CHUTS DU MINISTERE LAPFITTB* S
réduire œtte question de la république à n'être plus qu'une question de mots. La république est là où la loi est souveraine, là où le gouvernement est établi dans Tintérét de tous et où tous y concourent dans la proportion et sous les conditions déterminées par les lois. (M. Audry de Puyraveau et autres membres de la gauche : Nous ne l'entendons pas autrement.) Envisagez donc et de sang-froid et sans vous laisser troubler par de vaines terreurs la véritable position. Notre révolution ne date pas seulement des troi^ grandes journées ; elle remonte bien plus haut : elle a commencé le jour où l'élément aristocratique privilégié a été détruit en France. 11 n'est pas en votre pouvoir de le reconstituer : les aristocraties ne se font pas à volonté; lorsqu'elles existent, on traite avec elles ; mais, lorsqu'elles n'existent pas, il faut bien chercher ailleurs d'antres éléments de force sociale. (Sensation.) Messieurs, ces matières sont bien graves pour être traitées ainsi inopinément, et j'ai vraiment à demander pardon à la Chambre de les avoir abordées. (Non , non !) Porté comme par une secousse imprévue à cette tribune, et voyant les principes qui m'ont dirigé et me dirigeront toute ma vie attaqués, j'ai dû les défendre. Je compte sur l'indulgence de la Chambre. Ce que je puis lui garantir, c'est que de simples dissentiments d'opinions n'altéreront en rien les sentiments d'estime que je porte à des hommes dont je ne mets en doute ni la sincérité ni la bonne foi. Je combattrai avec une indomptable énergie leurs tendances, que je crois dangereuses, tout en leur concédant cette large tolérance d'opinion qui est dans nos mœurs en général, aussi bien que dans mes habitudes particulières. (Mouvement très-marqué d'adhésion.)
Tel fut mon début à la tribune : il rencontra la faveur de Topinion libérale ; et, quoi qu'il contrariât les vues du parti conservateur, il fut accueilli par lui avec une certaine bienveillance.
Entre ces deux opinions formulées par M. Guizot et par moi, une troisième, qui plus tard prit une grande importance sous le titre de tiers parti ou centre gauche, se dessinait déjà par l'organe de M. Dupin. Rectiliant cette phrase de M. Guizot : quon avait choisi
â dessein la nouvelle dynastie parce qu'elle était le plut près de rancienne, il dit :
Entre Louis-Philippe et le trône il y avait assez d'intenralle pour que son avènement ne fût pas celui de Thérédité. (Bravo ! bravo !) On l'a choisi, ajouta-til, non parce qu'il était de la famille, mais quoiqu'il fût de la famille: à la charge, non pas de lui ressembler, mais d'en dirréreressentlellemeat. (Nouveau mouvement d'adhésion.)
Après ce jeu de mots sur le quoique ou le parce que^ qui <''tait à Tadrosse des doctrinaires et qui eut un grand succès dans le public français, Torateur donna son coup de bascule, selon son habitude, et nous attaqua.
II ne faut pas, dit-il, se laisser abuser par une fausse popularité, qui a été un écucil pour tant d'hommes habiles et purs : le peuple a ses flatteurs comme les rois. Ceux-là le flattent qui lui supposent une capacité que lui-m^nie ne réclame pas. Il est plus franc de dire aux masses : Vous n'y enlcmloz rien : luis^scz le commandement à qui a servi, étudié; de m(>me que, si vous entrez dans leurs ateliers et que vous prélrudicz manier leurs outils, ils vous diront fort bien : Laissez cela, vous n'y entendez rien, vous allez vous blesser. 'Marques d'approbation.)
A ces génc'Talités je n'avais rien à répondre : car je ne rech(*rchais pas une vaine popularité et je n*avai8 nulle envie de céder aux pressions de lu rue, ni même <Ie <lescendre jus(|u'au suffrage universel, bien persuadé que c«* serait le chemin du despotisme bien plus que celui de la liberté; mais M. Dupin, avec l'intention évidente de m'attaquer pers(»nnellement, ajouta:
Vainement la tête délilH>re là où le bras n*af;it pas..... vainement le ministre de l'intérieur combinerait un sage système d'administration, si les préfets n'agissent pas eo conformité, «'le...
Cette allusion ù mes dissentiments avec M. Guizot»