LES SUCCESSEURS DE TURCOT
(Tome 1", page 199.)
Jamais on ne vit de changements si fréquents dans le gouvernement des finances que pendant le règne de Louis XVI.
« Le peuple a fait des extravagances de joie du renvoi du « chancelier (Maupeou) et du contrôleur général (Terray), » écrivait Marie-Antoinette à sa mère le 7 septembre 1774 !. L'avènement de Turgot fut une aurore : cependant il n'y avait pas vingt mois qu'il était contrôleur général, lorsqu'il adressait à son ami l'abbé de Véri cette plainte un peu orgueilleuse : « Je partirai avec le regret d'avoir vu dissiper un beau « rêve et de voir un jeune roi, qui méritait un meilleur sort, « et un royaume entier perdus par celui qui devait les sau- « ver2. » (10 mai 1776.)
Le successeur de Turgot fut un choix malheureux; M. de Maurepas avait trouvé pire que l'abbé Terray; l'administration de Clugny fut qualifiée justement : quatre mois de pillage* . Son renvoi était décidé lorsqu'il mourut au mois d'octobre 1776.
Necker ambitionnait cette place et semblait y être appelé par l'opinion; mais il était protestant, et comme tel il ne pouvait avoir ni le titre de contrôleur général ni l'entrée au conseil des finances. Pour tout concilier, on imagina d'avoir un contrôleur général nominal et un directeur du Trésor; Necker eut celte seconde position jusqu'au jour où il devint ministre réel sous le titre de directeur général des finances (juin 1777).