M. DE SAINT-JULIEN AU CARDINAL DE BERNIS
12 septembre 1758.
« C'est avec horreur que je rends compte à Votre Émi-
« nence de la véritable cause de la maladie du roi. On en garde « le plus grand secret. La prétendue contusion est une blessure « au bras et îi l'épaule droite, de deux coups de braquemart « chargés à balles et tirés sur la chaise dans laquelle était le « roi avec un domestique. Il était onze heures et demie du soir, « dans la nuit de dimanche à lundi, à la sortie d'Alcantara, à « une demi-lieue de Relem. On est dans l'idée que le roi venait « de voir une de ses maîtresses. Ce qui est plus incroyable,
« c'est qu'on accuse la reine, par sa jalousie, d'être la cause « de l'attentat. Elle aurait, dit-on, cru qu'elle faisait tirer sur « la maîtresse et sur l'entremetteur chargé de la conduire au « palais; ce qui accrédite ce bruit, c'est que l'on ne l'ait au- « cune recherche, et que le port reste libre. »
M. de Saint-Julien ajoute que déjà la reine a voulu fait tuer ce domestique à la chasse. [Arch. Aff. Étr.)