‹ Mémoires;Chapitre 16 sur 137 · IIS · texte numérisé non relu

IIS

démarches, il n'était plus temps d'en profiter ; il eût été peut-être juste qu'on m'en sût quelque gré ; mais j'ai dû m'estimer heureux qu'on cessât de m'en faire un sujet d'attaques et de reproches.

J'ai réduit à un récit de quelques pages la très-longue histoire de mes rapports en Angleterre sur les affaires de Saint- Domingue soit avec les ministres, soit avec les conseils et les habitants de cette colonie, soit avec les principaux habitants de Londres qui y faisaient des expéditions. Mais de quel intérêt seraient aujourd'hui toutes les discussions que j'ai eues à soutenir, et mes mémoires, et mes observations sur de fausses vues, de mauvaises opérations, et toutes les intrigues nées de la contrariété des intérêts, de la chaleur dee dissentiments et des passions, qui se mêlent à tout? J'ai eu beaucoup à lutter, souvent à souffrir de l'injustice, des préventions de ceux que je servais ; mais, en général, mes bonnes intentions ont été reconnues ; les témoignages les plus honorables se sont réunis en ma faveur, et je crois que bien peu de personnes doutent aujourd'hui que je n'eusse sauvé Saint-Domingue, si l'on m'avait écouté.

Cette affaire n'était pas la seule dont je fusse occupé ; les progrès de la Révolution de France, les malheurs de mon pays, étaient d'un bien plus grand intérêt pour moi ; et, quoique je ne fusse pas dans une situation à influer sur le présent et sur l'avenir, c'était l'objet de toutes mes pensées. Je ne perdais aucune occasion de manifester mes opinions sur tout ce qui se passait au dedans et au dehors. Sans être brouillé avec personne, j'avais contre moi toute l'émigration, excepté les archevêques d'Aix, de Toulouse et de Bor-

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