Dépêche précitée
« de l'assassinat, et que le complot était déjà formé avant la «participation d'Aveiro et des Tavora... Je ne puis trouver « d'expression assez forte pour vous rendre la haine de ce mi- « nistre contre les Jésuites1. » Dans une précédente dépêche, I avait dépeint la ville de Lisbonne comme étant dominée par une véritable terreur*.
Cependant, avec une modération que reconnaissent l'ambassadeur de France et le duc de Choiseul \ le pape, par un bref du 2 août 1759, avait accordé l'autorisation de traduire les Jésuites portugais par-devant tels juges qu'il plairait au roi, se bornant à faire remarquer qu'il n'était pas possible que loua les membres de la société fussent entrés dans la conjuralion, et à prier le roi de distinguer les coupables des innocents et île ne pas expulser de ses États un ordre religieux qui avait rendu de grands services4.
Cette autorisation, accordée pour le cas présent, ne parut pas suffisante à Pombal, qui voulait une autorisation à toujours, c'est-à-dire la suppression même des juridictions ecclésiastiques, telles qu'elles existaient alors. C'est pour arriver à cette suppression par une rupture au moins momentanée avec la papauté, qu'il suscita au nonce d'innombrables tracasseries, dont la futilité et l'inconvenance laissent facilement deviner le motif, et qui se terminèrent par l'expulsion violente de ce prélat. Mais évidemment, il ne s'agissait plus de décider si les prétendus complices du duc d'Aveiro seraient jugés par la justice ecclésiastique ou par les tribunaux ordinaires, encore moins d'éclaircir la question de l'innocence ou de la culpabilité des Jésuites; carie 27 septembre 1759, avant même que le bref du i août fût connu à Lisbonne"', un premier convoi de
1. Dépêches du comte de Merle au duc de Choiseul, 11 septembre 17 59*