‹ Mémoires;Chapitre 50 sur 137 · EE MARQUIS D'AMBERT · texte numérisé non relu

EE MARQUIS D'AMBERT

qu'un homme, avec du génie et de la fermeté, trouvait le moyen du rapprocher les hommes les plus distants lesunsdes autres, et que sous lui la qualité de la multitude devenait presque indifférente.

On ne peut considérer son moral avec le même degré d'estime; on le dit intéressé, et il en a donné des preuves; il paraît très-susceptible et attentif aux égards qu'on lui marque, ce qui ne peut être que l'effet d'un amour-propre que je jugerais excessif.

Il est d'ailleurs très-poli, mais sa politesse paraît étudiée, et plutôt celle d'un homme qui a peur qu'on ne lui rende pas assez, que plein de la bienveillance qui la produit. Une des choses (jui me le prouve davantage est la trop grande reconnaissance qu'il marque aux attentions qu'on a pour lui. Il a l'air noble, mais ses manières sont trop guindées pour qu'elles soient accompagnées de vérité et de noblesse. Sa grande circonspection, et l'attention qu'il a de bien dire ce qu'il dit, est • anse qu'il ne donne pas à son esprit tout l'essor qu'il paraîtrait pouvoir lui donner. Il couvre autant qu'il est en lui les taules qu'il a pu faire; mais lorsqu'on lui paraît très-instruit des faits dont on lui parle, il se détermine alors à répondre de bonne foi et à avouer les torts qu'il a pu avoir.

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