MÉM01BES POSTHUMES
DÉPÊCHE DE M. DE STEDINGK AU ROI
Saint-Pétersbourg, 27 juillet (8 aofit} 1805.
Ce n'est pas un courrier, comme j'ai eu l'honneur de le mander à Votre Majesté , mais M. d' Alopœus lui-même qui lui portera la lettre de l'empereur. J'en ai été prévenu hier au soir, et si tard que je n'ai le temps que d'ajouter quelques lignes à ma très-humble dépêche de mardùdernier, dont la copie se trouve jointe ici.
Le départ précipité de M. d'Alopœus a pour objet de s'assurer d'autant plus promptement d'une réponse favorable de Votre Majesté , et il est certain que le temps presse et que de cette réponse
dépend en grande partie le pian , et j^oserais presque dire le succès des opérations futures. D'après les informations que M. d'Alopœus a données ici, et la différence énorme qui se trouve entre les subsides que .l'Angleterre veut donner et ceux dont Votre Majesté a besoin , l'empereur commence à désespérer de la coopération active de la Suède, et il ne s'agirait plus en ce cas que de mettre la Poméranie suédoise à couvert de toute entreprise de la part des Prussiens et des Français. Dans la conjoncture actuelle , il faut se méfier autant des uns que des autres , et il est impossible de prévoir quel parti prendra la Prusse , lorsqu'une armée de cent mille Russes exigera le passage par les États de Sa Majesté prussienne. Quand même elle ne se déclarerait pas d'abord, elle ne manquerait pas de profiter de la première occasion , du moindre revers qu'éprouveraient les puissances alliées pour se mettre en possession d'un pays qui a tenté son avidité en tout temps.
L'engagement qu'a contracté l'empereur d'assister Votre Majesté si elle est attaquée ; l'avantage infini d'avoir un corps d'armée prêt d'agir en cas de besoin sur le flanc des forces prussiennes ; la nécessité de ne pas livrer aux ennemis une pro-