CHAPITRE XCIX
ArresUtioB do ranciâii GonioU d'£tat.
AniTée dM oommimwires fédéraux.
Comme je lai dit, le bruit répanda que le Conseil d'Etat avait abdiqué n'était pas fondé. Bien loin de là, dans la journée du 3 mars une proclamation annonçait quUl était toigours debout. Telle avait été sa réponse à la réquisition du gouveroement provisoire qui Tenjoignait de déposer ses pouvoirs. Les commissaires fédéraux étaient donc exposés, en venant à NeuchAtel, à se trouver en présence de deux gouvernements prétendant Tun et Tautre exercer la souveraineté sur le pays. Cela ne pou* vait pas être, car dans ce cas les commissaires fédéraux auraient été obligés de reconnaître Tandeu, et c'est ce que n'ignorait pas le Conseil d'Etat, qui ne voulant com* mettre aucun acte qui pût faire croire qu'il n'était plus le gouvernement l^al du pays, persistait à refuser son abdication. Le cas devenait grave pour le gouvernement provisoire. Les commissaires fédéraux se trouvaient à Anet, où ils s'étaient arrêtés en attendant que le gouvernement provisoire fût seul debout, mais leur attente ne pouvait pas se prolonger indéfiniment II fallait donc agir.
J'étais dans la salle des séances du gouvernement provisoire pour recevoir mes pouvoirs de commissaire et mes ordres, lorsque Frédéric de Chambrier, l'ancien maire de la Cbaux-de-Fonds, se présente et demande à être introduit. Dubois le reçoit fort courtoisement, et
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Cbambrier expose que quoique sans mission, il vient proposer une transaction, laquelle consisterait ^ faire signer au Conseil cl*Etat une abdication motivée sur ce qu'elle est arrachée par la force. Dubois répond que le gouvernement provisoire ne peut accepter qu'une abdication pure et simple. Piaget intervenant daqs la conversation^ ajoute que la chose résulte d'elle-même ; le ch&teau ayant été envahi par les révolutionnaires, cela suffit pour constater que cette abdication n'esl ni spontanée ni volontaire, et qu'en refusant de signer Tabdication pure et simple, ces messieurs s'exposent à être mis en état d'arrestation. Cbambrier répond alors que les conseillers ont reçu leur mandat du roi et qu'ils ne peuvent le remettre qu'entre les mains du roi. — En ce cas, répond Piaget, vous pouvez les prévenir que nous allons les faire arrêter.
A peine Cbambrier a-tii quitté le château, que les soldats sont commandés pour opérer larrestation du Conseil d'Etat. Dubois descend avec un fort détachement qu'il dispose sur la place, devant la maison de Cbambrier. S'étant fait annoncer, il trouve Cbambrier, Perrot, Perregaux, Wesdehlen et Calame réunis et en quelque sorte en délibération. Il manquait Favarger, parti la veille pour Berlin, Delachaux, resté tranquillement à Valangin, et Alex. Cbambrier, détenu à la Chaux- de -Fonds depuis le 29 février. Dubois leur annonce le but de sa mission et les invite à le suivre. Les conseillers ne font aucune difiKculté; une haie de carabiniers est formée, un détachement la précède et un autre la suit. Les conseillers, placés entre les deux tiles de carabiniers, s acheminent vers lecbâteau au milieu d'une population compacte et animée de sentiments bien différents, les républicains satisfaits d'une mesure qui allait assurer la tranquillité, les royalistes consternés et ne dissimulant pas même leur impression.
Introduits au château, les conseillers d'Etat sont de nouveau invités à signer leur abdication pour s'éviter la
captivité ; le gouvernement leur oflfre même l«i ressource de la fuite, mais ils refusent et sont alors introduits dans le salon rouge, qui avec la salle adjacente compose leur prison, et des factionnaires sont placés aux portes et sous les fenêtres.
Cependant, comme c'était une mesure de précaution et non pas un emprisonnement, Dubois ne voulut pas que les conseillers d'Etat fussent plus ou moins sous la dépendance d'un chef de poste chaque jour renouvelé; il mit Edouard Rœssinger. sergent-major, h leur service, et le leur présenta en disant: Chaque fois que vous aurez quelque chose à demander, adressez-vous à M. Rœssinger; c'est le frère de votre ancien prisonnier : je suis persuadé qu'il ne s^en souviendra pas. En effet, les égards de Rœssinger pour les conseillers captifs ont été tels, que ceux-ci lui en ont rendu témoignage à leur sortie.
Lorsque Delachaux apprit l'arrestation de ses collègues du Conseil d'Eat, il crut devoir partager leur captivité et se présenta le lendemain au gouvernement provisoire, qui ne jugea pas à propos de souscrire à ses désirs et le laissa en liberté. Quant à Alex. Ghambrier, arrêta à la Chaux-de-Ponds, il fut amené ati château et y resta jusqu'à la libération des anciens conseillers.
Après cette séquestration, les commissaires fédéraux s'empressèrent d'arriver à Neuchàtel et de se rendre auprès du gouvernement provisoire. Ils furent salués parles acclamations des soldats et des citoyens de tou tesles parties du pays dont la ville était remplie, et officiellement reçus sous la porte du château. Piaget, leur souhaitant la bienvenue, leur dit entre autres ces mots : La royauté • vous avait appelés à son secours ; c'est la république qui vous reçoit.
La révolution n'avait que de la bienveillance à attendre des commissaires. En reconnaissant le gouvernement provisoire, la Confédération donnait sa sanction au renversement de la souveraineté prussienne, et malgré le
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désarroi momentané de la diplomatie étrangère, elle savait bien qu'elle s attirait pour plus tard de graves embarras ; mais elle avait assez souffert de la morgue du gouvernement monarchique de Neucbâtel pour désirer s'en affranchir définitivement, au risque de complications ultérieures.
Les commissaires furent officiellement informés de Tarrestation des conseillers d'Etat ; on leur offrit même de les introduire auprès de Tancien gouvernement ; les commissaires répondirent qulls n'iraient voir ces messieurs qu'autant que le gouvernement provisoire le désirerait ; comme ce n'était pas Je cas, l'entrevue n'eut pas lieu.
Pendant leur séjour à Neuchàtel, les commissaires fédéraux reçurent la visite du baron de Sydow, ambassadeur de Prusse, qui se présenta deux fois à leur hôtel; ce diplomate fut assez mal reçu et les commissaires finirent par lui fermer leur porte. Le lendemain, Sydow quitta Neuchàtel. Se mettant à la portière de sa voiture, il cria Vive le. roi / mais personne ne répondit.
Dès ce moment le gouvernement républicain était bien établi : les commissaires fédéraux avaient déclaré le reconnaître et le mettre en rapports avec la Confédération et avec les cantons confédérés.
MM. Schneider et Migy ne s'étaient pas bornés à cela ; ils se mirent en route, sans être accompagnés, pour juger pareuK-mèinesdes dispositions du pays à l'égard d'un aussi grand changement. Ils purent bientôt se convaincre qu'en reconnaissant le gouvernement provisoire ils avaient reconnu une autorité acceptée avec enthousiasme par tout le pays. Dans chaque endroit où ils passaient, c'étaient des acclamations à la Confédération. Ce fut pou^eux un sujet de grande satisfaction, que de constater que notre révolution n'avait pas eu d'autre symbole que les couleurs fédérales.
C*est au moment de l'arrestation du Conseil d'Etat que
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je partis pour accomplir la mission qui m'était confiée. Les premiers pas n'avaient rien de bien difficile : j'étais au milieu de populations amies de la république, et je n'eus qu'à sanctionner ce qui avait été fait spontanément dès le premier moment de la révolution. Partout des comités pourvoyaient à la sûreté publique et à l'administration locale ; partout une garde était organisée et veillait. Je n'avais qu'à leur transmettre les communications et les ordres du gouvernement provisoire. Aux Bayards seuls j'eus un peu de peine à établir quelque chose de régulier ; le Grand*Bayard était royaliste et le Petit républicain ; mais contrairement à ce qui se passait dans les autres communes, les royalistes voulaient aussi faire partie du comité administratif et de police. Je composai enfin le comité des deux partis, en donnant naturellement la prépondérance aux républicains.
A Môtiers j'eus des difficultés plus sérieuses. Le comité, conseillé par Ch. Calame, prétendit n'avoir pas besoin de mon intermédiaire et voulut traiter directement avec le gouvernement provisoire ; il fit plus : Calame engagea tous les cotùités du Val-de-Travers à désigner le comité de Môtiers comme comité directeur et à ne recevoir des ordres que de lui ou du gouvernement provisoire; les comités» acceptèrent bien la prépondérance de Môtiers, mais ne voulurent pas entrer dans des combinaisons qui pouvaient m'être désagréables.
J'avais reçu Tordre du gouvernement de faife arborer le drapeau fédéral sur tous les édifices publics, et je présume que mes collègues avaient des instructions semblables. Cependant je laissai de côté les cures et les églises. Je ne voulais pas faire naître dès le premier jour un conflit, et le gouvernement approuva ma prudence. Mais il sa présenta bientôt un autre sujet de crainte. Comment se ferait le dimanche 5 la lecture de la partie de la litui^e contenant une prière pour le roi de Prusse, la famille royjde et le gouverneur ? Plusieurs des pasteur du Val-
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de-Travers, disposés à éviter tottte occasion de trouble, m'avaient consulté. Le samedi soir, le gouvernement provisoire adressa à tous les pasteurs du canton une circulaire les invitant à supprimer simplement la prière relative aux autorités. Toute difficulté fut ainsi écartée.
Pendant les premiers jours, le gouvernement provisoire ordonna des promenades militaires pour montrer à ceux qui auraient pu croire à sa faiblesse qu'il avait le moyen de se faire respecter. L'une de ces excursions eut lieu dans la direction de Boudry et fut reçue aux acclamations de la population ; une autre se fit dans le -Val-de-Ruz ; enfin une troisième eut pour objet la Sagne, les Ponts, la Brévine, les Verrières, et retour par le Val-de-Travers. Dans les localités royalistes, on se cacha et on ferma les fenêtres, ce fut tout.
Non content de ces manifestations armées, le gouvernement exigea que toutes les communes fissent un acte d'adhésion au nouvel ordre de choses. L'entrainement fut tel, que ces adhésions furent données partout, même dans les communes royalistes, soit à Tunanimité, soit à de très-fortes majorités. La Sagne se borna à un acte de soumission.
Au bout de quelques jours, le gouvernement provisoire se sentit assez fort pour licencier les patriotes et leur substituer le contingent neuchâtelois sans distinction d'opinion.
On aurait tort cependant de croire que le parti royaliste fût anéanti. Il était encore trop puissant pour disparaître ainsi tout à coup, et il ne tarda pas à donner des signes de vie.
Déjà le 10 mars, une émeute dut être réprimée par la force dans la ville de Neuchàtel, où les républicains étaient en fort petit nombre ; un individu fut tué dans la rue des Chavannes par un feu de peloton.
Une agitation semblable naissait simultanément à la Sagne, aux Ponts et au Locle ; il était évident que si des
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mesures vigoureuses n'étaient pas immédiatement prises, cette agitation pouvait s'étendre, se convertir en révolte et amener la guerre civile. Le gouvernement ordonna une mesure militaire pour mettre fin à ce mouvement. Les officiers du contingent, tous royalistes, refusèrent de marcher. Les soldats, soit volontaires, soit du contingent, qui se trouvaient à Neuchâtei étaient trop peu nombreux ; le gouvernement m'adressa une simple lettre m'annonçant qu'il aurait besoin de deux cents hommes. Je me rendis auprès des comités de Fleurier et de Buttes, j'envoyai des délégués à ceux de Gouvet et de Travers, ei deux heures après, plus de six cents hommes armés étaient en route pour Rocbefort, par un t^mps épouvan* table, brassant jusqu'à mi-jambe la neige fondante. A la Chaux-de-Fonds, la levée se fit dans les mêmesproportions. Fritz Gourvoisier était commandant en chef de toutes les troupes de la révolution, ou pour mieux dire de toutes les troupes de la république, puisqu'elles comprenaient maintenant les hommes du contingent ; Girard, qui savait lui comment on doit conduire une troupe et rendit alors de signalés services indépendamment de celui qu'il avait rendu en forçant le départ pour Neuchâtei le 1** mars, était commandant en second ; enfin Peseux avait la direction de la colonne du Val-de-Travers ; c'étaient tous les officiers dont on pût disposer pour une expédition politique. L'ancien gouvernement ne donnait de brevets qu'aux royalistes, et en cela comme dans toutes les autres fonctions publiques, il fallut improviser. Fort heureusement il se trouvait parmi les jeunes gens appartenant a\^ parti libéral qui faisaient du service sous l'ancien régime, quelques hommes montrant des dispositions et un goût décidé pour le militaire, et qui avaient le grade d'adjudant ou de sergent-major. La république en fit d'un coup des capitaines : c'étaient Billon, Perret, Colomb, Blaser et Henriod. Le contingent gagna beaucoup à ce changement.
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Girard avait le commandement en chef de l'expédition militaire dirigée contre les agitateurs. Il forma trois détachements : le premier, venant de la Ghaux-de*Fonds, devait, à un moment donné, se trouver à Boinod ; le second, composé de six cents hommes que j'avais envoyés du Val-de-Travers et de quelques troupes de Neuchâtel, sous les ordres de Peseux, passa la nuit à Rochefort et avait ordre de marcher sur les Ponts par la Tourne; le troisième, commandé par Girard lui-même, partit de Neuchâtel. Le premier et le troisième corps s'étant réu* nis à Boinod, se dirigèrent sur la Sagne au signal con^^ venu donné par TofQcier Peseux, et la vallée fut ainsi envahie en un instant par des forces considérables qui obligèrent les populations et les autorités locales à faire leur soumission et à se laisser désarmer. Après avoir obtenu des otages, Texpédition marcha sur le Locle, où les royalistes étaient nombreux et puissants. Mais ici ils se trouvèrent en présence d'un autre obstacle. Les républicains qui avaient les premiers arboré le drapeau de la révolution et exigé la démission du comité noir, tels que David Perret, Henri Grandjean, Auguste Lambelet et autres, citoyens d'une grande valeur morale et politique, avaient promis la modération ; ayant entre autres accepté l'assurance que le parti royaliste se tiendrait tranquille, ils se trouvaient par compensation engagés à des ména^ gements envers les gros bonnets royalistes du Locle, qu'ils avaient craints trop longtemps pour ne pas leur conserver un reste de respect. Les républicains des autres parties du canton, qui avaient marché d'enthousiasme à l'appel du gouvernement provisoire pour détruire l'agitation naissante, n'entendaient pas laisser des moyens d'action à leurs adversaires ; ils exigeaient le dfearmement des royalistes du Locle et ne voulaient pas s'en retourner sans avoir cette garantie. Ce conflit se termina enfin par la remise de quelques armes et la promesse d'en livrer d'autres, et Girard renvoya dans ses foyers la plus grande partie de ses hommes. 86
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Jusqu'alors la tâche du gouvernement provisoire avait été relativement facile. Il lui avait suffi de montrer de l'énergie, et de ne pas reculer devant les mesures même rigoureuses que commandaient les circonstances, pour voir ses ordres généralement respectés. Mais pour un gouvernement nouveau les difficultés à surmonter ne gisent pas seulement dans Torganisation matérielle ou dans les garanties de respect ; il en est d'autres d'une importance capitale, ce sont les difficultés financières. L'histoire des dernières années nous a montré un grand nombre de revirements politiques et même de révolutions qui n'ont amené aucun changement dans l'ordre administratif. Chez nous, sauf l'administration des postes, tous les services de recettes étaient suspendus. U avait fallu créer brusquement des employés pour que les finances de l'Etat ne subissent pas une trop grande secousse. Les redevances féodales, qui composaient les principales ressources, avaient été perçues peu de temps auparavant ; ce n'était que dans dix ou onze mois que Ton pouvait opérer des rentrées de cet ordre. Pour toutes finances, l'ancien trésorier général Challandes, appelé pour rendre ses comptes au gouvernement provisoire, sut si bien faire qu'il n'eut à remettre qu'un solde de 8 hatz 3 creutzers (1 fr. 20)1
Les membres du gouvernement provisoire parèrent aux premiers besoins en versant chacun une certaine somme; mais comme les lods, les sels et les postes ne pouvaient suffire jusqu'en novembre ou décembre, on dut songer à un emprunt. Cette ressource ne fut pas nécessaire : ârandt- Stauffer, L.-E. Montandon et Erhard Borel firent quelques avances qui permirent d'attendre.
Depuis quinze ans, toute la presse périodique avait été représentée par le Constitutionnel neuchàtelois^ qui avait remplacé son titre dès le premier jour de la révolution par celui de Le NeucMtelois. Comptant sur la mansuétude ' des libéraux et sur labsence. complète de tribunaux, il avait publié quelques diatribes très- violentes contre la ré-
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voiution et ses fauteurs. Il fut saisi à la poste, et aussitôt les royalistes de crier sur tous les tons que la république, qui devait donner toutes les libertés, commençait par supprimer Tune des plus essentielles, comme si un moment de crise tel que celui que nous traversions n'était pas une véritable suspension de toutes les lois. Cette mesure avait du reste pour but d'éviter les désordres que les articles hostiles pouvaient provoquer. Dès ce moment, le journal royaliste ne parut plus que pour donner des nouvelles à ses abonnés, sous le nom de Bulletin.
Le parti libéral songeait à la nécessité de créer un organe qui défendit la révolution et ses principes et surtout le gouvernement dans sa politique et dans ses actes. On s'adressa d'abord à Gaullieur, qui avait rendu des services en 1831; mais comme ce professeur demandait qu'on lui garantit une somme annuelle, on lui répondit que pour le moment chacun travaillait par dévouement, que personne ne savait ce qu'il adviendrait, et Gaullieur s'en retourna mécontent des révolutionnaires neuchàtelois. Alors Gonzalve Petitpierre et son ami Frédéric Loutz, secondés par une société d'actionnaires et par les avances d'Erhard Borel, entreprirent la publication du Patriote neuchàtelois ; ils achetèrent une vieille imprimerie et marchèrent ainsi pendant quelques mois. Mais s'il était bon de songer à un journal, il ne fallait pas en créer simultanément deux, comme cela eut lieu. A côté du Patriote neuchâtelois, les libéraux de la Chaux-de- Fonds fondèrent le Républicain neuchâteloiSj dirigé par Ferdinand Heinzely. Ce dernier avait plus de chances de vie que lautre ; il ne commençait pas en faisant des avances d'argent à ses rédacteurs ; Heinzely était mieux secondé et plus actif que Gonzalve Petitpierre ; en outre les abonnés étaient bien plus faciles à trouver dans la partie industrielle du canton que dans la campagne.
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