‹ Mémoires posthumes (volume 2)Chapitre 59 sur 65 · NM · texte numérisé non relu

NM

Séance du 19 mars 18i5«

La Chambre des députés des départements, considérant que Bonaparte s'avance vers la capitale, suivi d'une poignée de soldats égarés^ avec la prétention de remonter sur le (r^nc de France; qu'une stupeur inconcevable et des trames criminelles ont secondé sa marche, qu'il est instant del'arrôler pour prévenir une guerre civile des plus affreuses, et les ont reprises que les puissances voisines pourraient tenter contre la France, sous prétexte et à la faveur de nos dissensions;

Considérant que la nation française s'était levée en masse en 1780, pour reconquérir, de concert avec son roi, les droits naturels et imprescriptibles qui appartiennent à tous les peuples ; que la jouissance lui en est assurée par les constitutions qu'elle a librement acceptées en i79i, en l'an III et Pan Mil; que la Charte constitutionnelle de i8l4 n'est que le développement des principes sur lesquels ces constitutions étaient basées et son application au système qui s'est établi à cette époque ;

ConsidiTant que depuis i79f tous les gouYernements qui ont méconnu les droits de la nation ont été renversés et quo nul gouvernement ne peut plus se soutenir en France (Iiien suivant très-exactement la ligne des principes constitutionnels;

Que Bonaparte les avait tous méconnus et violés, au

nG-2 MÉMOIRES D'ODILON DARROT.

nn''pri> i\v< prniK'iils Ifs pins M»lriiiirls vX les plu» sacré.-; qiif, coiilro rimijiR'ur et l'iiilrivl tW. la nation, il avait oiitropn> 1"S ^urrivs hrs plus injustes, vi sacrifié pour los soutenir Injili'S lirs rossourcr's «Ir l'État en hommes cl en apL'iiit. riili>\r à toutes les familles tout espoir de régéouratii»n,;in\ sciences, aux arts, loutes leurs ressources;

Cnnsiili ranl qu'après avoir fait périr dans les neiges de la lius^ie la plu> l>elle armée qui ait jamais existé ; aprê» avoir sacrifié pour la campairne de iHi'S tout ct: qui u'»us reliait ilf movens de défense et avoir mis la nation françai>e daii:* la po^itiori la plus fàcheusi' où elle sesoit jamai-* trnM\i'«-. il ri'rn>a de renoncer aux pnuvoirs qu'il a^ai u>nr|'i^. *'[ de reconnaître lefr dmits de la nation qui lui otVr.'iil «iH'iire. à ci-tte ci»nditinii. par l'nr.L'anif de ses repr*.*seiil.'iiit?, de le tirer <le l'exlrémi' emliai ras uu il sVlait mi>:

('i<*n>idéranl qne.par relléldesonolistinalinn, le territoip' haniai^ a été envahi en 1>^lKp«ir des arniéi'> innombrablt?s; que la France a été li\rée à tout«> les horreurs de la guerre; que, dan^ ces circonstances malheureuses, il lut du devoir (ie^ repre<>enlants de la nation de déclarer déchu de tout dp'it a la L-i>ii\i-rne[' celui ({ui l'axait plongée dans un abluitde c.tlaniilé«» alln-uses;

One lima parte recinnut al«irs lui-nn^nie qu'il s'était rendu indique de la conhance de la nation, et abdiqua, pnur lui et >cs enlant>, tout dndi à la cour«inne «le France:

On 'un \(iii f:énéral el spontané rappela sur le trt'iiie uae famille que la Irance était accoutumée à vénérer, et un prince qui, à l'époque de notre ré^'e ne ration, avait pui«sanuuent >eciintlé les ellorts que son au^'uste frère a\ait tait- piiiir- iip«*rer rellt^ ré;j;énération;

Cnn-iiinanl qmr le serment prèle, il y a deux jouf^, par l.'ini" Wlli et par son auL'Usle frère, de mainteoir iu\iolaltli ni> iii la (liarte constitutionnel le, asMire a la nation U j'>ui>since pleine et entière de m-s droits et (ail cesser toutes |i> crMiiiti-» qu'on aurait pour l'axenir;

Con>ideranl que loi'S4]ue la patrie e.'«t en danger, tous 1m citoyeu> m* il(>i\enl à sa defen^' ;

Prend la re^Mlulion >ui\ante qu'elle supplie le roi île couvert ir immédiat entent eu projet de loi.

I..1 (ihaiiiliri: cuii>ultéi^ par M. le pi*e>itlent dt*cide que U proposition du M. Augicr, (»rcccdcc dc« couabidenaU éc

PIBCKS JU8TIFICATITB8. 508

M. Barrot, sera imprimée et reoToyée dans les bureaui pour y être dtlibcrée de suite.

Lieutenance générale du royaume»

MM. le maréchal marquis Maison et le duc de Coigoy, pairs (le France; MM. le colonel Jacqueminot et deSchonen, députés, et M. Odilon Barrot, avocat à la Cour de cassation, sont charjrés de se rendre immédiatement partout où besoin sera pour veiller à la sûreté de S. M. le roi Charles X cl dos princes et princesses de sa famille, réunis auprès de sa personne, ainsi que de toute leur suite; et pour les aider et assister de tout leur pouvoir jusqu'au port de Cherbourg, où des bâtiments seront mis à leur disposition.

Paris, ce i août 1S30.

Signé : Lodis-Puilippe d'Orléaus.

Lf C(f^nlni^^^lir^ provùo^e au dépoT' Le Commissaire protisoire au dépar^ t'iiunt de r Intérieur, iernent de la Juxtice^ •

Siijné : Glizot. Sigm : Dupont (de l'Eure).

Lf Cnfiimi^sdirr provisoire au dépar' Le Commissaire provisoire au dépar» ttm'.nt df la Guerrej tentent des Fimiuces,

Si'jné : Comte Gérard. Signé : Louis,

Garde nationale de Parié.

HAtel de Yille, oe 1830.

Le G^:7féaAL commandatit en chrp.

Voilà, mou cher ami, la lettre que vous me demandez; jo vous dirai que la conversation des officiers de la parde national»' sur la manière dont tout cela s'exécute a été satisfaisante, cl \ous vous arrangerez bien avec lui. Sa télé est

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vive, mais son ùinc est généreuse, il a tout ce qu'il faut pour persuader.

Mon cher Odilon, je rerois de tous côtés des plaintis. Le pouvoir départemental et municipal est dans les niaiiK do nos ennemis. Le mouvement patriotique est réprime partout : à Sens, par exemple, dont les députés sont venu* me trouver dans un état d'exaspération la plus vive, il faut révoiulionutT (vous évaluerez cette expression tous les départements, de manière que les amis de la vraie librrté ne soient pas comprimes par les roîalistes, et devancés par des imprudents. Le temps presse : les déclarations de M. le duc d'Orléans sur sa situation provisoire et la souveraineté nationale pourront Taire un grand bien à nous et à lui. Joubert vous porte cette lettre; faites-le parler à M. le duc d'Orléans. Il n'y a pas un plus juste appréciateur de l'opinion publique; vous savez qu'il avait courage, franchise et sagesse.

(icor^e ira ce matin au Palais Hoîal; dites-moi l'heun? qui serait la plus commode .lu prince qui m'a parlé de lui avec sa vieille amitié d'Amérique. Georges lui dira aussi ce qu'il pensif sur notre situation à tous. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Styné: Làfatette.

Garde w.itiowile de Paris»

ll«>tel (K> Ville, w 18: <

Lk gknkral commandant ex cuef.

Mon cher ndilon Barrot, vous savé/ que la missinn dont \nus étfs rliarp; a rtô unr de no-* pruniitTCs occu|iations ol \ous lrou\iTiîz l*i>cque » rnvoyé par la commission et moi. J'ai n |Hiiiiiu hier à sa lettre, et It'S rens*'iirnrments n-niis par It's di'ux nriicit'rs porteurs de sa lettre et de ma K'ponf«* vuus sf>nt n>nuus. licecM'/ mes vaux et mes leudres amitiés.

Signd : LArAYcrne.

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