‹ Mémoires;Chapitre 30 sur 137 · II · texte numérisé non relu

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complaisantes, de connaître ce que l'envoyé français pensait du personnage qui était à la fois le ministre tout-puissant et le président de la Junta da lnconfidencia. Or, M. de Saint-Julien, dans une dépêche du mois d'avril 1759, dit : « La haine « du comte d'Oeyras contre les Jésuites lui a été inspirée par « l'influence que ceux-ci prenaient sur l'esprit du roi, et par le « désir de gouverner seul; il cherchait un moyen de faire pé- « rir ces religieux, quand l'histoire du Paraguay est venue lui « en fournir l'occasion; leur fuite au Maragnon, leur grand « commerce aux Indes et au Brésil, toutes ces considérations « ont déterminé le roi à laisser agir le comte d'Oeyras; puis « est survenu l'attentat. Mais les preuves manquent, les pro- « cédures sont suspendues, et l'on diffère même, faute d'un « commencement de preuves, d'écrire à Rome à leur sujet. » Cette hésitation cessa avant même que la lumière fût faite. Le 22 avril 1759 fut adressée à Clément XIII une lettre dans laquelle, en considérant comme un fait acquis la culpabilité des Jésuites, affirmée dans le jugement du 12 janvier, et sans en fournir d'autres preuves, le roi, se déclarant dans la nécessité d'appliquer les derniers -remèdes1, demandait, par une requête du procureur tiscal, l'autorisation de traduire les Jésuites devant les tribunaux séculiers. Faut-il croire que ce prince était mieux informé que l'ambassadeur de France, qui, précisément à la même époque, mandait au duc de Choiseul qu'il n'existait « aucun indice impliquant directement la so- « ciété de Jésus dans la conjuration*? » Cependant cette déclaration d'un ambassadeur à qui ne manquait aucun moyen d'information accuse d'autant plus l'absence des preuves que Pombal invoquait sans cesse, soit devant la cour de Home, soit dans ses entretiens avec le comte de Merle. Nous voyons d'ailleurs que ce ministre se montra toujours aussi avasc de preuves qu'il était prodigue d'affirmations accusatrices et de marques d'animosité. « Le comte d'Oeyras, écrivait le comte « de Merle au duc de Choiseul, dit hautement qu'il a en main « des preuves certaines que les Pères sont les premiers auteurs

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