‹ Mémoires;Chapitre 110 sur 137 · Promotion du 13 juin · texte numérisé non relu

Promotion du 13 juin

2. Allié au prince Emmanuel de Salm, dont il avait épousé la soeur, Je prince de Slabrembcr;; avait été ambassadeur de l'Empereur en France, et il le fui depuis en Angleterre.

4o8 APPENDICE.

tiré six coups de fusil sur deux loups énormes, et nous les avons manques; voilà, mon cher ami, le plus grand événement de notre chasse. Nous sommes ici depuis dix jours et nous ne reviendrons à Paris que les premiers jours du mois prochain : vous y arriverez aussi à peu près dans le même temps, et c'est ainsi que je voudrais calculer toutes mes arrivées. J'ai reçu une lettre de notre ami Malouet; il est mécontent de sa santé; il me mande qu'il fait des remèdes, mais que tout cela le rassurerait peu contre une maladie grave qui le menace, s'il n'avait pas la ressource assurée du magnétisme, dont il va faire usage. Je trouve que cette religion s'est détruite par ses miracles ; le somnambulisme a achevé de la discréditer. J'ai lu avec plaisir le discours de l'archevêque de Narbonne l à l'assemblée du clergé, au sujet de l'affaire du cardinal de Rohan. Je l'ai trouvé raisonnable, précis et d'un bon style.

Je suis persuadé que l'Empereur effraye notre clergé plus que son armée n'effraye la nôtre, et fout cela est dans l'ordre. Il est cependant fâcheux que nous prenions tous les grands exemples chez l'étranger, et que nous nous bornions à servir de modèles aux danseuses, aux cuisiniers et aux marchandes de modes. Adieu, mon excellent ami; j'aime bien à vous écrire, mais j'aime bien plus encore à vous embrasser et à causer avec vous, lors même que nous ne sommes pas du même avis; mais il est vrai que je ne me souviens pas que nous ayons eu une différente manière de voir dans les choses tant soit peu importantes, et je m'en vante.

1. Arthur-Richard de Dillon, né en 1721, fils du comte de Dillon, entré au service de la France après la chute de Jacques II ; il avait successivement occupé les sièges d'Évreux, de Toulouse et de Narbonne, s'était fait remarquer aux États de Languedoc et à l'Assemblée des notables, et présidait alors l'Assemblée générale du clergé. — Il mourut en Angleterre en 181 î. — Ses neveux, Arthur et Théobald Dillon, périrent l'un et l'autre d'une manière tragique, le premier sur l'échafaud révolutionnaire, le second massacré par ses soldats en 1 792. — L'affaire du cardinal de Rohan fait sans doute allusion aux difficultés que celui-ci rencontra dans son diocèse, après avoir quitté l'Assemblée et s'être séparé du parti révolutionnaire.

Page 1