LB COMTE DE MERLE
tique. Rentré dans l'armée, il y obtint les grades auxquels ses M i vices et sa naissance lui donnaient droit. Enseigne des mousquetaires en 1760, brigadier de cavalerie le 18 juin 1768, il tut fait maréchal de camp le 1er mars 1780. Ce fut le terme de sa carrière militaire, et c'est avec ce titre que nous le voyons figurer à l'assemblée de la noblesse tenue à Riom le 14 mars 1789. Porté en 1792 sur la liste des émigrés, il mourut sans doute, ainsi que la comtesse de Merle, peu de temps après; car l'interrogatoire subi par une de leurs filles devant le tribunal révolutionnaire, le 19 germinal an H, constate que tous deux n'existaient plus à cette époque. S'il en fut ainsi, la Providence leur avait épargné d'assister aux tragiques destinées qui allaient bientôt anéantir leur postérité presque tout entière. Des trois enfants issus de leur mariage, deux périrent de mort violente. Leur lille aînée survécut seule à la Révolution, après avoir vu son mari monter sur l'échafaud. Ces trois enlanis étaient :
1° Anne-Marie de Merle, née à Paris le 20 juillet 1751, mariée le 27 juin 1768 à Pierre-Gilbert de Voisins, greffier en chef du parlement de Paris, morte le 17 avril 1801 (27 germinal an IX).
2° Adélaïde-Marguerite de Merle, d'un an plus jeune que sa sœur, mariée le 5 juin 1776 à Claude-Marie, comte du Chilleau, guillotinée le 18 avril 1794 comme coupable de correspondance avec les émigrés. Ces émigrés, c'étaient son mari et M ^o;ur.
3° Agricol-Marie de Merle, marquis d'Ambert, fusillé le 2 juillet 1798. De son mariage avec Marie-Pierrette de Tolozan, laquelle vivait encore en 1828, naquit une fille unique, Nina d'Ambert, qui mourut avant sa mère sans avoir été mariée. En elle s'éteignit cette branche de la maison de Merlelîeauchamp.
Anne-Marie de Merle, élevée par son oncle le contrôleur général, mariée au jeune et bientôt célèbre greffier en çjief du parlement, Gilbert de Voisins, fut par suite de cette union enlevée un peu durement à l'affection de sa mère, à qui l'on reprochait de plaider la cause de la mode et des plaisirs du jour contre les habitudes jansénistes de la famille Gilbert ; elle
hérita de la plus grande partie de la fortune des Moras. Son mari, devenu président à mortier en 1774, fut du nombre des magistrats qui tentèrent de constituer un parlement de Paris en Belgique. Rentré en France, il périt sur l'échafaud le 15 novembre 1793. 11 laissa deux enfants : Paul-Alexandre Gilbert de Voisins, l'auteur du mémoire sur les Jésuites; et une fille mariée au vicomte d'Osmond, lieutenant général.
Oh trouvera plus loin une note sur le marquis d'Amber et sa sœur la comtesse du Chilleau.