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249 MÉMOIRES D'ODILOK BARROT»
considérables ; le Trésor coosentil mèmeàrembourser une somme de plus de quatre miliioiu que Laffitte avait avancés à la république d*Haîti, bien que ee remboursement n*eût pas été autorisé préalablement par un vote des Chambres : ce qui nécessita un bill d'indemnité, accompagné cependant de blâme. Eo outre, une souscription nationale fut ouverte en ta faveur, qui atteignit un chiffre assez important. Enfin le roi consentit à lui acheter sa forêt de Breteuil , moyennant dix millions, qui senirent à parer aux besoins les plus urgents'. La position financière du président du conseil n*ea restait toujours pas moins menacée, et sa position politique, par suite, très-gravemeat affectée.
Cependant le roi se serait difBcilement décidé à se séparer de celui qui avait été, en quelque sorte, Tun des parrains de sa dynastie, si deux circonstances n'avaient forcé en quelque sorte la chute du minis» tere.
M. Laffitte s'était nettement prononcé contre Tifttervention de TAutriche dans l'insurrection des Roniagnols, et il avait donné des instructions en censé» quence à notre ambassadeur près la cour d*Antricbe, M. de Saint-Aulaire. Hais le roi commençait dès Ion ce jeu dangereux qu il n'a cessé déjouer pendant toole la durée de son règne, celui d*une diplomatie dottbie, et il avait adressé à ce mémtî ambassadeur une dépêche qui contrariait les instructions du ministre. Celui-ci lavait ignoré; il le regretta vivement et s^eo plaignit hautement.
Lautre circonstance se produisit à Toecasion de la dissolution de rassemblée. L*opinion se prononçait
1. Les journaux du teiopi ont beaucoup retenti des pUinUi d» M. LaflUlf l'oiitrr rv marctiè, iprilqualillait d'om'nuu. Ce* plainlM nVt.iirnt pa^ roiid^es: car, danr la Biluation dt)nni''t\iH' marché ravail uuvé d'une faillite, ci il ne devaii que de la reeoDiwiasaBce an nt
CHUTB DU MINISTERE LAFFITTB. 343
de plus en plus énergiquement pour cette dissolution ; des groupes menaçants se formaient journellement aux portes du Palais-Bourbon, et il avait été nécessaire d'appeler des troupes pour protéger les députés. Le ministère hésitait à se prononcer; mais enfin M. Laffitte, itérativement interpellé sur ses intentions à regard de cette dissolution et affectant de prendre le change sur le sens de ces interpellations et de les considérer comme l'expression d'un vœu, déclara que, puisque la Chambre était d'avis de la dissolution^ il prendrait les ordres du roi. La majorité, furieuse d'avoir été ainsi jouée, ne pouvait plus donner son appui à un tel ministère ; et, d'accord avec le roi, qui de son côté voulait garder encore la Chambre, il fut résolu .qu*un nouveau cabinet serait composé.