C. Stbuhkw
AFPBMdlGB.
Au comte de Bjëmsijema.
Elghammar, ce 33 octobre 1839.
Mon bon ami ,
Je prévois avec douleur que vous allez nous quitter de nouveau. La carrière ou vous êtes entré (*) a ses agréments , mais elle ne mène pas à la fortune , tout au contraire , lorsqu'on a femme et enfants , et le cœur noble et généreux comme vous l'avez. La place de gouverneur de Stock^holm eût été , selon moi , plus désirable C"^) , mais nous sommes conduits, on ne sait comment, à ce que le ciel nous destine , et s'il faut en croire le docteur Pangloss , qui n'était pas un sot, tout est pour le mieux dans ce monde.
Je vous prie de ne pas m'adresser des félicitations , ni vous, ni les vôtres , pour mon jour de naissance ; ce
(*) M. de BJômstJerna venait d'être nommé ministre rn Angleterre.
i**) Elle avait été offerte altemaHvemênt à M. le comte de B.
Ai^BfriHCE. 33S
sont autant de réponses à faire , et le sujet n'est pas gai. Quoiqu'on en dise, l'approche du tombeau est sombre quand il faut quitter des enfants et des amis tels que le ciel m'en adonnés dans sa clémence.
Adieu, mon cher Magnûs, mille tendresses à Élise et vos enfants; que le ciel vous bénisse tous ensemble. Ce voeu part du cœur de votre ami.