A SA MAJESTÉ LA REINE
Moscou, le 27 Juillet ( 8 août ) 1826.
Madame ,
M. le comte de Nesselrode vient de me faire avertir à l'instant que le comité diplomatique , à Paris , avait décidé que M. de Surviliiers pourrait se rendre à Bruxelles pour revoir sa famille. Ce n'est pas ce que cela devrait être, et ce que j'ai désiré plus que personne , puisque Sa Majesté s'y intéresse , mais c'est un pas de fait vers le mieux. Votre Majesté en est informée sans doute , par le comte G. Lôfvenhjelm ; je ne suis pas assez heureux pour pouvoir me flatter d'y avoir contribué en rien ; je dois cependant rendre la justice à M. le
comte de Nesselrode , d'y avoir mis beaucoup d'intérêt, aussi souvent que je lui en ai parlé, et' je puis dire la même chose de quelques autrçs personnages diplomatiques auxquels je me suis adressé. Les sentiments dus à Votre Majesté et à une sœur qu'elle chérit à si juste titre, ont tout fait.
A M. DE SGHULZENHEIM, CHANCBUER DE LA COUR.
Mosèou , le 7 (19) août 1826.
La dernière dépêche que j'ai eu l'honneur de recevoir était du 4 août, et mon dernier rapport du 8 de ce mois. Un mal d'yeux, auquel je n'avais jamais été sujet, m'a forcé de laisser passer deux jours de poste sans écrire. Heureusement il ne m'a pas empêché de me trouver à la grande parade au Kremlin , le lendemain de l'entrée de S* M. l'Empereur, ni à d'autres qui ont eu lieu les jours suivants au même endroit, ou (quand le temps est ma.avais) dans une immense maison d'exercice. Les parades, au Kremlin , présentent le plus beau coup d'œil. Cette ancienne résidence des souverains de Russie, d'où l'on a une vue superbe sur
27fc ftr^MOIRES POSTHUMES
toute la ville, forme un assemblage d'édifices antiques et modernes , d'églises dans le style oriental, de tours de formes différentes et de promenades plantées d'arbres. Il s'y trouve une grande place qui peut contenir des milliers d'hommes. C'est là que l'on voit ce qu'il y a de plus beau en hommes de guerre, en chevaux, en armes, en tenue et en exercices militaires. Près de 60,000 homimes de toutes armes, avec iliO pièces de canon, sont rassemblés en ce moment à Moscou ou dans un camp aux portes de la ville. Cette armée fut passée en revue par l'Empereur, le 11 de ce mois. Invité à m'y rendre, et quatre chevaux de selle des écuries de Sa Majesté ayant été mis à ma disposition, je n'ai pas pu en profiter, M. Dôbeln m' ayant menacé d'une ophthalmie qui pourrait me retenir plus»ieur3 senoaines dans ma chambre , si je m^exposais à la poussière et à la fatigue inévitables en cette occasion» Gela n'a point empêché que le général Neidhardt, chef de l'état-major de la garde , ne soit venu le lendemain ctiez mpi , pour me remettre un état de tout ce que, ce jourlà, il y avait sous les armes. Le général Stjemerona et les autres officiers qui me suivent y ont été. Ma présentation et celle de ma suite à LL. AÀ.
m; COUTE BË STEDIMGK.
RR. Mgr. le grand-duc Michel et son épouse, a eu lieu le 9 de ce mois. Tous deux nous ont fait l'accueil le plus gracieux. Mgr. le grand-duc, qui parait entièrement adonné à ce qui concerne le militaire, déploie dans la conversation des connaissances sur toutes sortes de «ujets, et M"^ la grande-duchesse est, dans toute l'étendue du mot , une princesse des plus accomplies pour la figure, l'esprit et l'amabilité. Je dois observer que Mgr. le grand-duc avait mis, pendant mon audience, la plaque de Séraphin au-dessus de celle de Sainte André* Une cérémonie religieuse , la bénédiction des eaux, eut lieu dimanche dernier, après laparade. Elle se fait à Saint-Pétersbourg le jour des Rois, et ici, dans une saison plus convenable. Toute la famille impériale va en procession à la rivière, où les prières sont faites. Les ministres étrangers n'y assistent qu'en spectateurs, s'ils veulent. Le 16 du mois, l'Empereur fitmanceur vrer la division des gardes venue de Pétersbourg. J'y fus invité par l'Empereur même, à la parade du jour précédent. Malheureusement j'ai dû m'abstenir d'y paraître, parla raison énoncée cidessus. Mon fils et les autres oifieiers de ma suite en ont profité, le géi^éral baron de Sfjemerona
276 MÉMOtRES 'POSTHUMKS
étant parti depuis deux jours pour Nischnéi- Novogorod , avec M. le baron de Palmstjerna.
Dans ces occasions l'Empereur commande luimême la manœuvre, sans que rien soit arrangé d'avance , et de vieux officiers étrangers m'ont assuré qu'il s'en acquitte d'une manière qui annonce un talent décidé et un coup d'œil qui me paraît être la pierre de touche d'un bon militaire.
Le jour du couronnement n'est pas encore fixé ; on suppose que ce pourrait être le 3 septembre (nouveau style). Le marquis de Brignole-Sale, ambassadeur de Sardaigne , qui me paraît être un homme de grand mérite , a eu ses audiences la semaine dernière , et l'ambassadeur extraordinaire du saint-siége est arrivé ces jours derniers , mais n'a pas été visible jusqu'à présent.
La maison que j'occupe ne me permettant pas de donner une fête , sans faire construire une salle de bal à grands frais, comme fait le duc deRaguse, le roi me pardonnera de n'y pas songer. Quand on a l'honneur de représenter un souverain comme le nôtre , ce n'est pas par des fêtes que Ton peut illustrer son nom et ajouter à sa renommée. Elle se trouve fondée sur des bases plus solides, et n'a plus rien à acquérir.
UU COMTtS DE STBD1N6K.
A M. DE SCHULZENHEIM , CHANCELIER DE LA COUR
Tl
Moicop, le 17 (29) août 1826.
La dernière dépêche que j'ai eu Thonneur de recevoir était du k août, et mes derniers rapports sont du (7) 19.
Aujourd'hui je n'aurais pu mentionner que le cours ordinaire de bals , de spectacles et de soupers qui se succèdent continuellement^ sans un événement imprévu qui a fait beaucoup de sensation et répandu une grande allégresse. M. le grand-duc Constantin arriva ici samedi dernier, le 26 du mois, avant midi ; il était si peu attendu, que lorsqu'on annonça le grand-duc à l'Empereur; Sa Majesté crut que c'était S. A. S. le grand-dùc
ZrS MillOlBES POSTHUMES
Michel, et étant en affaire , dit qu'on le pri&t d'attendre un instant. A peine le root de Césarewitsch fut prononcé que l'Empereur se précipita au devant de lui et le reçut avec toutes les marques de la plus grande tendresse , même de la plus vive reconnaissance.
Peu d'heures suffirent pour en répandre la nouvelle dans toute la ville, et le lendemain, dimanche, une foule innombrable de monde s'était rassemblée au Kremlin à l'heure de la parade pour jouir du spectacle si touchant et si rare de deux frères qui, rivalisant en grandeur d'âme et désintéressement, avaient résisté à tout ce que l'amour-propre et l'ambition ont de plus séduisant, sans que leur union et leur amitié en fussent altérées. La contenance et toutes les actions de ces deux augustes personnages, sur lesquels tous les yeux étaient fixés, furent admirables, et n^nt pu qu'augmenter l'attachement et le respect qu'on leur porte. Le peuple faisait éclater sa joie par des hourras répétés, et ce jour était une véritable fête pqur tout Moscou.
Le grand-duc Constantin est venu m'accoster à la parade, et m'a traité avec infiniment de boiïté. Lui ayant demandé la permission de lui faire ma
DU COMTB INI STBDINOK. ' 279
cour , il m'a répondu que je serais bienvenu à toute heure. J'en ai profité dans la même matinée, et j'ai été charmé de l'entretien que j'ai eu avec lui. Il n'est pas décidé qu'il puisse assister au couronnement qui, à ce que l'on croit, aura lieu dimanche prochain , ne pouvant s'absenter que peu /^ de jours de Varsovie.
.280 , MÉMOIRBS POSTHUMES
A M. DE SCHULZENHEIM, CHANCELIER DE LA COUR
Moscou, le 21 août (2 septembre) 1826.
La dernière dépêche que j'ai eu l'honneur de vous adresser était du (17) 29 août, et celle que j'ai reçue, du 4 août.
Le couronnement aura lieu demain dimanche, (3 septembre) 22 août. La première proclamation en a été. faite jeudi dernier et continue pendant trois jours. Cette cérémonie se fait avec beaucoup de pompe dans les différentes parties de la ville. Des hérauta d'armes à cheval , des maîtres de cérémonies sont précédés et suivis par un fort détachement des gardes à cheval commandés par un général en chef, et des annonces imprimées
DU GOHTE DE STBDINQK. 281
sont distribuées en grande quantité parnii le peuple.
On dit qu'après le couronnement il y aura trois ou quatre fêtes de cour, et quatre fêtes données par le duc de Raguse, le duc de Devonshire, la comtesse Orloff et le prince Youssoupoff. Toutes ces réjouissances doivent avoir lieu dans le court espace de trois semaines, TEmpereur étant décidé, à ce que Ton prétend , à partir pour Pétersbourg le (15) 27 septembre.
SS2 MélfOlttES POST&UMBS
A M. DE SGHULZËNHEIII, CHANGEUER DE LA COUR.
Moscou, lu 2h août (3 septembre) 182C-
Mon dernier rapport était du 21 août (2 septembre), et le même jour j'ai eu l'honneur de recevoir la dépêche de 22 août.
Le couronnement et le sacre de S. M. l'Empereur, ainsi que le couronnement de l'Impératrice, ont eu lieu avant-hier, 3 septembre. Cet acte solennel, si imposant par lui-même, a été accompagné de plusieurs circonstances qui le rendaient fort remarquable, je dirai même fort touchant. Tel était entre autres l'instant oîi l'Empereur fut revêtu du manteau impérial, que Mgr. le grandduc Constantin aida un des premiers à développer et à attacher; celui où l'Impératrice mère
quitta Bon siège pour s'approcher de i* Empereur et de l'Impératrice, qui venaient de communier, et les embrassa et bénit, fondant en larmes. En se rendant aij sanctuaire pour communier, l'Empereur remit son épée au grand-duc Constantin^ qui, après cet acte religieux , se mit à genoux pour la rendre à Sa Majesté» Je pourrai citer encore l'attendrissement de l'Empereur en posant la couronne sur la tête de son épouse, qu'il chérit tendrement, et le transport extraordinaire des spectateurs pour lesquels était bâti un amphithéâtre de cinq à six mille personnes. Cet amphithéâtre, qui bordait une cour et une terrasse que LL. MM. Impériales devaient passer pour se rendre de l'église à leur appartement, était occupé par des personnes de rang ; l'église ne pouvait contenir que la Cour et lés individus des trois premières classes. Le terre-plein était renipli par le peuple. L'ensemble formait un spectacle ravissant, et on pourrait dire une fête de famille. Au banquet qui est d'usage dans ces occasions, l'Empereur dîna avec les deux Impératrices sur une estrade élevée sous un dais magnifique. A quelque distance de ce trône étaient dressées les tables pour les personnes invitées au festin. Le corps diplomatique n'y as-
^k MÉMOIRBS POSTHUMES
sista que peu d'instants, jusqu'à ce que l'Empereur demandât à boire, et tout le banquet même n'a duré, à ce que l'on m'a dit, que trente-cinq minutes. Il serait trop long d'entrer dans tous les détails de cette grande journée, lesquels vous trouverez dans les feuilles imprimées à ce sujet; niais ce que je dois observer, c'est que toute la cérémonie était digne de la grandeur de cet empire , et qu'elle surpasse de beaucoup, en ordre et en magnificence , celle où j'ai assisté sous le règne de Paul I". Le soir, la ville était illuminée, et le Kremlin offrait un coup d'œil vraiment magique par la quantité de ses tours antiques , ses murs crénelés, les jardins qui les entourent, et par son étendue, qui, à elle seule , forme une ville entière. Ces illuminations dureront trois jours. La liste ci-jointe indique l'emploi des journées que nous aurons à passer à Moscou , étant décidé, à ce que l'on prétend, que l'Empereur partira le (27) 15 pour retourner à Pétersbourg.
DU COMTK l)K STEDINGK. 285
A M. DE SCHULZENHEIM, CHANCELIER DE LA COUR
Moscou, le 28 août (0 septembre) 1826.
La dernière dépêche que j'ai reçue était du 22, et celle que j'ai eu l'honneur de vous adresser , du 24 août.
Ce fut le même jour que l'Empereur et les deux Impératrices ont reçu les félicitations du corps diplomatique. Il avait été convenu, d'après un ancien usage, que l'ambassadeur du saint-siége aurait porté la parole pour tous les ambassadeurs et ministres étrangers, après s'être concerté avec eux sur ce qu'il y avait à dire'; mais M. de Bernetti, étant attaqué de la goutte, et n'étant pas fâché peut-être d'avoir un prétexte de ne point assister à une cérémonie religieuse du rit grec, n'a paru à la cour qu'à son audience, et ne s'est pas
â86 MÉMOIRES POSTHUMES
montré dans ie public, de manière que je ne Tai pas encore vu. C'eût été M. le comte de la Ferronnays qui aurait dû le remplacer en cette occasion; mais l'Empereur, ennemi de tout complimenf, avait fait prévenir cet ambassadeur qu'il l'exemptait de tout discours, et lui avait dit, en plaisantant, que s'il lui adressait une parole, il s'en irait 11 en résulte que le corps diplomatique, M. de la Ferronnaysà la tête, fut introduit en grande cérémonie dans la salle d'audience où l'Empereur et r Impératrice Alexandra étaient debout en avant d'un dais sous lequel deux fauteuils étaient placés. Les ambassadeurs et ministres s'approchèrent à la file de LL. MM. , baisant la main à l'Impératrice, et après avoir fait leur révérence les uns après les autres, furent reconduits par Ja cérémonie dans une salle extérieure. Cela n'empêcha point que LL. MM. n'adressassent la parole à chacun d'eux. L'Empereur médit, à moi, qu'il me pqait d'assurer le roi qu'il mettait un grand prix à son amitié, et qu'il s'empresserait toujours de la cultiver. Il y ajouta, ainsi que l'Impératrice, des choses obligeantes pour jiaoi.
Le corps diplomatique, avec sa suite, était composé de plus de cent personnes.
:rM
DU COUTS DE STfiDINGK.
A cette audience se trouvaient aussi un khan des Kirguises, ayec les grands officiers de sa Cour ; il est traité d'Altesse, ainsi que sa fenjnae que Ton dit être jolie et bien élevée. Sa horde qui s'est soumise à la Russie est composée de près de cent mille ânaes. ^
Après que cette longue file d'étrangers eut salué LL. MM., elles se sont retirées, et la même cérémonie s'est répétée dans la mênae salle pour l'Impératrice mère.
Les couronnes et autres ornements impériaux étaient placés sur une table à gauche du trône, et la salle d'audience était bordée d'un côté par les grandes charges de la Cour et les ministres, et de l'autre par les officiers de la cérémonie.
Le bal paré d'hier fut très-brillant; il eut lieu dans la même salle où fut servi le banquet impérial le jour du couronnement ; il commença à sept heures et demie du soir, et ne dura qu'une heure. L'Empereur y dansa avec madame la grande- duchesse Hélène, la princesse de Wirtemberg, l'ambassadrice de France, les dames du palais et de l'ordre de Sainte-Catherine et toutes les femmes des ministres étrangers. Les ambassadeurs eurent l'honneur de danser, chacun à leur tour, avec
S. M. r Impératrice, dont la santé s'est améliorée, et avec madame la grande-duchesse. L'Impératrice mère ne parut point à ce bal pour ne point interrompre son deuil.
Le temps ne me permet point d'être plus long, mais je dois ajouter que ^e me propose de partir d'ici le (16) 28 de septembre au plus tard, et d'être à Abo vers le 14 ou 15 du mois d'octobre (nouveau style).
J'ai l'honneur d'être, avec la considération |a plus distinguée, etc., etc.
DU COHTK UK STBDINGK.
A H. DE SCHULZëNHËIM, CHANGRLÏER DE LA COUR.
Moscou, le A {16} septembre 1820.
La dernière dépêche que j'ai eu Tbonneur de recevoir était du 22 août, et mon dernier rapport du 9 septembre.
, Après trois jours de repos, dont le 10, jour d'Alexandre, fut consacré au deuil, et lé 11 à célébrer la fête du grand-duc héritier, il y a eu le 13 un bal masqué au nouveau gratid théâtre.
On s^'y rendit à sept heures après midi ; cinq mille billets avaient été distribués, et quoique la salle, qui contient cinq rangs de loges , soit aussi grande que l'ancienne salle de TOpéra, à Paris, il y avait foule. L'éclairage et toutes les décorations étaient
â90 MÉMOIRES POSTHUMES
magnifiques et du meilleur goût. La cour y arriva d'abord après sept heures. L'Impératrice, M"* la grande-duchesse, la princesse de Wirtemberg, toutes les dames de la cour et celles des premières classes de la société , hormis quelques dames âgées, étaient mises en costume russe , qui embellissait les jolies et enlaidissait celles qui ne Tétaient pas. L'Impératrice et la grande -duchesse Hélène étaient à merveille et couvertes de diamants. On ne dansait que des polonaises ; les ambassadeurs et plusieurs personnes de marque ont eu l'honneur de danser avec Sa Majesté. Vers les dix heures on fit disparaître, comme par un coup de baguette, une riche décoration qui cachait un superbe salon, élevé de plusieurs degrés, où le souper pour la famille impériale était servi , et d'où on avait la vue sur toute la salle. L'Empereur et Mgr. le grand-duc Michel ne se mirent point à table. Il n'y eut que le prince Charles de Prusse , les ambassadeurs et les dames du palais^ qui eurent l'honneur d'y souper. Pendant ce temps ^ le bal continua toigours. Les ministres étrangers et quantité de personnes des premières classes soupèrent en d'autres salles. Leurs Majestés dansèrent encore i4)rès le souper, pendant une demi-heure, et se retirèrent à onze
DO COIITB 1)E STBOtNttK. Sdt
heures sonnées. L'Impératrice mère n'assista point au bal.
Jeudi il y a eu parade comme à l'ordinaire, et hii^ matin l'Empereur a piassé en reVue les troupes qui Kmt été rassemblées aux environs de Moscou. A mon trës^grand regret , mon mal d'yeux m'a empêché d'assister à cette revue comme à la pretnièrë^ M; Dëbeln me l'ayant interdit po^ti vement. Cette privation m'a affligé , étant impossible de voir de plus belles troupes. L'Empereur se mit à leur tête et défila devant les Impératrices^ qui donnèrentensuite un déjeuner au château de Petrofski, d'où l'Empereur partit sans en avertir qui que ce i^oit, et aUa aux deux camps, où les troupes venaient de rentrer et avaient déjà mis leurs sarreaux. A^aht ordonné que les soldats vinssent le voir comme ils étaient, ils accoururent à la hâte et l'entôurërënl. Il leur dit qu'il avait voulu les voir et les reimei^cier encore une fois avant qu'ils le quittassent Vous sentez, monsieur, quel enthousiasme ces paroles occasionnèrent ; on n'entendit que des cris de joie; les bonnets de police furent jetés en l'air, ce gui est défendu ; l'Empereur fut comblé de bénédictions, et cette scène attendrit tous ceux qui en furent témoins.