‹ Memoires posthumes du feldmarechal comte de StedingkChapitre 25 sur 38 · NOIE DE LORD GOWER · texte numérisé non relu

NOIE DE LORD GOWER

Remise le 18 septembre 1807.

Le soussigné , ambassadeur de S. M. Britannique , a l'honneur d'accuser réception de la note que S. E. M. le comte Romanzoff lui a adressée , en date du 11 de ce mois. Il ne tardera pas à la transmettre à sa cour , mais les inculpations qui y sont contenues contre le Gouvernement Britannique imposent au soussigné le devoir de prier S. E. de vouloir bien porter sans délai à la connaissance de Sa Majesté Impériale quelques observations qui puissent mettre dans leur jour véritable les démarches réciproques des deux puissances.

Quoique la célérité indispensable à l'exécution

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des projets de précaution adoptés vis-à-vis le Danemark, ne permettait pas de communications antérieures , la note du soussigné en date du 21 août (2 septembre) , bien loin de cacher les raisons qui avaient motivé cette expédition, les divulguait avec franchise , et l'explication en fut réitérée et accompagnée des détails plus que satisfaisants à Toccasion de la première conférence du soussigné avec le ministère du jour.

Les articles secrets du traité de Tilsit sont d'ailleurs encore inconnus à la cour de Londres, et le soussigné a vainement réclamé la communication des arrangements dont Taccomplissement développe chaque jour des objets peu conformes à r esprit des anciennes alliances, et absolument préjudiciables aux intérêts dont le maintien fut jadis une partie essentielle du système russe. Est-ce donc à la Russie de se plaindre du secret, lorsque cette cour refuse nettement la seule explication qui aurait pu rassurer celle de Londres sur les intentions et les projets médités à son égard? Ce silence^ cette extrême réserve peut servir de preuve que le cabinet de Péiersbourg jugea lui-même que cesar^ rangements secrets étaient directement contraires aux intérêts de la Grande-Bretagne.

Quant à la tranquillité de la Baltique , T Angleterre n'y a jamais reconnu de droits exclusifs , et, quelles que fussent les prétentions de la Russie au titre de garant de la sûreté de cette mer, son silence, lors de la clôture des ports au pavillon britan- . nique , de Lubêck jusqu'à Memel , paraissait en être l'abandon ouvert. Le soussigné saisit cette occasion , etc.

Lord GowER.

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DÉPÊCHE DE M. DE STEDINGK AU ROI

Saint-Pétersbourg, k 20 septembre ( 2 octobre ) 1807.

A la suite d'une note que lord Gower avait reçue de M. le comte Romanzoff, au sujet des derniers événements de Copenhague, l'alarme s'était répandue parmi les négociants anglais établis à Pétersbourg , et , par la crainte d'un embargo , plusieurs de leurs bâtiments , en chargement à Cronstadt, en étaient partis d'abord sans compléter leur cargaison^ On a su depuis que cette appréhension n'avait été fondée que sur des aperçus erronés , et que lord Gower était rassuré entièrement à ce sujet. Cet ambassadeur a reçu un courrier de Vienne, pour l'informer que le com-

mandant de Tescadre anglaise qui bloque le port de Venise avait refusé d'y laisser entrer les troupes russes qui revenaient de Corfou. Le port de Trieste leur étant fermé également par les Autrichiens, on ne sait pas où les faire débarquer ; mais les raisons qui avaient engagé les Autrichiens à la fermeture de ce port n'existant plus , l'admission des troupes russes ne pourra pas éprouver de difficultés.

Le comte Tolstoy est parti pour sa mission à Paris depuis deux jours , et le général Savary doit avoir reçu déjà sa nomination d'ambassadeur à la cour de Pétersbourg ; mais il ne déploiera ce caractère qu'après l'arrivée du comte Tolstoy à sa destination.

J'ai eu l'honneur de recevoir hier les dépêches de Carlscrona du 13 septembre , et je me suis acquitté d'abord des ordres de Votre Majesté, en envoyant à M. le comte Romanzoff une copie de la convention conclue entre M. le baron de ToU et le général Brune» Dans les circonstances actuelles , il faut regarder comme un bonheur que l'évacuation de File de Rugen ait pu se faire sans la moindre perte et sous des conditions aussi honorables.

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