C. Stidingk
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/tu comte de Bjôm$tjerna^
VilglamAiii^, eë !)0 oèfùbre IS>5,
Mon bon ami ,
Si quelque chose pouvait me réconeilier avec mes 80 ans , et me rendre ce jour de naissance agréable , ce seraient , mon cher Magnus , les vœux qucs vous et mes autres enfants faites , à cette occasion pour ma con* servation. Ces vœux sont si purs , si désintéressés , ne pouvant malheureusement Vous être bon à rien , qu'ils ne peuvent que me toucher vivement. 11 est si doux, d'être aimé de ce que Ton aime , que ce bonheur surpasse tous les autres, et qu'il remédie à toutes les peines qui sont le partage de la pauvre humanité , surtout lorsque l'on est destiné à vider le calice de la vie jusqu'à la lie. Enfin , la VQlonté de Dieu soit faite. Je n'ai qu'à le louer^ à le remercier, et parmi tant de bienfaits dont il m'a comblé , le plus grand sans doute est de m'avoir donné
des amis comme voob, et ao cœur pour eo sentir le prix.
Ce qoevoQs dites si bien sor l'affirire des Ymsseaox est conforme à ce que j'en pense , et me fait sooirenir du dicton : que l'argent fait Cure bien des faux pas. Rien de plus fâcheux que la nécessité de reculer vis-è-^is de forces supérieures , et quand on y est réduit , il faut être bien habile pour s'en tirer avec honneur. On ferait mal d'assembler les états sous de pareils auspices , et je partage vos regrets du retard qui en résultera pour votre projet d'améliorer le sort des officiers de l'armée. D est vrai que cela ne vous fera rien perdre de leur attachement qui est basé sur des fondements solides , l'estime, et la certitude que vous vous occupez de leur bienêtre.
C Stiduigk.
APPEIf1>i€B. 9i9
Au comte de Bj&rm^erna,
Elghanmiar, ce 3 octobre 1827.
Mon bom ami,
Je vous dois upe réponse à voire lettre du 25 septembre. Elle traite d'un sujet bien intéressant pour notre patrie, et je ne saurais vous exprimer combien tout ce que vous en dites me parait sage et marqué au bon coin. Un roi sans v^o est un non-sens , une monarchie mns noblesse héréditaire en est un autre ; elle peu^seule lui donner la consistance qu'elle doit avoir pour remplir son objet {*). Par ces raisons et d'autre» de moindre impor*tance, la constitution de Norwége me semble fort défectueuse, et l'acquisition de ce pays n'avoir valu à la Suède , jusqu'à présent , qu'un avantage négatif. Pour
(*} Gela se rapporte à la Norwége, oti la diète nationale (le stor Thing) a aboli la noblesse en dépit du roi, qui, n'ayant qu'un veto suspensif, n'a pas pu empêcher la résolution prise trois fois de suite par l'assemblée parlementaire.
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pbanger cel ordre de choses, il ne se trouve selon nioi que deux moyens , la force ou la persuasion. La force est expëditive , mais elle fait des blessuras difficiléi à guérir , et je crains fort que la persuasion ne soit perdue avec des gens qui , nouvellement sortis d^un régime , despotique , se croient appelés à régner. Il est vrai qu'ils viennent de donner prise sur eux, en dépassant les limites de leur pouvoir constitutionnel. Cette témérité ou maladresse de leur part autorise , il me semble , à insister sur des garanties contre de pareils abus , et où en trouver, sinon dans le droit de refuser sa sanction à des mesures contraires au bien de TÉtat ; ce qui n'est autre chose que le veto. L'utilité, la nécessité même d'unir les deux royaumes sous les mêmes lois, la même constitution ne peut être méconnue de personne. Cette entreprise présente de grandes difficultés. Laissée au temps, elle demande des siècles \ exécutée par force ou par adresse, elle est digne du roi, de sa sagacité, do son courage^ elle mettrait le comble à sa gloire. L'opposition serait nulle au dehors. Les souverains approuveraient ce changement, et l'esprit du siècle est tnoins fiivorable à la démagogie que l'on ne pense communément. Ses ^miltatiB sont en tirop fraîche mémoire pour ijn'elle troUvte des adhéihents partni les gens sensés. D'ailleurs tes constitutiotis dé Suède et de IVô^wé^è n^interdiisent pbitit les atnendements par des voies légales, qui sont à préférer s'il y a moyen. Ne pourrait-on pas , sous quelque prétexte, opérer une réunion de cinq à six Norwégiens avec autant de Suédois, tous gens considéi^ës pour tetjkr sagesse et leur patriotisme, et concerter avec eux les moyens de parvenir au but désiré? On aurait par ce moyen un point central , qui , par ses rayons , agirait sur vioe vaste périphérie. La constitution de Suède, avec tous ses défauts, ett plus favorabte à ]#
monarchie que celle de Norwége, mais elle a des apparences démocratiques , et en la prenant pour règle , avec qiïelqoes modifleations, elle passerait peut-être en Nbrw^e plutôt que le moindre changement en Suède , à cause de notre vanité et la quantité de dos raisonueurs. Il s'eatend que pour faire aller la besogne, il faudrait pour gouverneur en Norwége un homme de tète et de cœur, et qu'il eût des moyens pécuniers, l'argent étant devenu malheureusement un des premiers mobiles. Enfin les difficultés sont grandes, mais elles ne sont pas invincibles. Avec une ferme volonté et un plan toujours suivi, on vient à bout de tout. Un des grands moyens de nécessité , et que le roi possède au suprême degré , est de se faire aimer , et quand on a le coeur , on a bientôt le reste. Voilà , mon bon ami , quelques réflexions que votre lettre m'a f«it faire ^ elles me paraissent d'accord avec les vôtres. Je n'y ajouterai qu'une sentence que feu mon père avait prise pour sa devise : Ser nur ni(tit nad(;ldfft. Persistez.
Adieu , mon cher Magnus, je suis chargé par toute la famille de mille tendresses pour vous, pour Lisinka, et pour vos garçons. En cela, je me réserve de droit le pas sur tous les autres;