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Extrait dune lettre de M, /idair à M. Fox.
Vienne, 23 aoAt 1806. ( Page 122.)
J'ai rbonneur de vous informer avec une vive satisfaction que le comte Razumoffsky a reçu de Saint-Pétersboui^ des dépêches , en date du 12 du courant, renfermant un désaveu direct et formel de l'empereur Alexandre de toutes les négociations faites à Paris par M. d'Oubrih
* Le second volume des Mémoires de M. de Stedingk était livré à rinipression . lorsqu^on a publié en Angleterre les Mémoires de S. R. Adair. Nous extrayons de cet ouvrage , plusieurs fragments de lettres qui se rapporieiu Ji celles de M. de Stedingk.
I) y est déclaré qu'il a outrepassé à la fois ses instructions et ses pouvoirs ; la ratification des préliminaires est absolument refusée, et signification est faite à la France dans une note qui doit être, conformément aux ordres de l'Empereur, soumise à M. de Talleyrand, que la Russie ne consentira à la paix qu'aux conditions suivantes.
La France évacuera entièrement laDalmatie et l'Albanie; la Sicile, au moins, sera conservée à son souverain ; et le roi de Sardaigne sera indemnisé de hi perte de son territoire continental. L'Empereur déclare de plus que même à ces conditions , il ne signera la paix que lorsque toutes les hostilités auront cessé entre la Grande-Bretagne et la Fraace.
Les commandants russes ont reçu Tordre de ne faire aucune attention à M. d'Oubril, mais de considérer ce qu'il a fait comme nul et non avenu. L'amiral Siniavin , qui commande dans l'Adriatique, avait déjà donné avis au comte Razumoffskyde la signature du traité par M. d'Oubril; il avait appris cette nouvelle par ouï-dire, mais il ne la considérait que comme un stratagème de l'ennemi.
Dans la tournure nouvelle que va donner aux affaires cette mesure décisive de la cour de Saint-Pétersbourg , on peut s'attendre avec assurance à une reprise des hostilités sur une plus grande échelle. Je ne manquerai pa& d'engager cette cour à considérer sérieusement sa situation, et de lui renouveler l'offre généreuse de Sa Majesté,, dans le cas où se présenterait cette circonstance à laquelle vous faites allusion dans votre dépêche du 28 juillet.
J'ai l'honneur d'être, etc.
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LHtre de M, Adair à sirSidneySmilh.
vienne, 29 juillet 1806. (Page 319.)
Mon cher Monsieur,
Je vous écrivis le 28 du mois dernier. Un courrier sicilien porta ma lettre avec les dépêches du commandeur Ruffo au général d'Acton.
Je vous parlais dans cette lettre des négociations projetées entre la Russie et la France pour le rétablissement d'une paix générale, et de la présence de lord Yarmouth à Paris dans le but de coopérer à ce résultat, si on pouvait convenir d'une base raisonnable. Je vous indiquais également les conditions sur lesquelles il me semblait probable que nous devions insister comme formant cette base , et j'ajoutais que l'empereur Alexandre nous avait donné les assurances les plus positives de son adhésion au grand principe de négociation posé dans la correspondance entre M. Fox et M. de Talleyrand, savoir, la conclusion de la paix uniquement d'après un consentement mutuel.
47i APPENDICE.
Je regrette vivement d'avoir à vous iaformer que, d'après une lettre que j'ai reçue de lord Yarmouth le 21 de ce mois, il paraît qu'une paix particulière entre la France et la Russie a été signée à Paris le 20.
Les conditions sont ainsi qu'il suit : 1) révacuation immédiate de l'Allemagne; 2) la garantie réciproque de l'indépendance de l'empire ottoman ; 3) la Poméranie suédoise ne sera pas attaquée; 4) dans un article secret la Russie s'engage à obtenir du roi de Naples le consentement de recevoir Majorque, Minorque et Iviça en échange de la Sicile.
Vous voyez donc qu'on nous laisse seuls soutenir la lutte, et nous la soutiendrons, j'espère, jusqu'au bout, plutôt que de consentir à ce que la France possède la Sicile, et à plus forte raison, plutôt que de l'aider à enlever de force à son souverain légitime ce reste de ses États.
Je ne puis attribuer cette conduite de la Russie qu'au changement qui a eu lieu dernièrement dans le cabinet de Saint-Pétersbourg. Le prince Czartorisky a, en effet, donné sa démission pour avoir conseillé des mesures plus énergiques que celles que l'empereur Alexandre était disposé à suivre.
J'ai confié cette lettre à M. Matthews qui se rend en Sicile par Vienne. M. Matthews est secrétaire privé du général d'ArmfeIt, et il est au service de Sa Majesté Suédoise. Il m'a apporté une lettre confidentielle de M. Pierrepoint, en date de Stralsund, 16 juillet.
M. Fox a été malade, mais le 18 il était beaucoup mieux.
Depuis que j'ai commencé ma lettre, j'ai appris que lord Yarmouth avait remis à Paris ses pleins pouvoirs et qu'il avait ouvert les négociations. J'ai reçu d'Angleterre,
à la même époque , une lettre en chiffres dont je vous transmets copie.
J'en conclus que la France a cédé en ce qui concerne la Sicile.
Tout à vous, etc. Signé R. A.
Extrait d'une lettre de M, Adair à M. Stuart.
Vienne, 2 novembre 1806. ( Page S45.)
Il est un autre pointque j'ai pu observer et qui me donne la plus grande inquiétude: c'est l'état de Taffiiire de Cattaro. C'est peut-être un sujet bien délicat ^ tout ce que je puis en dire, c'est que , si on ne la traite pas avec la plus grande adresse , je prévois entre les deux cours la mésintelligence la plus fatale. Les demandes de la France ont été si péremptoires que, prenant en outre en considération ses derniers succès et la rupture de la négociation de lord Lauderdale, on s'est trouvé ici dans la nécessité de donner de nouveaux ordres pour l'attaque de la place. Permettez-moi donc de vous recommander de préparer le ministère russe à cet événement et d'empêcher qu'il vienne encore jeter du froid sur les relations qui existent entre les deux cours. Je ne vois vraiment pas que l'Autriche puisse se conduire autrement qu'elle l'a fait dans cette malencontreuse affaire, et quel que pût être mon regret de voir la forteresse entre les mains de la France,
il seraitencore plus déplorable qu'une jalousie maladroite à roccasion d'un objet aussi secondaire, causât Toccupation de la Pologne par la France. Cela serait d'autant plus à regretter que, dans le cas même où Gattaro passerait auK Français, il est impossible qu'ils puissent s'y maintenir tant que nous serons maîtres de la mer et alliés avec les Monténégrins. Du reste les meilleurs officiers d'ici, ceux qui connaissent le moindre pouce de terrain sont persuadés que pas un homme envoyé en Dalmatie par les Français ne nous échappera, nos affaires fussent-elles même médiocrement conduites dans ce pays.
SBS
M. Sluart à M, Jdair.
Saint Pétersbourg, 26 novembre 1806. ( Page 347.)
Mon cher Monsieur,
J*ai reçu votre lettre du 2 novembre , et le général de Meerfeld m'a communiqué la substance de dépêches par lesquelles le comte de Stadion le charge de réclamer mon intervention auprès de ce cabinet, dans Tespoir d'arran* ger les affaires delà Turquie, de manière à concilier les intérêts des deux cours, et à créer une bonne harmonie dans un moment où un accord mutuel est désirable pour agir contre Fennemi.
Cette tâche n'a pas été facile ^ car quoique je sois sur le pied de la plus parfaite intimité avec Meerfeld, et honoré de rentière confiance du ministre russe, l'irritabilité d'un côté et la susceptibilité de l'autre, ont créé des obstacles qui, selon moi, n'auraient jamais dû exister. Quoiqu'il en soit, les remontrances de l'ambassadeur au sujet de la déclaration relative à la Turquie, furent par ce moyen suffisamment adoucies pour engager le ministre à décla-
rcr par écrit qu'aucun projet de conquête n'influencerait la conduite de la cour de Saint-Pétersbourg vis-à-vis la Porte.
L'état des affaires en Prusse naeforçaalors à insister sur la nécessité de la part de ce gouvernement de se réduire du côté du sud pour concentrer vers la Vistule la masse de ses forces disponibles. L'armée en Moldavie ne monte donc plus qu'à 40,000 hommes, et le reste du corps de Michelsen a reçu l'ordre de marcher vers les frontières de Prusse.
Tous les arguments tendant à niontrer le secours puissant que peut rendre à notre cause la cour de Vienne, devraient déterminer les Russes à maintenir M. RazumofTsky dans son présent poste, et à différer, ou, s'il était possible, à ne pas donner suite à l'ambassade du prince Kurakin.
Le baron de Budberg m'a dit franchementqu'il condamnait cette mesure ; elle est la conséquence d'une intrigue de cour ourdie avant qu'il arrivât au pouvoir, et il ne saurait la révoquer. Il s'efforcera cependant de remédier à ce malheur en envoyant à Vienne le comte Pozzo di Borgo qui^vous remettra cette lettre, et qui a des instructions secrètes suffisantes pour traiter sur tout ce qui peut, dans ce moment, intéresser les deux cours. Le grand objet de ce gouvernement est de persuader à l'Autriche de s'armer et de prendre part à la guerre s'il se présente une occasion favorable. On sacrifiera à ce butCattaro et toute autre considération secondaire ; on espère qu'une déclaration réciproque obligera les deux parties à ne pas conclure une paix particulière et à ne pas tenir compte de la neutralité future et probable de la Prusse.
Stadion , Razumoffsky , Meerfeld et Budberg sont également intimes avec M. Pozzo di Borgo. Le choix qu'on a fait de lui satisfera donc probablement tous les
partis *, il me reste seulement à vous prier de le traiter avec confiance, et d'aider ses efibrts par toute l'influence que mérite la nature de son emploi.
Son voyage ne sera connu que de ceux avec lesquels il doit entrer en négociation immédiate. Je sais que dans cette transaction, il nous faudra agir souvent sans instructions positives , mais lorsque nous n'avons aucun moyen de communication avec le ministère, nous devons nous reposer sur notre jugement pour faire ce que nous croirons le plus favorable aux intérêts du gouvernement. D'après ces motifs je suppose donc que vous n'hésiterez pas à soutenir une entreprise dont dépend en grande partie la possibilité des mesures suggérées par votre dernière letti'e .
Conune vos lettres d'Angleterre devront passer par Saint-Pétersbourg ou Trieste quand on connaîtra à Londres la situation présente du continent, je suis d'avis que des communications fi*équentes soient maintenues à l'avenir entre les deux missions.
Je vous adresse, ci-inclus, des extraits de mes dépêches relativement à la Turquie, ainsi qu'une copie de la déclaration de la Russie à ce sujet , copie que j'ai également transmise à M. Arbuthnot.
J'ai l'honneur d'être, etc. Charles Stuart.
^^m^m^mi^Am
Extrait d'une leitre de M. Mair à M, Stuart.
Vienne , 0 décembre iSOO. ( Page 3&9.)
Mon cher Monsieur,
Le départ d'un courrier pour Saint-Pétersbourg me donne Toccasion de vous écrire et de vous informer de la situation où sont aujourd'hui les affaires à cette cour.
Je reçus le 3 du courant une lettre de M. G. Jackson datée du quartier général du roi de Prusse , m'informant que Sa Majesté avait rejeté l'armistice proposé in toto^ et s'était mis entièrement entre les mains de l'empereur de Russie. Sa Majesté, ajoutait-il, espérait vivement que, pour engager cette cour à se mettre en avant, on réclamerait l'intervention de la Russie , par l'entremise de son ministre ici , ainsi que ma coopération zélée avec lui et le comte de Finkenstein. La lettre renfermait de plus une demande du comte Woronzow, afin que je fisse au comte Razumoffsky la communication ci-dessus.
Depuis mon arrivée ici je n'ai jamais manqué de représenter au gouvernement autrichien le danger imminent