INSURRECTION DB JUIN
à Votre Majesté d*examiner si la politique de vos ministres n'est pas pour quelque chose dans cette surexcitation de Topinion populaire, et si, dans ce cas, il ne convient pas de changer cette politique...
— € La politique de mes ministres, interrompit brusquement Louis-Philippe, je ne sais ce que vous voulez dire. Sachez, Messieurs ^ quil n'y a qu'une politique, et c'est la mienne. Essayez de me persuader, etfen changerai; mais jusque-là , dût-on me pikr dans un mortier, je ne m* en départirai pas /. . . . »
Nous fûmes comme stupéfaits de cette déclaration : nous nous disions tristement, en sortant des Tuileries, que si nous avions fait une révolution pour remplacer le gouvernement personnel de Charles X par un gouvernement vraiment parlementaire, nous avions eu la main malheureuse. La chute de ce gouvernement, qui niait si absolument la condition même de son origine , nous apparut comme fatalement certaine, et nous convînmes de rédiger en triple expédition le procès-verbal de cet entretien, comme pour en prendre acte devant rhistoire. On trouvera aux pièces justificatives une de ces expéditions, revêtue de nos trois signatures •.
Cependant l'insurrection vaincue eut les résultats que j'avais prévus : elle produisit dans l'opinion publique et surtout dans la Chambre une réaction violente contre l'opposition ; et , ainsi que l'avait dit Armand Carrel , j'eus à en répondre.
La victoire avait été facile; l'attitude de la population parisienne était pleinement rassurante : le gouvernement pouvait donc sans aucun danger, et même à son grand profit, se faire honneur de sa modération , et s'abstenir de recourir à des mesures exceptionnelles. Le roi lui-même , dans noire entrcMie, nous avait assuré qu'on n'aurait pas recours à l'état