‹ Memoires posthumes du feldmarechal comte de StedingkChapitre 26 sur 38 · LETTRE DE M. DE ROMANZOFF A M. DE STEDINGK · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE ROMANZOFF A M. DE STEDINGK

Le soussigné obéit aux ordres de l'Empereur, en portant comme il le fait , à la connaissance de Son Exe. M. le baron de Stedingk, ambassadeur extraordinaire et plén. de S. M* le Roi de Suède , les deux notes ci-jointes , qui ont été remises à lord Gower, et la réponse de cet ambassadeur à la dernière.

Les notes remises par ordre de S. M* Impériale ne laissent aucun doute sur la manière dont elle envisage la violence que vient de commettre l'Angleterre contre S. M. le roi de Danemark.

S. M. Impériale est prête à remplir ses promesses. Elle veut être fidèle aux engagements contractés avec les cours de Suède et de Danemark , par le traité de 1780 et celui de 1800, dont les articles

secrets portent les engagements réciproques et formels de poser pour principe et soutenir que la Baltique est une mer fermée , et de garantir cette mer et ses côtes 'de toutes hostilités, violences et vexations quelconques, usant pour y parvenir de tous les moyens qui sont en leur pouvoir.

L'Empereur est donc prêt à concourir aux mesures que la dignité , l'intérêt destrois cours du Nord , et les engagements qui les lient , exigent d'elles , et c'est à cette fin , que le soussigné prie M. l'ambassadeur de vouloir bien, sans délai, porter le contenu de cette note à la connaissance de sa cour, et lui faire part ensuite des déterminations de S. M. le roi de Suède sur cet objet important.

Le soussigné saisit cette occasion pour réitérer à S. Exe. M. le baron de Stedingk , etc. , etc. , etc,

Le comte Nicolas Romanzoff,

Saint Pétersbourg , le 24 septembre 1807,

a52 MÉMOIRES POSTHUMES

Saint-Pétersbourg, le 28 septembre (10 octobre) 1800.

J'ai reçu mercredi dernier la note ci-jointe du comte Romanzoff , et je n'y ai pas fait d'autre réponse , que d'en accuser la réception , ainsi que des pièces qui l'accompagnent. Il y aurait eu cependant bien des choses à dire sur leur contenu, mais je n'ai pas osé me permettre de préjuger le sentiment de Votre Majesté , ni de m'expliquer avant d'y être autorisé. Les principes que cette cour réclame ont été soutenus par Votre Majesté avec beaucoup de fermeté et de courage, tant qu'ils étaient à soutenir, mais après l'abandon funeste que le ministère russe en a fait en

1801, au commencement du règne d'Alexandre, après celui , plus funeste encore , de ses alliés et de tous leurs droits, qui a été signé à Tilsit, je ne conçois pas comment la Russie peut songer sérieusement à faire revivre les stipulations de la neutralité armée , et la garantie de la sûreté de la Baltique. Il faut avouer que Tentreprise des Anglais sur Copenhague , est contre tout droit des gens , et qu'elle ne peut se justifier que par la nécessité ; mais cette nécessité n'est que trop réelle, lorsqu'on a affaire à un ennemi qui ne respecte rien , et qui doit une grande partie de ses succès à la bonne foi violée et au renversement de tous les principes d'équité et de justice. Il est triste que l'on soit réduit à le combattre avec les mêmes armes , et les maux qui en résulteront pour l'humanité sont incalculables. Il se pourrait pourtant que la misère et tous les malheurs qui naîtront de ce système d'iniquité, forceront Buonaparte à s'arrêter, et lui démontreront la folie de son ambition et de ses projets de conquêtes. Si le Portugal est envahi par les Français , comme il va l'être, et que laguerre éclate entre l'Amérique etl' Angleterre, on ne verra bientôt plus aucun vaisseau en mer, qui ne porte pavillon anglais, ou qui n'appar-

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