‹ Mémoires;Chapitre 120 sur 137 · LA FERMETURE DE L'ESCAUT · texte numérisé non relu

LA FERMETURE DE L'ESCAUT

(Tome I«\ page 227.)

Dès la formation de la République des Provinces- Unies, la navigation des bouches de l'Escaut avait été l'objet de contestations entre les deux puissances auxquelles le fleuve servait de frontière. Cependant le nouvel État jouissait à peu près seul de cette navigation lorsque le privilège lui en fut reconnu par le traité de Munster (1648.) La fermeture de l'Escaut, impatiemment supportée par l'Espagne, ruinait Anvers. L'Autriche, devenue par la paix d'Utrecht et surtout par la renonciation de Philippe V (1725), maîtresse des Pays-Bas espagnols, voulut faire revivre d'anciennes réclamations, et en 1784, Joseph II, affermi sur le trône de Marie-Thérèse, avait déclaré l'Escaut libre, annonçant que toute résistance des Provinces-Unies serait considérée comme une déclaration de guerre.

L'ultimatum fut accepté; une escadre des Provinces-Unies, commandée par le vice-amiral Rejust, prit position à l'embouchure de l'Escaut, et un bâtiment impérial qui voulut forcer le passage fut repoussé à coups de canon (8 octobre 1784.) C'est à cet incident que fait allusion Louis XVI, dans une lettre qu'il écrit à son beau-frère, le 26 octobre suivant,

Page 1