardinal, et d'où il ne revint qu'après la mort du Roi.

Lorsqu'Anne d'Autriche, devenue régente, le revit , elle dit devant tout le monde : a Voilà ce pauvre « garçon qui a tant souffert pour moi, et à qui je tt dois tout ce que je suis à présent. » Quelques jours après elle le nomma valet de chambre du jeune Roi, qui n'avoit pas encore cinq ans.

Peu au fait des intrigues de la cour, qu'il avoit quittée depuis long-temps, et voyant différentes cabales qui se disputoient ,1a direction des affaires, il demanda franchement à la Reine quelle étoit celle à laquelle il devoit se rallier. Anne d'Autriche lui dit qu'elle aVoit fixé son choix sur le cardinal Mazarinç et elle voulut bien le présenter elle-même au ministre , qui lui offrit son amitié , et l'engagea à aller le voir tous les matins.

. ' La Porte n'avoit pas la prétention de gouverner l'Etat-, mais d'après les services qu'il avoit rendus à la Reine , et les dangers qu'il avoit courus pour elle , il croy oit avoir droit à toute sa confiance comme iL l'avoit eue autrefois, et il fut jaloux de celle qu'elle tënioignoit au cardinal Mazarin. Il ne sentit pas que les positions étoient changées , et qu'il ne pouvoit pas être avec Anne d'Autriche, régente de France, sur le pied où il avoit été avec cette princesse lorsqu'elle étoit dédaignée de Louis xiii , et exposée aux persécutions du cardinal de Richelieu. De là vinrent tous les malheurs qui empoisonnèrent le reste de sa vie.

Il garda d'abord quelque mesure avec Mazarin, et

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