‹ Mémoires;Chapitre 38 sur 137 · AMBASSADEUR D'ANGLETERRE A LISBONNE · texte numérisé non relu

AMBASSADEUR D'ANGLETERRE A LISBONNE

Whitehall, 12 septembre 1759.

[Trùs-confidentiel.)

Monsieur,

Je ne saurais en ce moment vous entretenir de tout ce q\ fait le sujet de vos dernières lettres, quelque intérêt qui s'attache aux questions actuellement pendantes entre les deux cours, voulant m'occuper exclusivement d'un événement récent qui, bien que fort heureux en beaucoup de points pour l'Angleterre1, ne laisse pas cependant, en raison des appréhensions que certaines circonstances fâcheuses ont fait naître, de jeter Sa Majesté dans une anxiété très-réelle et qui ne peut cesser que par la connaissance exacte de l'état des choses.

Vous avez sans aucun doute depuis longtemps connaissance des craintes auxquelles je fais allusion, et qu'il est superflu de désigner autrement. Est-il vrai, en un mot, que, dans le dernier combat de Lagos, les commandants des vaisseaux de Sa Majesté n'aient pas suffisamment respecté les eaux de Portugal, et que l'Océan et le Redoutable aient été coulés par une violation formelle des droits territoriaux de Sa Majesté Très- Fidèle? C'est le désir du roi que, sans perdre de temps, vous transmettiez à Sa Majesté un rapport fidèle et détaillé de cette importante affaire; et, au cas où vous estimeriez qu'une atteinte quelconque aurait été portée aux franchises des eaux de Portugal par les vaisseaux de Sa Majesté, c'est encore la volonté du roi que vous exprimiez dans les termes les plus énergiques au comte d'Oeyras et à ses collègues l'extrême déplaisir avec lequel sera accueillie par Sa Majesté la nouvelle d'un incident aussi regrettable. Vous ajouterez que vous avez

1. Le ministre veut parler ici du combat de Lagos, dans lequel l'amiral Boscawen avait défait la flotte française, commandée par M. de la Clue.

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