‹ Memoires posthumes du feldmarechal comte de Stedingk (volume 4)Chapitre 15 sur 21 · III · texte numérisé non relu

III

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quelques oout» de fusil qu'on lui a tirés (à Hogfors^ je ch*oi8). Au reste, il parle de Votre Majesté , de la valeur de son armée, de la discipline qui y règne avec enthousiasme; mais comme je crois ce prince un peu faible, qu'on le dit faux , ce qui est très^vraisemblable vu la position où il se trouve , que de phis on ne peut guère lui parler sans qu'il y ait toujours quelqu'un à l'écouter, la conversation ne peut jamais devenir fort intéressante.

. Il est certain qu'il est extrêmement aimé du peuple et de la bourgeoisie ; j'ai eu l'occasion den^'en convaincreàces fêtes publiques que l'on a données pour la paix. Partout où il portait ses pas il était toujours suivi de la foule; peut-

^ être ne doit -il cet intérêt qu'à sa position, peut-être aussi est-il inspiré par la vue d'une famille nombreuse et remarquable par la beauté et le bon air des enfants. Le prince Alexandre est vraiment beau et l'impératrice paraît l'affectionner beaucoup ; le prince Constantin ressemble un peu à son père, tuais est d'une vivacité extraordinaire, qui va bien à son âge. Les princesses sont toutes jolies et bien élevées ; la grande-duchesse ne parait êti^ occupée que de l'éducation de ces eafants, c'est lui faire plaisir que de lui en parler. Elle m'a beaucoup questionné sur le prince royal, dont elle a toute la bonne opinion qu'il mérite. Elle est toujours aux petits soins avec le grand-duc, qui paraît la traiter avec assez de

sfroideur.

▲PPBNOIGK. aOT

Dépêche de M. de Stedingk au rai Gustave JF'.

Troppau, le 4 décembre 1S05,

Au Roi TRÈS-HUMBLENEliT,

l'ai malbeureusement de mauvaises nouvelles à ap* pi^ndre à Votre Majeaté* Jl s'est donné avant-hier une bataille à deux lieues en avant de Bruno ^ eo tirant vers la gauche , dans laquelle Bonaparte a commandé lui-même contre les deux empereurs, et où les armées combinées ont éprouvé un échec considérable. Le plus fort du combat est tombé sur les Russes , qui ont souf* fert beaucoup. Le centre de leur ligne a été percé, et malgré les actes de la plus grande valeur , il a été impossible de rétablir Tordre de bataille. Le grand-duc Constantin a donné avec la réserve , composée des beaux régiments des gardes i pied et à cheval Ces corps ont été écrasés. On a été dans les plus grandes inquié* iudes pour Tempereur Alexandre , qui s'est trouvé au plus fort de la mêlée. On a eu l)eaucoup de peine à

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l'engager de se retirer. A mon départ d'Oloiutz, vingt heures après la bataille , personne ne savait ce qu'il était devenu. J'ai appris en arrivant ici qu'il doit être sain et sauf au quartier général de Kutusoff.'

L'armée était composée d'environ 75»000 hommes, parmi lesquels il y avait 20,000 Autrichiens, y compris quelques bataillons de réserve. On dit que tous ont bien fait. L'empereur François a écrit d'Osteritz du champ de bataille, àrimpératrice, que les affaires allaient mal, quoiqu'à l'aile gauche, où il se trouvait avec les Autrichiens, le combat se soutenait encore; que l'ennemi avait percé le centre de l'armée , et il prie l'impératrice de se retirer à Jeuher. Les mesures pour son départ furent prises sui*-le-champ, et les ordres donnés de mettre CMumtz en état de siège. Le gouvernement envoya avertir les membres du corps diplomatique, et tout ce qui ne devait pas rester nécessairement à Olmulz , de quitter \à ville dans la journée. La presse des fuyards devint si grande, que dans un quart d'heure il n'y avait plus de chevaux à louer , tous ceux de la poste , et plusieurs centaines d'autres, ayant été arrêtés pour le service du gouverneqoent. La peur, qui grossit toujours les événements, faisait dire que les Français étaient aux portes. Le champ de bataille est situé cependant à plus de dix lieues de la ville , et s'il est vrai que l'on ait vu des Français entre la ville et Prosnitz, qui en est à deux lieues , cela ne pouvait être que quelques patrouilles à ta poursuite des fuyards.

Le quartier général de l'empereur Alexandre fut transféré le 1^' décembre quatre lieues en avant , et l'armée avançait toujours dans le but de s'approcher de la Taya, à la gauche de Brunn, de passer cette rivière, et en tournât] t l'aile droite des ennemis, de se mettre entre eux et la ville de Vienne, ce qui les mettait

APPBNDICB. 809

dans ta nécessité d'abandonner Vienne ;et de se replier au plus vite ou d'accepter le combat.

Les Russes désiraient vivement d'en venir aux mains pour gagner du terrain , et faciliter les subsistances qui commençaient à manquer , mais on était convaincu que Bonaparte éviterait un engagement général, et on était confirmé dans cette idée par de petits avantages remportés les jours précédents , les Français s'étant repliés en perdant du monde. Le prince de Bagration était si assuré du succès, qu'il mandait à sa femme , qui était à Olmntz itvec plusieurs autres dames russes , qu^il était certain d'être à Brunn dans vingt-quatre heures. Il y fut effectivement^ mais pour bien peu de temps. Il paraît » en général , que l'on a manqué de précautions et que l'on . n'était pas suffisamment informé de la position ni des forces de l'ennemi, tandis que Bonaparte avait certainement de meilleurs renseignements. Malgré la nonchalance des Autrichiens, ils avaient arrêté plusieurs espions français à Olmutz et dans Je camp, et je suis' certain qu'ils en avaient beaucoup au milieu d'eux dont ils ne se doutaient pas. Une autre* faute était celle de s*être approché d'un ennemi aussi actif et vigilant sans une avant-garde assez forte pour arrêter ses SBbrts jus-^ qu'à ce qu'on aurait eu le temps de changer l'ordre de marche en celui de bataille. Nous n'avons aucuns détails circonstanciés de l'affaire, et ce n'est qu'en rapprochant les différents rapports, que l'on voit que la surprise a causé une partie du désordre. Les Busses marchaient au centre sur une ou plusieurs colonnes , lorsqu'ils trou^ vèrent tout d'un coup devant eux l'armée de Bonaparte en bataille. La charge des Français commença avec leur rapidité accoutumée, et la bataille était perdue.. Il aurait été plus prudent, à ee qu'il me semble, de différer à ÂQUuer jusqu a ce que la divisicHi du général Ësseu fût

310 AfnmncB.

arrivée , et qae les troupes mssea eussent pu de remette un peu de la fatigue de la marche longue et pénible qu'eOes venaient de faire. 1^ division du grand-duc Constantin avait &it sept à huit lieues par jour. Je me suis trouvé avec elle pendant deux semaines, et elie allait plus vite que je ne pouvais €iire avec les mauvais chevaux de poste que je trouvais partout. Des gens bien instruits m'ont assuré qu'en grande partie les fautes que

, je viens de citer n'étaient pas celles du général Rutusoff, mais qu'elles venaient d'une trop grande confiance de l'empereur dans le conseil de plusieurs jeunes gens, géû^nx et adjudants, qui , pour se &ire valoir, ne cessaient de contrarier le général commandant , et d'cBtre*tenir Sa Majesté de projets brillants , mais dont l'exécution était trop hasardeuse. L'ardeur bouillante du grand-, duc Constantin peut aussi avoir contribué au non-succès'. Les fuyards et blessés que j'ai rencontrés hier et aujourd'hui sur ma route , m'ont dit qu'il s'était trop exposé

* avec le corps qu'il commandait.

J'ai appris à mon arrivée ici ce matin que le générai Kutusoff avait réparé en quelque sorte le désai^re de cette malheureuse journée , en rassemblant les différais corps et êlk se retirant en bon ordre. , -

Ce qui ne me paraît pas douteux, c'est que l'on ne songe pas à défendre vigoureusement ni la Moravie, ni le reste des provinces autrichiennes en Allemagne, et que l'on finira par se retirer en Hongrie. Olmutz ne tiendra pas longtemps si les Français attaquent cette place; elle me parait cependant très*susceptible de~ défense, mais rien n'y est préparé pour cet effet. Elle n'est ni approvisionnée , ni palissadée , et très-peu de canons sont montés en batterie; ce qu'il y en a l'a été par les soins et à la demande expresse de l'empereur . Alexandre, mais les Autrichiens sont si noncbatants

AFtBIllllfi». 811

et , i ce qu'il nci'a paru, ai iodifférenta pour la ohose pu** Uiqoe, que ce travail eat fori peu avancé, et lea 10,000 Autricbiene , recrues et autres , que Von y a Koia eo garnii^n, S0U8 lea ordres du général Frolich , serobi faita priaonniers si l'on n'évacue pas la place. La mo^ narcbieaùlriobienne, si puissante autrefois, et qui le sersiit encore par ses ressources intérieures si elle était bien gouveruéi^) penche vers sa ruine, moins en^eore par le succès des Français que par l'apatbie et par le défaut d'^prit public que l'on aperçoit cbe^tous les employés, et dans toutes les classes de citoyens* ' '

La nouvelle de la bataille perdue est venue à Oimutz de grand matin, au n^oment oùj'allaû» monter en voiture pour me rendre à l'armée. L'ambassadeur d'Angleterre, qui était parti la veille pour aller à Wischau , et ^i en étuit revenu dans la nuit, m'envoya un valet de chambre pour me dire de ne ppint partir , que les afiaires allaient très-mal , et que lord Gower me dirait le reste. Je fos tout de suite chez le comte de Col;»enzl pour mlnformer de ce qui s'était passé. Il me raconta tout ce qu'il savait, mais avec la même tranquillité qu'il aurait parlé d'une chose indifférente. Je lui représentai la nécessité d'employer tous les bras pour mettre Oimutz enMiétat de dé<fenae>mais il n'en espérait rien, et tout le mondé ne songeait qu'à se mettre en sûreté et à sauver ce qu'il avait lie plus précieux. Cette fuite n'était pas facile à effectuer p^r le manque de chevaux, le fua assez^hei»reux pour m'en procurer huit, en payant qpatre oenlB florins pour faire neuf milles ; d'autres les ont payés plus que le double. Maintenant nous ne savons pas où aller; tout ce que nous sommes ici du corps diplomatique et lord Gower (*) , qui voudrait se rapprocher de l'empe-

(*) Ambassadeur d'Angleterre auprès de l-empcreur Alexandre.

313 APnUTDlGB.

reur , ainsi que moi , nous sommes à oei égard dans le plus grand embarras. Teschen est unetrèfr-petite ville et tellement remplie de fuyards qu'il n'y a ni logement ni yivres à avoir à aucun prix. L'impératrice ne pourra pas s'y arrêter. Depuis la retraite de Tarmée , les Français pourront facilement occuper cet endroit ainsi que Troppau , et ils n'y manqueront pas, d'autant plus que tous les équipages de la division de Buxbofden s'y trouvent sans la moindre escorte , et qu'il ne serait pas indifférent pour eux d'enlever le corps diplomatique pour fouiller les papiers.

Nous recevons des avis de tous côtés que les Français approchent , et qu'il ne sont plus qu'à deux milles d'ici ; il faut songer à se retirer. La route à Teschen doit être interceptée, en ce cas-là il ne nous reste pas d'autre chemin que de passer par la Silésie prussienne; je dirigerai ma route de manière à rejoindre l'empereur et l'armée le plus tôt possible. Lagraude difficulté est d'avoir des chevaux, qu'il faut payer au prix de l'or. J'espère avoir bientôt de meilleures nouvelles à mander à Votre Majesté. En ce momentr*ci l'horizon est bien obscur , mais je me fie à la Providence , qui saura mettre un terme à l'usurpation et à l'injustice.

Je supplie Votre Majesté d'excuser la brièyetéde eette dépêche en faveur des circonstances ; j'aurai l'honneur de lui faire mon très-^humble rapport aussitôt que les ifaires auront pris une assiette tant soit peu plus tran^ quille.

Je suis , etc.

▲pnmucB. 313

Dépêche de M. deStedingk au rai Gustave IF.

Railbor , le g cMccrabre 1S09.

Au Roi, TEÈS-HDMBLBMENT.

Je suis arrivé ici, de Troppau, hier à midi, avec Tambassadeor d'Angletenre , le comte Dûben et plusieurs autres personnes qui ont pris cette route pour ne pas courir le risque d*étre enlevées par les hussards français sur celle de Tescben. L'armée -s'étant repliée après la bataille du 2, vers les frontières de Hongrie, toute la Moravie, à l'exception d'Olmutz, est abandonnée aux Français, et le corps du général d'Ëssen , ainsi que Tarmée de Beningsen, ne peuvent faire leur jonction avec la grande année qu'en suivant la frontière de la Silésie et de la Moravie. Depuis trois jours nous n'avons reçu aucune nouvelle de l'armée, et nous ne savons pas môme où est le quartier général. Le courrier Gagneur a passé avant-hier à Teschen. 11 s'y trouvait douze feldjœger chargés de lettres pour l'empereur qui n'avaient pas pu joindre Sa Majesté.

Sli AVVBlflliei.

Des lettres particulières et pen authentiques nous ont |

appris, cet après-dîner, que le quartier général était à i

Goding, mais une nouvelle de la plus grande importance, et qui parait certaine, vient d'être transmise à l'ambassade d'Angleterre par le général Ramsay, qui est envoyé à l'%rmée ftotneb^we par le gouternemenc '

anglais, pour la correspondance militaire, et qui se trouve dans le même cas que moi de n'avoir pas pu se rendre encore à sa destination. Il mande de Troppau que la princesse Jean de Lichtenstein vient d'être informée par une lettre du comte de Ghigi , ministre des fi- | nances, qu'il venait d'être conclu un armistice. Cette fin de campagne comblerait les succès de Bonaparte, mais | après tout ce qui vient de se passer on ne peut être sur- | pris de rien.

Je suis, etc. I

APrBNBlCB. ' S16

Dépêche deM.de Siedingk ou rai Guetave ly.

Ratibor, le il décembre 1805.

Au Roi, très-humblement.

• La nouvelle de Tarmistice , que j'ai eu Fbonneur de donner à Votre Majesté, par ma très-faulnble dépèebe du 8 décembre, n'est malheureusement que trop Traie. Je viens d'en apprendre une autre qui n'est pas moins importante, x^Ile que l'empereur Alexandre retourne & Pétersboui^. Un courrier que j'avais à Tescben a vu les chevaux commandés pour Sa Majesté, en cet endroit où elle devait passer le 9 après dîner. Hier uu courrier de înilord Gower, venant aussi de Tescben , lui a apporté une lettre de M. Paget , ambassadeur d'Angleterre, por> tant que l'armistice est conclu pour un temps iUifhitéj qu'il a été stipulé que les Russes se retireraient dans leur pa]^s, et lés Français au delà du Danube. L'empereur Alexandre s'était conduit à merveille daos cette oeca^ sion , ne s'opposant point ouvertement à des conditions que la Cour de Vienne s'était crue dans la nécessité d'ac-

316 APPBIfBICB.

corder, mais ne tes approuvant aucunement, et voyant que son allié l'abandonnait et s'abandonnait lui-même, ii avait pris le parti de reiourner promptement dans sa capitale.

M. de Cobenzl était allé au quartier général de Bonaparte pour terminer les négociations, mais C'était proprement le prince Jean de Lichtenstein qui a été envoyé, une heure après la bataille, à l'armée française pour parlementer. Bonaparte lui avait accordé un entretien de deux heures dans lequel tout avait été réglé. L'empereur d'Autriche se met à la merci de son vainqueur en demandant la paix à mains jointes. Nous ne savons pas quel rôle le comte de Haugwitz va jouer dans ces n^ociations, mais il ne parait pas que ni lui , ni le comte de Stadion, qui étaient à Vienne chez M. de Talleyrand, aient rien obtenu.

Le jour de la bataille les chevaliers-gardes, entre autres , n'avaient pas encore joint l'armée , et ils firent deux lieues au trot pour s'y rendre avant d'entrer eh action. Cette fougue des Russes d'un côté et la nonchalance des Autrichiens de l'autre ont causé une antipathie entre les deux armées qui éclate en toute occasion. On prétend qu'à la bataille les Russes ont tiré sur trois bataillons autrichiens qui fuyaient en jetant leurs armes. Pour les habitants , ils craignent et haïssent les Russes plus que les Français^ ayant souffert beaucoup par lés livraisons et les transports dont ils ont été accablés, à quoi il faut ajouter un peu de désordre et de pillage, surtout de la part des cosaques et des valets de l'armée. Sans ces accidents , le mal serait bien moins considérable et pourrait se réparer facilement. Les Russes n'avouent que 11,000 hommes de perte dans la bataille, et 8,000 dans leur retraite depuis Tlnn. Il y a des versions qui portent la perte, dans la bataille, à 30,000 avee

90 pièces de canon, et celle de la reiraite à 15,000; mais quand cela serait, ji n'y a^ait pas de quoi perdre courage, d'autant plus que le corps du général d'Ësaen, de 15 mille hoaimes, et Tarmée du général Besingsen de 40y000 étaient en pleine marche et pouvaient iaire leur jonction en peu de jours , miûs on a manqué de persévérance, et ce malheureux armistice a mis le comble à toutes les fautes de la Cour de Vienne , et achèvera sa ruine. Lord Gower a été extrêmement çurpris d'en apprendre les conditions. Il m'a dit que dans la dernière convention entre la Russie, la Prusse et T Autriche, il avait été réglé que s'il fallait avoir recours à un armistice , une des conditions dont on ne se désisterait point serait que les Français se retirassent derrière rinn. Il a été étonné aussi que l'empereur eût quitté si brusquement son armée, et s'en soit retourné chez lui sans s'être abouché de nouveau avec le roi de Prusse pour concerter ensemble les mesures que les circonstances actuelles exigeraient. Le prince de Czartorysky lui avait dit que c'était le projet de l'empereur, et que, s'il arrivait quelque malheur à t'armée, les deux empereurs se rendraient à Breslau , où le roi de Prusse viendrait aussi, pour resserrer leur union encore davantage. C'est ce qui nous avait fait prendre le parti de nous rendre en cet endroit qui se trouve sur la route de Breslau ; mais rien de tout ce qui devait arriver n'a eu lieu> et il est à croire que l'empereur, dégoûté de tant de revers et de contradictions, s'est hâté d'en sortir au plus tôt.

Il y a une chose de la plus grande importance, et qui m'intéresse maintenant plus que tout.au monde, savoir : si l'armistice regarde oiimî le nord de V Allemagne, Si , comme je le crains, il n'en était pas ainsi , Bonaparte, se trouvant dégagé de toute autre a&ire, enverra certainement des* forces si considérables contre Votre |lajesté

318 AfmfDi».

qu'il sera iaijfi^sible de leur résister. Je demande trèshiunblemeDt pardon à Voire Majesté délai cotnmuniqner mes craintes, à elle qui ne otm^i rien , maiis , Sire, l'âge fn'a appris à distingoer la UmérUé du cmstage , si l'un eat vertu des héros ,. l'antre n'est que mérite d'nn sdldàt, et perd les États aussi bien que la timidité. Qiaand làiérae Votre Majesté ne serait pas pour moi, ce qu'elle est en effet, l'objet de touft mes vœux et dé mes soins les plus empressés, l'amour de la patrie et l'orgueil national me feraient désirer en ce moment qu'elle ne s'exposât pas aux risques d'ajouter un nouveau laurier à la couronne de Bonaparte, le voudrais, en un mot, que Voire Majesté ne fût pas vaincue.; que seule, entre les souverains, eUe se réservât pour une meilleure occasion. A présent que tous les plans sont dérangés pour le nord de l'Allemagne, et que les succès deviennent moins probables à cbaqiie instant, il me paraît que toutes les raisons politiques et militaires coïncident pour engager Votre"" Majesté de ne pas trop avsHdcer. S'il est vrai que les Français ras* semUent 100,000 hommes, et si la Prusse continue de rester dans l'inaction , il n'y a pas de doute que leurs forces ne se dirigent contre l'armée suédoise. Ce qui pourrait arriver de plus heureux en ce cas, serait de pouvoir se replier sans pêne derrière l'Elbe, et en dernier lieu en Poméranie , mais si c'était là tout ce que l'on pourrait gagner, il vaudrait mieux , à ce qu'il me semble^ de s'arrêter en attendant les événements, (ta n'au-* rait point alors de marches rétrogrades à faire , et l'idée de la retraite éumt toujours accompagnée <le celle de l'in* fériorilé, je suis certain qu'elle répugne à Votre Majesté autant qu'trilè afflige tous left gens<lè bien qui souhaitent à Votre Majesté un rôle brillant, le seul <]ui soit digne d'elle. Celui que la Prusse joue en ce moment n'est pas encore bien décidé , mais ce qui n'est pas douteux , c'est

▲FVBMDICK. $19

que depuis que le midi de l'Europe est soumis , la Prusse est l'unique barrière qui reste à renverser à Bonaparte pour être maître de rÂllemagne. Si cette perspective n'est pas fort rassurante, elle doit engager cependant à ménager cette puissance, malgré tousses torts, et à la soutenir. Si elle totabait^ sa thn\e eotnaîneraii celle du reste de l'Europe. L'Angleterre et la Russie paraissent sentir cette vérité, et c'est ce qui les rend si attentives à cultiver, de toutes les manières, les bonnes dispositions que le cabinet de Berlin a fait paraître, quoiqu'il soit bien lent à se décider.

Il iiftut espérer que la mésintelligence entre Votre Majesté et le roi de Prusse cédera enfin aux grands iniérêté qui les Unissent, d'autant plus qu'elle me paraît décidée à employer tous les moyens de conciliation qui pounVHit s'allier aveé sa dignité.

Je suis, etc.

Nous avons retrouvé une pièce curieuse et peu connue qui caractérise l'époque dont nous nous occupons, et la légèreté avec laquelle s'opéra alors la division et la distribution des États; c'est une lettre do prince Talleyrand à M. de Haulerive (sous-secrétaire d'État des affaires étrangères), datée de Munich, â7 octobre.

910 APPBIIDtCB.

iMtre du prince Talleyrand à M. de HaïUerwe.

Nous travaillons tous les jours à des plans de pacification. En voici un nouveau que je vous laisse Caire; envoyez-m'en le tracé (Frâgheit und Abneigung). Plus d'empereur d'Allemagne! Trois empereurs en Allemagne: France, Autriche et Prusse.

Tout le Tyrol italien serait réuni au royaume d'Italie, ainsi que Venise et toute la côte Adriatique. Les réunions sont décidée» conire num (wis.

Un traité d'alliance avec l'Autriche, en lui donnant la Valachie et la Moldavie, ainsi que la Bessarabie et la Bulgarie, a été rejeté malgré dix mille botmee raismg. Ou préfère un traité avec la Russie, après avoir affaibli l'Autriche. Ce n'est ptu lé mon opinion^ mais la mienne^ à cet égard, est rejetée ( par Napoléon ) .

Voyez ce que vous pouvez faire sur ce plan indiqué. Il n'y a point, ou presque point de discours à faire pour le développement. Deux pages qui annoncent le plan des cbifires pour estimer les lots. Un titre bien choisi pour chacun, une chaîne féodale bien établie avec l'empire français.

Cest en tout notre noblesse immédiate /. ..

Lea titres de prioce, de chevalier D'effrayeni pepsonne. Je n'ai pas le temps de relire parce que le courrier part. Les trois quarts de ceci est dicté par l'empe-* reur. Cette lettre est pour vous seul. Und spftter dié nierkwûrdigen Worte, mit einiger; vielleicht zu Iranzôsjscher Titelkeit.

Je suis à Vienne depuis hier, apprenant dans ce moment encore des nouvelles des armes de l'empereur contre les Russes. Nous les battons, nous les tuons ^ nous les prenons, et cela n'empêche pas que ce ne soit une mauvaise guerre dont le soldat français se fatiguera bientôt parce qu'il faut trop tuer.

Im. novembér.

On trouve que Tempereur va bien loin; il est à près de quarante lieues de Vienne.. Il me semble qu'il faudrait finir. M. de Haugwitz arrive ici sous peu de jours. C'est un très*bon voyage. Avec du temps tout ira bien dans nos relations avec la Prusse , qui ne se fâche contre nous que parce qu'elles peur d'un autre. Ce genre de fâcheries se termine par de gros mots , ce que j'ai toujours vu.

M. de Haugwitz n'arrive pas (27 oovemBre). Peutêtre ce délai fait partie de sa mission ; c'est une manière très-commode de s'exph'quer que de se réserver de prendre son texte dans les circonstances du mO'r ment.

Les dépêches de l'ambassadeur que nous avons données dans le courant de cet ouvrage , prouvent la loyauté des sentiments de M. de Stedingk , la pénéni. 21

tratioDidftsoh jiigenieàt et de l'élégaaeeotiestque de son styie officiel; nouisi eroyons Bqaînienanl devoir donner quelqué8-»aDes de ses lettres de fepaille , pour tnoptrer raméoiljé de b(à\ caractère , la bonté de son cœur, et rëloquence de son style épistolatre.

AvraiiDiCE. 3S8

j4u comte ie fij^rmljerna.

Elghamoiar , ce 5 Janvier 1817*

Mon cher Màgnus,

Le repos est sans dou^ ce qui coDvient le mieux à mon âge et à ma position , mais je suis bien éloigné de vouloir me soustraire à mes devoirs, et un mot du roi ou du prince royal suffirait pour me faire entreprendre l'impossible (*). J'arriverai donc en ville le 16 ou 17 de ce mois , pour avoir le temps de me mettre au courant , et je vous prie, mon bon ami, de faire chauffer ma maison tout de suite , pour que nous ne soyons pas morfondus en arrivant.

Ce qui m'embarrasse le plus dans la commission que l'on veut me donner, est que je ne sais ni écrire ni haranguer, et sans haranguer il n'y 'a pas de salut en

(*) Le roi avait fait sonder, par l'entremise du général BJOrnstjerna, le maréchal pour savoir s'il voudrait se charger de la présidence des députés de l*arniée , convoqués pour régler la caisse des pensions militaires.

ffMrfar |ia§ écrire mon b^^

TÎa»de ee ^oeardiaûl »a

eiusMZ à lunt ce;b «t décidez et quû hm fiûre ^ je tous

C Si

AP»BMtiC8.

Mi Ht

WÊ- le

^u comte de Bj(hrnstjemc.

Elghammar, ce 24 août 1828/

Mon bon AMf,

Nous sommes tous bien portants , et je voudrais bien que vous pussiez jouir, quelque peu de lemps du moins , de la tranquillité qui esL notre partage. Vous devez en avoir grand besoin ; mais il n'y faut pas penser, tant que la diète dure , et puis une autre diète changera tout ce que vous aurez fait. Quel contre-sens ! et quelle représentation! Gomment avec une constitution pareille, i'État pourra-l-il fleurir jamais et même se soutenir? Ce n'est que par la grâce de Dieu et le rare bonheur d'avoir eu de temps en temps de grands rois , que nous existons. Dieu nous conserve celui qu'il nous a donné et tout ira bien ; mais une machine bien montée doit aller de son propre mouvement quand le premier ouvrier ne serait qu'un imbécile. Mais trêve de politique. Cela me mène-

3B6 ^ AKBMOIlGB.

rait trop loin , et il faat aller dtner. Ad|eu donc, mon bon ami , j& vous embrasse bien tendrement et ma bonne Lizinka dont je Tiens de reeevoir une lettre , et vt» jolis enfants.

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