CHAPITRE XLH
Las réoomiieiises.
J'ai parlé cLes mesures de rigueur et des vengeances que la victoire des royalistes avait provoquées, et j'oubliais presque complètement de mentionner les récompenses quifurent accordées aux Mêles. A tout seigneur tout honneur ! De Pfuel, qui n'était que général-major, grade équivalant au général de brigade, obtint celui de général de division, qu'il cumula avec ses fonctions de gouverneur de la principauté, lui rapportant 14,000 fr. Pour un officier prussien accoutumé aux minces traitements que le gou*vernement économe de la Prusse alloue à ses servi teur?^. c'était brillant. Jo dis ceci non point pour faire une critique, car personne n'avait mieux mérité une récompense et n'avait plus contribué à relever les affaires fort compromises au moment de vson retour. Les conseillers d'Etat, les huppés de la noblesse et les gros bonnetsda royalisme • furent faits chevaliers de l'Aigle* Rouge. On ne pouvait pas laisser tout le fretin du parti sans quelque marque de la munificence royale; pour ceux-là on fonda une espèce d'ordre dont tous les royalistes firent partie, décorés d^une médaille d'argent ayant pour devise : Fidélité au Roi et à la Patrie, Gomme cette médaille était portée à un ruban aux couleurs de Neuchâtel et de Prusse, savoir orange et rouge, noir et blanc, les beaux de la noblesse neuobâteloise qui se rendaient à l'étranger avaient soin de porter à la boutonnière un bout de ce ruban, ce qui les faisait prendre pour des chevaliers de plusieurs ordres; C'était
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la' Y^aité a'affiiblaût du bcooet d^ArlequiD^ Au< surplus^ cettâ^OiédaiUe'madq.uai complètement son effet ;. jamais les royaliste» les plus ardents n'osèrent s'^n paren. On avait Toulii créer cette distinetion comme en 1813 celle du< lys en France, afin^de^séparer à Tinstant les birebis d'ayec^^lest boucs ; mais elle devint ridicule dès le premier moment, malgré les décrets de prise de corps et les poursuites contre ceux qui osaient en plaisanter ou en médire- Cela est si vrai, que je me rappelle avoir vu un zélé royaliste, Ami Jequier, receveur au Val-de-Travers, contraint de mettre sa médaille pour une circonstance politique, boutonner son habit de manière qu'elle fût dissimulée au public, puis, au moment utile, la mettre en évidence pour un instant.
La bourgeoisie de Valangin méritait une distinction particulière. Elle reçut deux pièces de canon de quatre livres avec le harnachement et les munitions nécessaires. Ce cadeau, qui n'en était pas un, mais une mesure de précaution pour le cas où un nouveau camp de Valangin deviendrait nécessaire, prouve que le gouvernement, qui criait partout que l'immense majorité du pays était royaliste, n'avait qu'une confiance limitée à ses propres paroles et qu'aucune précaution n'était négligée.
Je dois mentionner également la récompense qu'obtinrent les gens de Plancemont, ce hameau situé au-dessus du village de (uouvet, qui se distinguait entre tous par son royalisme ardent comme par le soin que ses habitants savaient prendre de leurs intérêts. Ceux-ci s'étaient distingués dans les derniers événements. Le zèle monarchique les avait poussés; mais lorsque la victoire fut obtenue, ils n'étaient pas gens à attendre une récompense incertaine, ils la demandèrent avant que le gouvernement ait pu se reconnaître et surtout avant qu'il eût le temps d'examiner avec calme la faveur sollicitée. C'était, cela va sans dire, une Êiveur d'argent. Us obtinrent, en échange d'un payement annuel assez modique, calculé à la pose, d'être dispensés
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de la visite du dtmeur, qui chaque année venait pendant les moissond prélever la onzième gerbe. Les gens de Plancemont sont presque tous mes parents ; mais cela ne devait pas me dispenser de rappeler cette circonstance qui caractérise cette population d'ailleurs fort honnête.
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