MINISTERE FAUCHER. I
sans pour cela blesser la majorité, devaient y être apportées. La loi organique des pouvoirs municipaux parut fournir l'occasion toute naturelle d'atteindre ce double but. Nous avions à régler le droit électoral pour la composition des conseils municipaux ; le conseil d'État proposait d'y appliquer tout simplement la loi du 31 mai ; nous étions parfaitement libres d'adopter cette proposition ou de la rejeter en établissant pour l'élection municipale des conditions nouvelles et spéciales, lesquelles pourraient ensuite être étendues par un simple article additionnel aux élections politiques; de cette manière, la loi du 31 mai se serait trouvée modifiée sans une rétractation trop directe de la part de la majorité. Cette transaction qui devait nous rendre un certain nombre de voix du parti républicain modéré se serait opérée sans bruit et sans tiraillement ; et la révision de la Constitution en aurait profité.
C'est dans cette vue que nous avions à une assez forte majorité, dans notre commission municipale, réduit à deux ans la durée du domicile exigé et admis, pour la preuve de ce domicile, la liste du recrutement, laquelle embrasse tous les citoyens, les pauvres comme les riches. Le général de Lamoricière qui représentait au milieu de nous le parti républicain modéré, acceptait les bases de cette transaction, seulement il aurait désiré que la durée de deux ans fût réduite à un an ; c'était un point réservé sur lequel j'étais fortement d'avis de céder.
Telle était la situation, lorsque commença dans le pays cette agitation en faveur de la révision qui pouvait encore tout sauver, si elle eût rencontré dans les partis un peu plus de bon sens et des passions moins aveugles.