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CHAPITRE LIX

Conflita diyen.

Comme nous venons de le voir dans raffàire Conseil, le gouvernement de Neuchâtel ne négligeait aucune occasion de scinder sa politique de celle des cantons libéraux, et chaque fois il savait se mettre du côté ou des puissances qui cherchaient des chicanes à la Suisse, ou des privilèges lorsqu'une partie d'un canton opprimée par l'autre réclamait l'égalité des droits, ou de l'ultramontanisme s'il s'agissait de quelque conflit religieux et catholique.

Contrairement-aux tendances des prêtres de toutes les confessions et à celles du clergé catholique en particulier, i'évêque de Bâle, M. Salzmann, qui résidait à Soleure, était un homme aux vues larges et aux idées libérales. De concert avec les gouvernements de Berne, de Soleure, d'Argovie et des deux Bâle, il avait, dans une conférence tenue à Baden, réglé et réduit le nombre des fêtes chômées. Cette convention, qui devait amener des troubles en Suisse, prit le nom d'articles de Baden. Elle ne faisait TafTaire ni des prêtres qui de la religion font un moyen d'exploitation, ni des meneurs qui en font un levier politique. Aussi une grande agitation se produisit immédiatement dans les bailliages libres d'Argovie et dans la partie catholique du Jura Bernois. Le curé de Porrentruy, à la tête du mouvement dans cette dernière contrée, réussit à provoquer une émeute. Le gouvernement de Berne y mit ordre en lançant un mandat d'amener contre le curé et en forçant la population à la tranquillité par une exécution

militaire. Cette tentative, qui ne tendait à rien moins qu'à Tannezion à la France, par cela même qu'elle pouvait porter atteinte à un gouvernement libéral et au plus puissant de tous, celui de Berne, devait trouver un appui dans le gouvernement de Neuchâtel et dans le parti royaliste : appui moral bien entendu, car en voulant brouiller les cartes ces messieurs avaient soin de ne pas exposer leur position.

Le même fait se produisit dans un autre conflit auquel la Cionfédération dut mettre fin. Quelques années apré» la Réformatiout les catholiques du canton de Glaris, qui forment à peine le sixième de la population du canton^ avaient obtenu la consécration d'un privilège exorbitant: le droit d'avoir lun des membres, soit la moitié de la députation, en Diète. Glaris, qui à cette époque (1837) révisait sa Constitution, voulut l'établir sur le principe de l'égalité et en effacer celte disposition qui fait de la confession un privilège ou un droit. La députatiou de Neuchâtel. qui dans les conflits avec Bâle et Schwytz, dans le pétitionnement que trois mille six cents libéraux neuckâtelois avaient fait contre la sé\paration de la Suisse, avait toujours soutenu que la garantie des Constitutions était stipulée envers les gouvernements et non pas envers les peuples, la députation, dis-je, trouva moyen de revenir sur ce principe sous prétexte de droits consacrés, parce qu'il s'agissait d'appuyer le parti ultramontain contre une masure libérale. — Comme elle marchait de concert avec les cantons primitifs, ils s'appelaient fglorieusement entre eux les cantons fidèles au Pacte.

Les deux fractions du canton de Schwyt^, que les évé* nements de 1833 avaient replacées sous une Constitution commune, avaient paru pacifiées pendant un moment ; mais un conflit s'étant élevé entre les propriétaires de bétail à cornes et les propriétaires de menu bétail, à propos des droits de jouissance sur les pâturages alpestres, les factions s'étaient reformées . Le parti du privilège, savoir

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celui qui appuyait les droits des propriétaires de vaches, s'appelait les Hommànner; le parti de Tégalité, celui qui soutenait les gens n'ayant que chèvres ou moutons^ prit le nom de Klauenmànner.

Dans une LandsgeAeindè où les partis étaient en présence, la votation avait été troublée par les agents du gouvernement lui-même qui soutenaient les Hommànner, et le Vorort, qui était à Lucôrne, avait dû intervenir pour empêcher de nouveaux conflits. Ici encore Neuchàtel appuyait le côté du privilège. Sa mission Mmblait être d'arrêter les améliorations qui pouvaient se produire dand les différentes parties de la Suisse, lorsque, en quelque lieu que ce fût, la liberté ou Tégalité faisait un pas en avant, il craignait que le stabilisme dans lequel il nous condamnait à vivre ne vint à la longue à paraître trop choquant et ïie l'obligeât à marcher lui-même un jour en avant et plus fort quil ne le voudrait.

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