‹ Mémoires;Chapitre 43 sur 137 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

3. Aujourd'hui, grâce à la Prusse, ils sont effacés de YAlmanuch de Gotha.

4. La vie du comte de la Lippe fait partie des monuments biographiques de Vœrnaghen-d'Ense, que nous a l'ait connaître l'excellente étude de M. Saint- Rfiné-Taillandier, Revue des Deux-Mondes du 15 juin 1854. 11 est question du comte de la Lippe dans les Mémoires du grand Frédéric, campagne de 17 Cl.

prince de Conti, dans la brillante campagne de 1744 en Italie; au siège de Mahon et à Corbach. Nommé lieutenant général, il fut choisi pour le commandement des troupes quela France envoyait en 1762 contre le Portugal allié à l'Angleterre.

Louis XV espérait que cette guerre le dédommagerait des pertes que l'Angleterre venait de nous faire éprouver dans nos colonies de l'Inde et de l'Amérique ; mais ce projet, conçu légèrement et mal exécuté, eut des résultats qu'il eût été facile de prévoir : il avorta ; et l'Angleterre put s'emparer de la Havane ' avant que nos troupes eussent fait en Portugal un progrès sérieux2.

Cette campagne de 1762 est à peine mentionnée par les historiens du dix-huitième siècle; V.oltaire y fait seulement allusion, mais on peut en trouver les détails dans un livre attribué à Dumouriez3, et dont une partie au moins est incontestablement de lui. Ce volume contient un « Abrégé du « journal de la campagne que les troupes françaises ont faite « en 4762 en Portugal sous les ordres de M. le prince de « Beauvau. » On y trouve jour par jour la suite des opérations militaires.

Entré en Espagne le 3 juin à la tête d'un corps de sept mille hommes, le prince de Beauvau fit sa jonction avec les troupes espagnoles commandées par le marquis de Sauria. Le 15 juillet on entrait en Portugal. Les débuts de la campagne furent très-lents; il y avait peu d'accord entre les généraux; on perdit six semaines à s'emparer de quelques points sans importance.

Les généraux espagnols avaient toujours eu la réputation d'être malheureux contre le Portugal. Le marquis de Sauria

1. 13 août 1 7G2. « Une flotte d'Angleterre a fait payer cher aux Espagnols leur déclaration tardive en faveur de la France. » (Vollaire, Siècle de Louis XV.)

2. Voltaire avait raison d'écrire : « Si l'Espagne n'attaque pas l'Angleterre « avec cinquante, vaisseaux de ligne, je regarde le traité comme des complice menls du jour de l'an. » (Lettre à d'Argenlal du 4 janvier 1702.) Ce qui fut fait était trop ou trop peu.

3. Mémoires sur le Portugal, Paris, an IX, in-8°. — Êiot présent du royaume de Portugal en l'année 17GC, Lausanne, 1775, in-18. — An account, of Portugal as il appeared in 17GG to Dumouriez, London, 1797, in-18.

était octogénaire ; on décida de le remplacer par le comte d'Aranda. Celui-ci montra un peu plus d'activité; les troupes françaises et espagnoles passèrent le Tage ; Lisbonne était menacée ; c'est alors que les Portugais eurent recours à un moyen extrême : entre eux et leurs ennemis ils firent le désert. — « Les villages étaient inhabités, les campagnes dévastées « et incultes1; » les troupes alliées ne pouvaient plus subsister dans un pays sans ressources et couvert de guérillas; la mauvaise saison avait rendu les chemins impraticables; la mésintelligence qui existait entre les généraux ne permettait de concerter aucune opération ; les troupes alliées rentrèrent en Espagne et prirent leurs quartiers d'hiver dans la petite ville de Caceres. C'est là que le prince de Beauvau reçut au mois de février 17G3 la nouvelle de la paix, qui lui permit de ramener ses troupes en France.

(Tome Ier, page 14.)

La question de préséance si résolument tranchée par le comte de Merle tirait une gravité particulière des circonstances où elle se produisait. La France était en guerre avec une partie de l'Europe ; nous étions battus un peu partout. Quelques mois auparavant, l'amiral anglais Boscavven avait attaqué sur la côte de Lagos une escadre française commandée par M. de la Clue. Nos vaisseaux désemparés s'étaient réfugiés sous le canon des forts portugais ; poursuivis par les Anglais, deux de nos vaisseaux , le Téméraire et le Modeste, avaient été pris, deux autres brûlés, le Redoutable et l'Océan.

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