Tableau, etc
sique des anciens, il écrivait pour Gossec l'opéra de Sabinus (1773) et un grand nombre de poésies, où manquent surtout, défaut assez singulier chez un musicien, le nombre et l'harmonie. Fidèle à ses premiers goûts, il fut un des fondateurs de ces Concerts des Amateurs1, alors célèbres, qui réunissaient à Vhôtel de Soubise la société la plus brillante. Mais sa grande ambition était d'entrer à l'Académie française ; en 1780, il y remplaça M. de Foncemagne, comme lui membre de l'Académie des inscriptions , et comme lui recherché pour l'aménité de son esprit et le charme de son caractère. Ses succès d'homme du monde avaient préparé pour lui les honneurs académiques, et son concurrent, Lemierre, put dire assez plaisamment : M. de Chabanon l'emportera sur moi : il joue du violon et je ne joue que de la lyre. Le duc de Duras, répondant au nouvel élu, lui dit avec autant de politesse que de mesure : « Un goût sain, un esprit éclairé par les bons prin- « cipes et par les grands modèles de l'antiquité, un style élé- « gant et correct, des mœurs douces, une conduite noble et « sage, tels sont, monsieur, les titres qui vous ont mérité l'es- « time du public et les suffrages de l'Académie; car elle ne « doit pas séparer des talents ces qualités qui donnent à « l'homme de lettres une considération personnelle qui ré- « fléchit sur les lettres elles-mêmes2. »
D'agréables relations et de solides amitiés; un accueil bienveillant à déjeunes talents littéraires, tels que le poëteSaint-
1. « Un spectacle de musique dont nous jouissons dans celle saison tous les mercredis, c'est celui qu'on nomme le Concert des Amateurs. Un certain nombre de personnes, qui aiment la musique et qui en font, s'associent pour les frais de ce concert, qui s'exécute dans une grande salle de l'hôtel de Soubise, qui peut contenir environ six cents personnes. Plusieurs particuliers y jouent pour leur plaisir ; on distingue parmi eux M. de Chabanon, qui joue du violon beaucoup mieux qu'il ne fait des vers Il n'y a pas d'exécution plus
soignée et plus parfaite que celle de ce concert. » (La Harpe, Corr. littéraire, 1775.)
2. Chamfort déclara qu'il ne serait jamais de l'Académie, tant que l'on n'y aurait pas admis Chabanon. (Grimm, Corr.) 11 avait reçu de son ami, en 1772, la pension de trois mille livres que celui-ci avait sur le Mercure, et qu'il tenait lui-même de l'abbé Barthélémy. Chamfort, dans cette circonstance, se montra plus reconnaissant qu'il ne l'était d'habitude.
Ange, le traducteur estimé d'Ovide; le culte toujours entretenu des lettres: la publication de deux comédies en vers, l'Esprit de parti et le Faux Noble, et d'un nouveau recueil de poésies (1788), occupèrent ses dernières années. Il mourut le 10 juin 1792, dans un temps où l'homme de bien ne pouvait plus regretter la vie : Ce qu'on voyait, disait la vieille duchesse de la Yallière, aidait à mourir.
Chabanon avait trois frères et deux sœurs :
1° Jean-Charles-Michel de Chabanon Dessalines, <]ui tut député de Saint-Domingue à l'Assemblée nationale, et mourut sans postérité :
2° Charles -Antoine de Chabanon de Maugris, marié à Mlle Aimée Béhotte, tille de M. Béhotte et de Mlle de Lataste. (Par cette alliance Chabanon de Maugris était le beau-frère de Malouet.) Deux enfants de ce mariage : Bernardin-Dominique de Chabanon, né en 177*5, mort commissaire général de la marine en 1829; Christine de Chabanon, née en 1780, mariée à son cousin Louis -Antoine Malouet, lils de l'auteur des Mémoires, morte à Rouen le 21 novembre 1818;
3° Le chevalier de Chabanon des Marais;
4° Barbe-Perrine de Chabanon, mariée successivement à François-Augustin d'Hallot de Chavannes, à Jean-Baptiste- Joseph de Saint-Saulieu de Sainte-Colombe, et entin à Paul Féron, baron de la Ferronnays, le 13 avril 1780. Elle n'eut qu'une tille, née de son premier mariage, Madelaine-Barbe, mariée d'abord à Charles-Laurent, marquis de Mondion, de qui elle eut une tille, Charlotte-Barbe; et en secondes noces à Adrien-Philibert de Cypiere;
5° N. de Chabanon, mariée deux fois; d'abord avec le marquis de Vezien-Desombrages, aide major à Saint-Domingue ; puis avec le baron de la Chevalerie, de qui elle eut une tille, mariée au comte de Beaunav.