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CHAPITRE XLin

La demande de séparation de la Suisse.

On a vu que si le gouvernement qui existait pendant la première phase de la révolution avait été faible, en revanche celui qui fut institué au mois d'octobre avait le bras lourd, que ses adversaires le sentaient et que la réaction marchait bon train. Elle ne devait pas s'en tenir à assurer par des rigueurs le maintien de Tétat politique tel que Tavait fondé le traité de Vienne; elle était en trop bonne haleine pour ne pas pousser sa pointe au-delà de ce même traité et viser non pas à ce que, en opposition au parti libéral, nous fussions Suisses et Prussiens, mais bien à ce que nous devinssions tout simplement Prussiens. La bourgeoisie de Valangin fut-elle mise en avant ou en prit-elle Tinitiative de son propre mouvement et par excès de zèle ? c'est ce que rien dans les documents officiels ne peut nous apprendre. Il est certain que dès le commencement de janvier 1832, cette corporation envoya une adresse à Pfuel, commissaire royal, dsuQS laquelle on le priait d'intervenir auprès du roi pour nous faire sortir de la Confédération suisse en prenant des mesures pour assurer notre neutralité en cas de guerre. J'ai de la peine à croire que le gouvernement ait eu l'idée d'une pareille gaucherie, car rien ne pouvait mieux donner raison aux libéraux qu'on venait de vaincre, que de vouloir faire cesser la position mixte et de manquer son coup. Lorsque la bourgeoisie de Valangin eut préparé les esprits à cette idée, qu'elle eut consulté ses bourgeois, même ceux qui étaient sous les

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armes (j*ai vu à Môtiers une compagnie de Sagnards voter et signer, ce qu'elle faisait avec plus d'ensemble que le maniement d'armes), elle constata que 2,898 contre 62 voulaient être uniquement Prussiens. Son exemple fiit suivi partout. Les commandants des troupes qu'on avait hivernées au Vignoble, au Val-de-Travers et à la Chauxde-Fonds, requéraient les communes de formuler une demande dans leeens de celle delaboui^iieoisie de Valangin. Les chefs de juridiction, les commissaires du Conseil d'Etat poussaient les communes à se prononcer, et à peu près toutes votèrent des adresses séparatistes, même celles qui quelques mois auparavant demandaient les assemblées primaires pour nous soustraire à l-autorité du roi de Briisse.

Quant à ceux qui n'étaient pas partisans d^une 'telle mesure, ils avaient une telle crainte, que les plus courageux d'entre eux ne poussaient pas leur opposition audelà d?une abstention calculée, en ne paraissant pas même .dans les assemblées de communes où ces questions se idétaattaient.

Ouiieùt dit alors que dans un temps relativement-peu iéloigné, la révolution relèverait la tête et tenterait de nouveau l'affranchissement du joug prussien^? Les hommes iqui avaient manifesté cette généreuse idée étaient -empriacMiDés ou proscrits. Geux qui étaient restés libres •se trouvaient pcuralysés par le découragement. Le triom- -phe des royalistes d'étendait partout. C'était donc pour leur cause une bien malheureuse idée, lorsqu'ils étaient déjà suffisamment triomphants, que de pousser la prusëomawie à reoLtrême et de vouloir nous séparer de la Confédération suisse à laqueUe nous étions-unis par des iliens bien autrement solides que ceux qui nous attaicbaient au roi de Prusse, puisque la nature et non le caprioe politique les -aval tn^réés; bien autrement aneiefis, puisqu'ils dataient de plus de trois siècles.

.Lorsque les libéraux avaient la parole libre et qu'ils

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aignalaient l'ambiguïté de notre système politique et le proclamaient impossible, on leur répondait sur tous les tons que rien n'était si simple : noifô étions Neuohâteldis ^t Staisses comme d autres étaient Vaudois ou Bernois et Suisses. On nous comparait au Hanovre, qui faisait bien partie de la Confédération germanique, tout en ayant à cette époque le roi d'Angleterre pour souverain. Maintenant que le canon, la tmhisou de Bourquin et la coopération du gouvernement vaudois aidant, on avait réussi à nous placer de plus en plus sous le joug du roi de Prusse, ceux qui nous avaient écrasés reprenaient tous nos arguments pour nous prouver que la situation poiitiaue de la Suisse ayant considérablement changé depuis que nous étions entrés dans la Confédération, nous ne pouvions plus en faire partie. Le dogme delà souveraineté populaire iproclamé dans presque tous les cantons de la Suit^e, ise trouvait en contradiction avec celui de la souveraineté du prince qui était le nôtre. Nous ne pouvions former une association politique avec ces cantons snKis nous exposer à perdre un jour le principe monarchique et l'attachement au prince. Si la Suisse primitive, la Suisse imaginaire des siècles i passés, eût continué d'e^iistar^ comme il en restait un échantillon dans les petits cantons, les Neuchâtelois n'auraient pas demandé mieux que de rester unis à elle, et ils auraient été ses meilleurs en&nts. Mais la Suisse de 1830 et 1831, qui avait substitué le principe populaire et démocratique à Taristocratie. allons donc I les Neuchâtelois se déshonoreraient en ne Tompant pas avec elle. Tel était le raisonnement que Ton faisait dans les adresses des communes et bourgeoisies comme dans le sein du Corps législatif. On oubliait bien vite que trois de ces cantons qu'on insultait ainsi étaient venus naguère au secours du gouvernement monarohique. Le grand grief qui faisait le sujet de tous les discours était que dans plusieurs cantons on avait été indigné de la conduite du gouvernement de la principauté

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pendant et après les événements de décembre, que cette indignation s*étiuttradaite jusque dans les discussions des Grands Conseils cantonaux, où des critiques assez violentes avaient stigmatisé la réaction monarchique de Neochâtei.

Tout ce qui fut dît à cette époque contre la double position d'Etat monarchique et de confédéré dans une association républicaine était parfaitement juste : c'était une situation qui devait un jour ou Tautre amener la ruine du principe monarchique, et quant à cette question, les royalistes comme les républicains avaient raison en soutenant que la situation n'était ni normale ni convenable. Il manquait une seule chose à leur tentative de séparation : la réussite, car dès le moment qu'il fut reconnu que cette séparation était impossible du côté de la Suisse, il est évident que la solution unanimement désirée devait avoir lieu d'un autre côté. Si les royalistes eussent été moins passionnés, ils en auraient convenu; mais quoique le maintien de notre incorporation dans la Confédération fût un danger pour le principe qui leur était si cher, voyant qu'ils ne pouvaient être complètement Prussiens, ils se contentèrent de rètre à demi et le pins longtemps possible.

Les commissaires fédéraux Sprecher de Berneck et Monod, successeur de Tillier, avaient montré assez de sympathies au gouvernement de Neuchâtel pour se permettre, en clôturant leur rapport final au Directoire fédéral, un conseil d'ami à l'adresse de ce môme gouvernement, qui n'en profita guère. Je transcris ici ce conseil :

D^un autre côté, il nous semble aussi que vu la position de Neuchâtel entre la France et les cantons démocratisés de la Suisse, le haut gouvernement de cet Etat aura bien des difficultés à surmonter {si des circonstances extraordinaires ne viennent pas à son secours) pour conserver à la longue la constitution monarchique, et quHl ferait bien par conséquent d*aller au-devant de tous les vœux équitables du peuple, afin que si les événements du temps

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devaient finir par amener des mounjemenU quinepuswnt être évités y il pût les diriger lui-même pour le bien dm pays.

Si la tentative de 18S1 avait besoin d'une jœtiflcation, on la trouverait certes dans ce rapport final des e^rnmte*saires fédéraux. Ce rapport a servi pMr appfufver ridée d'une séparation de la Suisse, mais à GomUen plus forte raison n'appuyait-il pas celle de lléinasici|Nitton d» roi de Prusse ; car encore que NeucbUel fût séparé de la Suisse au point de vue politique, il n'en pouvait être séparé ter* ritorialement parlant, et le danger de Texesipte que les commissaires fédéraux siKnalaientn'en existait pas moins. Mais les passions parlaient trop lortenirat à •cette époque pour qu'un raisonnement aussi juste p6t <aivoir quelque valeur, et le Corps législatif entra carrément dans la Sf&r* cussion d'une adresse au roi demandant dTouvyir les négociations pour sortir Neuoh&fcel de la Confédération, dette adresse, rédigée parFavarger, n'était qu'un )MgaQfted*ac* cusation contre la Suisse libécale qui se couvre de dabs et de révolutions, qui est bien intervenue pour expulser les insurgés du ch&teau, mais a traité avec eux au lieu de les écraser {sic}, qui ne soutient pas assez 'la constitution de Bâle et qui marche tout droit vers Tunitarisme. On y demandait que la neutralité de Neuchâtel séparé tdt garantie par les puissances comme celle de laQôtyftdénition, et on espérait vivre ainsi en parfaite sécurité. La Suisse n'avait d'ailleurs qu'une forc« matérielle insignifiaKle, et elle avait perdu sa force morale depuis que le souffle des* tructeur des révolutions l'avait frappée.

L'adresse fut votée à lunanimité moins <pAnm vdix. Plus d'un libéral qui avait demandé la convocation dès^ assemblées primaires appuya ce long Ubelle contre la. Suisse libérale et ses iostituttons, entre autres Théodore Calame, député de M&tiers. Très-libéral en 1881, redevenu républicain rouge en 1848, il commitencdtteoeoasioii ime

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faute qu'on ne lui a pardonnée que quinze ans après : la peur fait faire bien des choses!

On se demande ce qu'étaient devenus les quarante-cinq députés libéraux qui avaient refusé le serment au roi au mois de juillet précédent, ou même les trente-un qui au mois d'octobre avaient voté la convocation des assemblées primaires? Hélas! le courage civique est une vertu facile en temps ordinaires; mais dans les périodes orageuses, il est d'autant plus rare. Un certain nombre d'entre eux n'avaient pas osé affronter Tinsolence du triomphe de leurs adversaires, et avaient donné leur démission ou étaient absents de la séance ; un p tit nombre avait voté avec les royalistes. La prison et Texil retenaient les autres. Ces circonstances avaient donné lieu k quatorze vacances dans cette assemblée, et le gouvernement, qui ne négligeait aucun des avantages que la victoire lui procurait, profita du moment de stupeur qui suivit immédiatement les événements pour faire procéder aux élections, môme pendant l'état de siège et l'occupation militaire. Le résultat était facile à prévoir : quatorze députés royalistes remplacèrent les quatorze députés libéraux. Il était d'ailleurs impossible ([u'il en fût autrement, car la pression n'était aucunement dissimulée. Le collège de Fleurier, comprenant les communes de Fleurier et de Saint-Sulpice, devait nommer deux députés. L'immense majorité du premier village était libérale et ne parut pas à l'élection. Les gens de Saint-Sulpice, en majorité royalistes, s'y rendirent en masse et proposèrent deux de leurs communiers habitant Neuchâtel, fort royalistes sans doute. Cependant il se trouva deux braves communiers de Fleurier, très-peu révolutionnaires, quoique libéraux, qui, froissés de cette suprématie que prenait la petite commune sur la grande, voulurent proposer d'autres noms, entre autres celui d'Olivier Petitpierre. Mal faillit leur en prendre: le colonel Eugène de Roulet occujjait le Val-de-Travers avec une espèce de bataillon de Sagnards ; on lui rapporta cette circonstance, et aussitôt

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il fit avertir les malheureux auteurs de la propositiou qu'ils eussent à la retirer s'ils ne voulaient avoir chacun dix gamisaires à loger. La proposition fut retirée, et tout fut dit. C'est un moyen électoral que je recommande : il est simple et infaillible. Je puis assurer que ce fait est parfaitement exact.

L'adresse envoyée au roi de Prusse n'eut d'autre résultat qu'une note remise par le ministre prussien à Berne, laquelle fut à peine l'objet d'une discussion au sein de la Diète, tant cette démarche fiit peu prise au sérieux, aussi iHen par le roi lui-même que par la Cionfédération.

CHAPlTflE XUV.

Quoique j'aie aoGon(pesi|é ma reiaÉkMi des événeiMaÉs de 1831 debieBlMgudSfréiexMMS qai<mesont personmllds, je ne puis passer aux événements moins émouvants qui les ont suivis sans examiner la conduite qu'aurait pu tenir (je ne dis pas qu'aurait dû tenir) le gouvernement L'état politique du pays, tel que l'avaient créé les traités de Vienne, était très-bien conçu pour Fépoque où il avait été institué. Dans toute la Suisse, des gouvernements aristocratiques dirigeaient les affaires politiques et s'entendaient à merveille avec celui de Neucbâtel. Je ne serais pas surpris qu'il en existât même plus d'un en Suisse qui eût voulu avoir, comme Neuchâtel, un protecteur puissant et éloigné, sous le couvert duquel on pût à son aise mener les affaires sans que quiconque dans le monde populaire osât murmurer.

Les aristocraties qui avaient gouverné la Suisse pendant les deux derniers siècles étaient peu soucieuses de l'indépendance nationale ; elles se créaient des appuis chez les voisins puissants en leur fournissant des soldats, et si son indépendance n'était pas entière, la Suisse était au moins tranquille sur sa situation extérieure. En 1814, les aristocraties devaient vouloir reprendre leurs anciens errements, et quoiqu'elles pussent déjà alors prévoir les embarras que la situation ambiguë de Neucbâtel pouvait occasionner, on accepta cependant, parce qu'on se créait un allié intime dans l'un des vainqueurs de Napoléon et qu'on rentrait ainsi dans le système du dernier siècle.

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GMé>ftalit\ôWfolWiqùQ d» Nen^fttelv 9^9 s» causé tant^ d'âeMMtiOff deptfis 188(1' jwqu^él 18S9, n^ pmi^Htt'èftre bonne qu'autant que la Suisse resterait constituée comni« elle l!était«ur 18116, ^ le« bciiftaies politfc|tfdd< <|ui' KonI créée jNiotfriiodt obtenir' un brevet dé capacité^ d'il était poa^ sttle dfflfre dapablé^^y pôfttMfue loroqtifoni ne» prévoit pas* l^a^fMto.

Bn eflbti tau flévolutb[^n> frâne^Ms' ik'av«i« pas dit sob dernier tmi^ parod qu'o» avâlit vaineU eé ginrrotltéi le soldai obuttHiné qui Kar0nt bâillonnéeelh^niAflie. G'étfeiit une sttvpMttè qa0 de le* «rblre et^ d«r fonder ini< âystdote p([^iiUqu«> âur dôtte IMei Amâti loreque^ cette révoltittottrëOt un boild €fki 1880, que e^boiid enl piVHlittt uneoomntfottMqui ren^ ^«ma presque Mutée les aristocraties' cantonale^ raisibi-^ guiléd^la peelfiion de N«««chéftet p(arut albrs, à tcnis lei^ yeux, dans toute sa nudité et amenai \es événen^nts^ que je: -f^a» de mconiet.

ILe Gonaeil: d^Eiat qui) g€uvemaî« en 1830' ei pe^danl lee neuf premiem mole de 1881 ôvÂMfiè M-mènïae^ Mppé de riStat d'idotement dans lec^l \e» révoiOftidne sâi^eêr raindenH réduite et iro«icod0i« qu'il teeaiitptieee^nbaiMi Msift si ia^meeee^de ce^ConeeH était oomposéd d'bN^mmee qui! goii^enifliiént'pair-babftNrte et ea?ns y mettte beaiicou^ db leur, il< &*y tlPou>vaH; oependaot cinq ou siis magiett*ate perepicaeeB, qui^ attfaiiefni; âù prévoir les conséquettcee fintfes d'une eiluation a«SBi anormale que celle où Hs se troQvaiefité II est certain' qrs'aux yenit ^bommes tels qtie^ Chambrier, Sandoz-Rollin, Gourvoisier et deufti Cu trois autres encore, il se' préeentait dfeuix rotttefii àl suivre pour parvenir an maintien dë!^ posKiotte- de» prineipauit personnages» de^Faiilflfteicratîe : d'un c6té la voie dee concessions largee abonttesant rnènàe à rémancipatîen, de Taiitra, la résietaMee après* quelques coneeesions insigni^ fittntesi

Noud avons vu Uaqfûelle de ces AiKxi routes fut ^t^féréei Ilr est bon d'esattdner eusei jusqu'où le gouvernement

serait allé, s'il ava^t pris Tantre, ce qui, sans trop de prétention, peut être à bien des égards assez exactement apprécié.

Le peuple neuchfttelois, comme je l'ai dit déjà, peu habitué à se faire son sort lui-même et le recevant toujours des événements, n'est pas, de sa nature, et n'était pas surtout alors un peuple révolutionnaire. Si donc le gouvernement eût pris l'initiative d'un changement politique qui aurait abouti à une constitution républicaine, il est probable qu'à l'exemple des cantons suisses, il l'aurait demandée démocratique et l'aurait obtenue. Mais ce qui est plus probable encore, c'est que son goût nouveau pour la démocratie ne serait pas allé au delà des principes de la Constitution et que les anciens gouvernants, eu égard surtout au service qu'ils venaient de rendre, seraient restés à la tète des affaires de la république.

Toutefois, des hommes qui avaient gouverné sans contrôle et par droit de naissance ne pouvaient pas appliquer sincèrement les principes démocratiques, et la l^slation du pays faite sous leur influence, le peu de goût des Neucbâtelois non nobles pour les affaires publiques, les flatteries aux bourgeoisies peut-être, les auraient maintenus aux affaires pendant bien des années. D'un autre c6té, leurs tendances politiques les auraient poussés dans la politique, fédérale dans le sens qu'ils ont suivi de 1833 à 1847, et il est fort probable qu'ils auraient subi le sort des gouvernements de Berne, Vaud et Genève avant les affures du Sonderbund»

En se plaçant au point de vue des hommes qui conduisaient la politique au commencement de 1831, on doit évidemment conclure que pour le maintien des droits et privilèges de l'aristocraticfpour la conservation du pouvoir entre les mains de ceux qui le tenaient, ils ont atteint leur but aussi bien que celui-ci pouvait l'être, c'est-à-dire qu'ils ont longtemps conservé le pouvoir absolu et sans contrôle sérieux, ni du roi, ni du Corps législatif, ni des

bourgeoisies. La résistance afi mouvement révolutionnaire jointe à Tabsenoe presque complète de concessions avait donc eu tous les rteultats heureux pour ceux qui avaient conçu cette entreprise, et k leur point de vue ils ont réussi.

Mais si, faisant abstraction des intérêts de caste et des tendances que devaient avoir ceux-^là seuls qu! avaient le pouvoir de changer la situation, on examine la conduite que rintérèt du pays aurait dû leur suggérer, on arrive à des conclusions bien différentes. Si par impossible on eût pu obtenir que des nobles renonçassent de bon gré à des droits et à une position qu'ils croient être acquis par leur naissance; s'ils avaient admis une situation politique plus simple, telle que celle qu'ils ont aooeptée vingt-six années plus tard, combien de malheurs eussent été évités, combien de haines ne fussent pas nées, qui ne disparaîtront qu'avec les hommes qui les ont conçues I combien de progrès eussent été réalisés dans cette période de 1831 à 1848, au point de vue de notre législation civile, de notre organisation intérieure et de nos intérêts économiques I Je ne prétends pas que nous eussions vécu pendant ces vingt-six ans dans une paix parfaite. Nous aurions eu, comme d'autres Etats confédérés, les oscillations de la démocratie, les hauts et les bas de certaines idées et de certains principes. Les aristocraties appellent ce mouvement de l'agitation ; moi je dis que c'est la vie des peuples et la constatation de leur Uberté.

Certes je ne ferai pas un reproche aux gouvernants de 1831, de n'avoir pas amené eux-mêmes le changement politique que la situation exigeait alors. Ds étaient de leur caste et ne pouvaient se placer au même point de vue que les démocrates. Le danger de la situation ne leur échappait pas : la discussion sur la séparation de la Suisse en fait foi, et le rapport final des commissaires fédéraux le leur aurait rappelé au besoin. Cependant ils crurent pouvoir s'en tirer par la suite des temps. En premier lieu.

le& aristoatattea ne croieixl pas m. règne permane&t et tcaoquîlto. de la déinooratie, et celle de Neuchâtel n'était pafi sana aspoîr de voir bienMt les anciennes familles reprendre tour poeitioci dans les cantons suisses. Alors la situation redevenait normale et solide. Les tendances du. gouvecnement issu de la Dévolution de juillet, qui arrêtait la révolution partout où il pouvait et cherchait à se faire pardonner son origine, étaient de nature à donner beaucoup d'espoir dans œ sens. Au surplus, les événements qui se sont passés pendant la période de 1831 à 1848, prouvent que Tacistocratie de Neuchâtel se promettait bian d'aider k toutes les réactions qui surgiraient eu Suisse et à se crier des alliés de son espèce qui lui maoquaient à peu près complètement en 1831.

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