‹ Mémoires;Chapitre 100 sur 137 · LE MARÉCHAL DE CASTRIES · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL DE CASTRIES

(Tome Ier, page 195.)

Le maréchal de Castries, cousin du maréchal Fouquet de Belle-Isle, était né en 1727; sa carrière avait été toute militaire.

A l'âge de quinze ans, il recevait pendant le siège de Prague (1742) les leçons de deux grands hommes de guerre, Maurice de Saxe et Chevert. La campagne de Flandre le, plaça de nouveau sous les ordres du maréchal de Saxe, et au siège de Maëstricht (1748) il était fait maréchal de camp. Employé à l'armée d'Allemagne en 1757, il prit par escalade la ville de Saint-Goaret le château de Rhinfeld, brillants faits d'armes qui lui valurent le grade de lieutenant général (1758). L'année suivante, nous le retrouvons à la bataille de Minden. En 1760, il faisait partie de l'armée du Bas-Rhin, sous les ordres du comte de Saint-Germain, lorsqu'elle se réunit, après la victoire deCorbach, à l'armée du maréchal de Broglie.

M. de Castries devait être bientôt appelé dans une occurrence des plus graves à donner toute la mesure de ses talents militaires. Le maréchal de Broglie, maître de la Hesse, avait le prince Ferdinand sur sa droite, c'est-à-dire du côté du Rhin et de la France. Pour le ramener sur sa gauche, il prenait contre le Hanovre et le Brunswick des dispositions menaçantes. Le prince Ferdinand vit que le point décisif était sur le Rhin, et il répondit à cette ruse de guerre par une autre diversion, en détachant le prince héréditaire de Brunswick, qui vint assiéger Wesel, place forte sur le Bas-Rhin, occupée par une faible garnison française. — Wesel était en ce moment la clef de la France ; Wesel pris, les ennemis passaient le Rhin, puis la Meuse, et arrivaient dans la Flandre, dont les places étaient dégarnies de troupes; la guerre se trouvait ainsi trans-

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