‹ Mémoires posthumes (volume 2)Chapitre 60 sur 65 · Sam doute Bcauvaii-Poque · texte numérisé non relu

Sam doute Bcauvaii-Poque

PIÂOBS JUSTIFICATIVES. 565

A Monsieur le général Lafayette, commandant de In

garde nationale.

Nous avons traversé le camp ennemi et l'avons trouvé plus fort que nous ne le supposions. 11 y aurait eu beaucoup de sang versé ; nous avons heureusement déterminé le roi à partir de suite avec tout son monde; voilà donc une victoire qui n'est pas ensanglantée et cela est dû à votre énergie et à votre rapidité. Nous n'avons pas besoin de vous recommander de ménager le sang des soldats non combattants qui resteront à Rambouillet; vous êtes trop brave pour n'être pas généreux.

Le colonel Jacqueminot sait notre itinéraire sur Cherbourg; il nous rejoindra à la première ville, ce que nous désirons bien tous trois.

Recevez, général, tous nos sentiments d'estime et de cordialité.

Signé : Ooilon Babrot.

N* 5 bis.

A Monsieur le général Pajot.

(lÉNKRAL,

Vous Douvez arrêter votre mouvement ; nous venons do détorniiiicr le roi à partir à force de lui faire peur ; ses forces étaient considérables et bien posées. Le maréchal Maison n'estime pas à moins de dix mille le nombre réuni.

l^'c»'^oz, général, tous mes sentiments d'estime et de cordialité.

Signé : Odiloii Bahrot.

506 MEMOIRES D'ODILON DAHROT.

N« 5 ter.

Au duc d*Orlcan$,

MONSKIOSEUR,

C'osl avec l»oiili«'»rtïiir. nous vous annnn»;«»ns le «urr»-> Jinolnr iiiis>iijn; !•• roi si; «IcliTuiine à jarlir avec loule >a famille. Nous lui a\"»ii5 lait culi'iulro i\\\c l'inlcivl *«^ul de sou [n*til-fils |M:iu\ail le dOlcimiiitT à ii>i>l«T il à vi-r^cr cncniv'lu san::; mais qu'il \alail rncnir iiiii-ux, *\w-\ qu'.- Tût l'avL'iiir (11' o«'lti' cause, qu'elle rotât pun: «hr tiMiti-xinli-riCe et de eonllit sau^/ianl. Celle raisnu a paru le iiêl« ruiiuer.

(.^ei:u)»ez-v(iu:» «lonc de douner sali>racti<in à ce que peut exi.L'er de raisoiiiialile le principe républicaiu; car J*- crois que c'est là Milr>*. seul i.nin-mi redoutaldo : le:i parli^au» (le la faniille déchuo s'en ronstituoronl les auxiliaire*.

Vous avez, prince, pour coiidiallrc ci'l ennemi, celle franrlîise, eette l]<.inMt''trté de cieur, l'rtte ?»inqilieilr de m i-;ir» qui doivent \uus faire Iriouqiher. .Nuu> vous écrirons a\**c le? plus L'rau'ls ilétaiN tiiuo \r> inei(Ienl> tic uidn* xoya^e.

hieii \euil](' i{u'il se ti-iuiine iii-ureu.Mriiient !

Jf .-«uis a\ec le plus pr»f«iuil respect, Monsi'i^rneur. Je Vnire Alteàse royale, le liL>-hundile et tn'"s-n|ifi<isanl ^'-rviti'ur,

Siguv : i idilo.n Uabbot.

Monsieur Guizot à monsî^ir Chîilon Bnrrot.

Mnn cli»T ami, S. A. U. me charge, de vous écrire quelquirs iiixt'*. hi-inaiii iiu iirL'ani'^iTa pnur vi>u< un M>r\ict* n-irulirr de eMurrii'r>. .Nnii^ unu^ lelicil<iii<. du caluif rt dr* la oiin%e* nauei- a\i'e |i-o>|Ui'ls >'aeeM[nplit \Mtre VtiyaL'e. Vniis auivi (•Il piutnt la II. mec aura dMinif làà rrair>i|M- uu Immii ot rare spi i'i.H'li'. S. A, K. m'nrilunne de vuuseu lenKiiLMier >a «ali^ lactiuu particulière.

Vous dnvcz avoir déjà rerii, et vous recevrez ces jours-ci l'arp^eîil dont vous avez besoin. M. le baron Louis vous a fait expcditT, sijt» ne me trompe, à deux reprises, 500,000 fr. eu or; il a de phis adressé à Cherbourg B00,000 fr. en or <|ue le roi avait désirés. S. A. R. espère donc que les ennuis qih'. vous avez essuyés en ce genre ont tout à fait disparu. KII«' vn a été profondément adectée.

r.Cst à mifiiiil que jo vous écris, eu rentrant chez moi. Je no puis donc aujourd'hui faire prendre vos lettres cliez vous, non plus qut' celles de M. le maréchal et celles de M. de Schonen. >ous vous les enverrons demain ainsi que les journaux.

Adieu, mon cher and, S. A. R. vous recommande de l'informer en détail, comme vous l'avez fait jusqu'à présent, des incidents de votre voyage. Mille amitiés de ma part à M. de Schonen. Vous savez si je suis tout à vous.

Signé: Gcizot.

N«7. Monsieur Guizot aux commissaires,

Parîf, 8 août 1830, 1 hear« dn matiii.

Messieurs,

S. A. R. Monseigneur le lieutenant-général du royaume m'ordonne de répondre à votre lettre datée à Laide, du 6 de ce mois. S. A. H. désire avoiravec vous des communications plus fréquentes. Vous recevrez, à partir de demain, deux estafettes par jour, et vous voudrez bien les renvoyer l'une et l'autre à Paris dans la journée. S. A. R. m'ordonne' eu même temps de vous envoyer un secrétaire, dont vous mau<ïuez. M. Kmile Charelon, que je vous envoie, est un jeune lir.iiune lutelIiL^ent et qui a une bonne écriture. Messieurs les commissaires peuvent le garder auprès d'eux jusqu'au terme de leui" ini<-inn.

Ouaiid NJendra ce terme? C'est une question qu'on se fait de tnnli< p.nts. La lenteur du voyage de Sa Majesté le roi Charles \ est uu sujet de surprise cl d'agilatiou ; il y a même

5()8 miImoires d*odilon barrot. ,

quelque motif de craiadre que tout alentour des lieux que Sa Majesté a traversés ou va traverser, cette agitation ne pouj^^e la population méfiante et irritée à se porter sur la route de Sa Maj(.*sté et à l'inquiéter dans son voyage. Si vous pouviez attirer sur une situation si grave l'attention de Sa Majesté et la déterminer à accélérer sa marche, vous rendriez, je crois, à Sa Majeslé et au repos de cette partie du royaume un véritable service.

S. A. H. et son cons<'il désireraient ôtre exactement informés du nombre et de la nature des troupes qui n*stent encore autour de Sa Majesté : vous voudrez bien également. si ce nombre Nient à diminuer de jour en jour, tenir S. A. R. au courant dt; ces variations.

Pour vous donner une idée de la façon dont les étrangers ju^'eiit ces derniers événements, je vous envoie deux numéros des journaux anglais le Sun et le Moniing-Pott; je n'ai rien à ajouter à la lecture que vous en pourrez faire.

Quand vous serez arrivés à Cherbourg, où vous trouverez tout prêts les bâtiments sur lesquels Sa Miiyestc le roi Charles X et sa famille doivent s'embarquer, vous prendrez soin que messieurs les gardes du corps et autres troupes qui accompagnent Sa Majesté ne soient pas simplement renvoyés en gardant leurs chevaux et leurs armes; ils doivent les rendre exactement, comme il arrive toujours en cas de liceneiement ; vous voudrez bien veiller à la remiM et à la conservation de tous ces objets, jusqu'à ce que S. A- K. %ous ait a«lressé ibî nouveaux ordres.

Je ne vous parle pas du progrt'S des événements qui se développent à INiris et partout, avec une puissance irrêsistible ; vous trouverez à ce sujet dans les journaux tous les détails qui peuvent vous intéresser.

Celtir lettre vous sera remise par un officier que le général (iérard \nu> envoie et qui reviendra sur-le-champ à Paris; vous !«■ ehar^'erez pour S. A. it. de toutes les dèp^hes el ren>ei^'Mt nifiits ipie vous pourrez avoir à lui remettre.

Au'n-fz. Messieurs, l'assurance de ma haute consideralîoD et de tous mes sentiments,

Le tummUiaire yrotùoire eu J/parlememt 4t tlmUHétw^

Signé: Gtizor.

Lettre de M. Guizot^ commissaire provisoire rharqé du département de Vlnténeiir,

Messibcrs,

Nous n'avons reçu ce malin aucune nouvelle de vous ; il parait que les communications sont momentanément interrompues. L'elTervescence de la population de Paris et des déparlements environnants devient grande; on parle de se porter en masse sur la route de Normandie jusqu'à ce qu'on ait atteint le roi Charles X,et en soulevant partoutle peuple sur son passage. Si une fois ce mouvement éclatait, il serait absolument impossible de le contenir et d'en prévenir les suites. Portez-le immédiatement, et dans les termes les plus positifs, à la connaissance du roi Charles X, afin qu'il ne s'aperçoive pas trop tard des périls attachés à la lenteur qu'il a jusqu'ici apportée dans son voyage.

Les deux Chambres se sont réunies ce matin : monseigneur le lieutenant-général du royaume a accepté les propositions qu'elles lui avaient adressées, et après avoir juré d'en observer fidèlement les clauses, il a été immédiatement proclamé roi, aux acclamations universelles. Nous vous envoyons le procès-verbal de cette mémorable séance et expédition des actes qui y ont été lus. Ils ont produit dans Paris le plus grand ciret. Le roi Charles X en aura sans doute connaissance.

Nous ne saurions vous trop recommander de faire tous vos efForlspour lui persuader qu'un prompt départ en poste, ainsi que nous l'avons dit dans nos dernières lettres, est aujourd hui pour lui une résolution nécessaire et le parti le plus sur.

ALM-éez, Messieurs, l'assurance de ma haute considération.

Le Commissaire provisoire chargé du département de ffnt^riew.

Signé: GuizoT.

raiiâ, 9 août 1830.

TilO MÉMOIRES D'ODILON BARROT.

Parii. le lOaoAt I!I30.

Mox CHF.n roLLvV.rr,

Nous rrnvoii^ <lr> ronimi-saires fin roi auprès «J»^ (iharlrs \ (l«s «liprrlic^ «pii iiiiiis annoncent i]ii4' l<>iitL* I.! siiih' iU' l'-liarl»- .\, à r»»\n«pti<>n «Irs p^anlos du curp^, • -l lir«*nrit'«', qu'il -j'»"»! «liriilr à nccrltTcr son \r»NavP, **i 'lu'il coucln'ra ri- snir à iJMul»''. 1.»' roi ui'i»nlMnn»;cnciiii?ri|Ui*nce tUi vuiis «'nir;ïi:i'r à susju'ihIiv IfS nii'*un's quir voiisavit'z ftè oharv»' *1«" pHMnln*; il nfsl pas liiiilihMltMii'rni'Mri.T àportt'e <r.\ i'o\rriir |»i'i»mi»lt!UH'nl, si ci'la rtait iii'crssairr: mais rien (l'iutiiquaul aujounTliui celte ncccssilê, il sut'lit lic >o tenir vu rtal iloli-ij-nalinti.

|j> mi vioni <lo nnninirr M. Hauilt' pri>fi>t \\c la Maiirhc, ri) rcniplar(Mn«Mit di* M-tiK^lnuruii'l. I] part inHii«'r«liatt.-nu'nt pour st; mniri' à son poslo,

.\L'n''i'/, mon rh»T fnJlrL'Ui', l 'assurance iJ«* ma consiiit-ration trr's-ilistin.urn'vî.

A '• Curnm it % 'i ire jtrrrivtirf nu * ft^fnrtnnrn t d< Vin tèrin^f

Si'jné : Gi'izuT.

Arfmtta.

SinK,

Arrivr< liii-r «laiis cette vilN.' à on/c hciirrs, et rint**nlioa «1«' <!liailt'> \ «tant ii'v >ri"»urn«*r, nous a\ons i-ru «it'X'iir lui i.jirf «lii'i' par W «lur •!•■ K.ij:i*«' ipn- f»* \t»va;;f fiait iN-aiil'Kiip tr«ip l'ifi:: et linirail |>u' t'iiinprnnii-ltri' >a ^ilri-ti- : que

MHI l'-milr i\r piiU\::il rlri- qu'lIlH" ("^rorlc il'lmiiUi'lir ft Il"n

i|i' uui'i'r'i-: «pi 1 .ijfp.iri'ii •!•■ •■'/:;i./i.s it «l»* ili\i*r-* ri»rp*

liait nii-riai-.irit . qm- r'it.iit tp>p mi tmp pru : tpq» p<>ur uni* ««iinplf i".,',ir :••. ir..|. p. n piui- uin- ariiHT ; ipril l.ill.ul pi'riiiii'f nu p.irti : I.ii-<>-i Ir-. r.in«>iio, n-n\i>\iT !«'> «MililAts autn's (pif lf« iMi'ili-^ «lu iMip», >iinplih«'r les lia^*ai:c*s et inarrli«T un p'-ii plu« \i(i'. l.i* maiiclial Marinonl vsl coo- \i -nu ii«* la ni-i'f»7>itf df l.iiri- ilniit à imA il(*maiiJt*s; il a rri'itnuu que lnulr la >t-cunti' ihi rui n-pusail eo iiou^i; il est

PlàCES JUSTIPICATIVR8. 571

allé chez le roi pour lui faire part de noire d<^marche et prendre les mesures nécessaires : nous attendions sa réponse, lorsque nous avons reçu la dépêche du 8, écrite à une henrc dir malin; nous donnerons communication à Charles X de cette dôptVhe, qui ne peut que hâter ses résolutions et faire cesser ses incertitudes.

(^Uj.inl an bruit que nous ne portons pas la cocarde tricolore, il e-t tout à fait dénué de fondement, et il est utile que noire «lenjenti reçoive à l'instant rat^me la plus grande publicité; qnnnd nous avons harangué les gardes nationaux à Mehin, à hreux, nous étions revêtus de nos écharpes tricolores et nous avons toujours porté la cocarde nationale.

Aux yeux du public et pour la suite du roi, si lorsque nous sommes entrés daris le cabinet du roi nous avons évité de .e blesser par des démonstrations inutiles, c'est par un sentiment de déférence pour le malheur et nullement par suite de menaces que nous aurions bravées et qui nous auraient portés à tenir une conduite tout opposée.

Kn un mol, nous ne pouvons nous reprocher les égards que nous montrons pour des femmes et un vieillard qui soni consacrés par une si grande infortune : nous avons été envoyés pour les protéger et non pour les insulter; et nous espérons iiuc ce n'est pas à des hommes qui ont depuis loni:teinps voiié leur tête pour opérer la révolution qui vient de s'accomplir, qu'on reprochera de la désavouer.

Le duc de Kaguse vient de nous proposer un changement à notre itinéraire; il s'agirait de se diriger sur GranfhiUe. Nous avons demandé une demi-heure pour en délibérer, et après avoir mûrement examiné les avantages et les inconvénients de cette nouvelle direction, nous avons décidé qu'il fallait continuer sur Cherbourcr: nos raisons sont:

r Hue l'itinéraire que Votre Majesté nous a tracé ne doit être changé que par des circonstances de force majeure;

2° ^>ue le temps que nous gagnerions, nous le perdrions par celui que les vaisseaux mettraient à venir dans le port de (irandvillc;

2^* Ou'à <irandville nous n'aurions aucune ressource pour le licenriement des gardes, pas de dépôt pour les chevaux, les arme<, etc.;

V° Ou'anivés à Cherbourg, et au cas d'hésitation pour reml<ar(|uemeut, nous aurions plus de ressources pour ]e déterminer.

573 MÂMOIHBS D'ODILON BARROT.

Nous avons fait connaître cette décision au maréchal, el nous partons demain à quatre heures du matin, pour aller coucher à Condé-sur-Noireau ; nous ferons treize lieues ; les autres journées seront à peu près aussi fortes.

Quant au projet de voyager en poste, le roi et sa famille ne s'y pnHcraicnt qu'autant qu'on emploierait la violence: ils se croiraient tous perdus. Le duc de Raguse n'a aucun espoir de déterminer le roi à cet égard. Peut-^trc M. Jacqueminot serait-il plus heureux?

Deux jours de plus dans ce voyage nous paraissent sans inconvénient, d'après l'état moral du pays; ils peuvent même avoir uu avantage de rendre l'épreuve de plus en plus décisive et <ie faire ressortir combien la révolution opérée est complète.

Le roi, d'après notre demande positive, se décide à ne coiis(.Tver que ses gardes ; il laisse ses pièces de cacon et les autres militaires détachés; il n'y aura plus autour de loi rien qui ait uiii* appaix'nce d'hostilité et par conséquent motif h l'irritation des populations.

l'ai l'hountMir d'être, avec le plus profond respect, de Votre Majesté. Sire, le très-humble et très-fldèle sujet*

Signé : OniLON Bariot.

Le//)*e de M. Guizot, comMissnirc provisoire eu dépariemaU

de l'Intérieur,

MKssieuRs,

Nous rt^ct'\ouà votre dépêche d'hier et nous sommes char* mes d'a\uir do vos nouvelles: elles nous manquaient alMOluiiii'iit d('piii> plus de 36 heures, et des bruits fâcheux coinim-nraitMit à rirculor. I.e roi est pleinement satisfait des détails <iui.> \i)iis lui donnez sur les niesun^s auxquelles vous a\t'/ déridi' 11' mi (iharles X ; plus son voyage sarcèlcrvra, plus If caliiif MTa prompt à renalln*. \o\ï< avez eu raison d'iii>i>tt'r pniir ( lirrhourg; c'est là que sont les bâtiments, qur l<iii> li> pri'paratifs ont été faits. Tout changement aurait pu enlralnrr des délais et des méprises. Le gênerai

PI&CES JUStlFICATIVBS. 578

Gérard donnera des ordres pour assurer la situation des militaires licenciés qui rejoindront leurs corps. Les paquebots qui vous attendent à Cherbourg ont ordre formel de ne poiut conduire le roi à Jersey, s'il le demandait. Des lies si voisines des côtes de France ne pourraient évidemment être pour lui un séjour convenable.

Nous regretterions vivement que vous vous fussiez mépris un moment sur ce que nous vous avons mandé au sujet de la cocarde tricolore. Le roi a pleine confiance dans votre fermeté aussi bien que dans votre prudence. C*est précisément parce que vous réunissez ces qualités si rares, parce qu'il était sûr de trouver en vous de dignes représentants de l'honneur français et de ses sentiments personnels, qu'il vous a chargés de cette importante et délicate mission. Vous vous en êtes acquittés de la manière la plus satisfaisante et la plus honorable. Le roi approuve complètement les motifs qui vous ont déterminés à vous présenter sans cocarde devant le roi Charles X ; vous ne sauriez lui témoigner trop de soins et d'égards, et puisque, sur vos représentations, il s'est décidé lui-même à mettre dans son voyage plus de promptitude, le roi n'a maintenant d'autre désir que de voir ce voyage continuer et se terminer ainsi qu'il a été réglé.

Le colonel Jacqueminot n'est point parti et ne partira point pour aller vous rejoindre. Quand le roi a pensé à vous l'envoyer, il n'avait d'autre but que de vous fournir une nouvelle occasion d'insister fortement auprès du roi Charles X pour qu'il accélérât sa marche. C'est aussi dans cette intention que toutes nos dépèches officielles ont été rédigées.

Vous trouverez à Cherbourg le général Hulot, qui a les in<ilruclions et los forces nécessaires pour faire exécuter le licenciement des gardes du corps.

Agréez, Messieurs, Tassurance de ma haute considé* ration.

Le Commiucàre provisoire au département de t Intérieur,

Signé : GcizoT.

Paris, iO août 1830,

574 MKMOIRES D'uDlLON ItARIlOT.

Lfttn dr M. O'Iilon Bnrrot, commissuire prrs df S. 3f. le roi

Charles X, au général Lafnytfte.

Gknkbal,

Voici le promior jour où je trouve a!«soz «le temps pour

v.»us vvAvc th:u\ mois sur noire voxatre, ou plulnt sur noire l(iil>. :!:i>nii'. qii<' lo pîitieiil >e plall à prûlon^rr. Lors^^ue iiuii> aviiit-i t-iil«\i> le roi à liamhouillet, il était entouré de 10 :i i'J. 111)1 hnininrs assez rL-»olu>. dans une bonn*.* pOHtiiiD (iil- ii(!ii>: par lO iiiccijs de canon. Si l'ulta^ue n'eùl pa> été I i-i-\> ui:*;. iJ > ;iut ail eu beaucoup de i.os amis lué«, et même a.i vu- d'isiii' \ii'tMi['o, t.'Mito la famille iv\.ile, massacrée ua liii.-',jiiii'!«', » nt ùlê à nolreréxolulii.m eerai.i«:li»re dcjrêDéii'sile el tU'. !ii>>'li ralioii qui en assure i'a\i-nir.

Nu II s a\«>ns la <:on science d'avoir iail une cbostr utile à noire pa\s eL à la cause que nous détendons; depuis ce m >nt<'iii. Ii> r«ji i-l la taniille royali- n étaient |iour nous que dv^ perMiiiin's cnnsacrées par le nialiieur, et nous a\on<^eu

pi.MIi' rilr> lnil> N't» êj'tl'd^ l'I n)éil.1 ji'meiit< qu'on d'iit d l'îll-

JitrUine: et. cependant, noiisriimnieneons à trouviT que le \u>a;:e esl trup liUf:; et nuufr pruvutiuuns aujourd'hui une e\|ili(:ali<in qui aura )»roliablemeDl pour résultat delehiler elde siniplilier le corlé.^e.

Le bru II a couru i]ue nous avions été forcés de quitter notre cocarde ; le fait est /Viujr, et je vou? prie personDeilement, général, de le démentir hautement : non» avouspu, dans les di-ii\ ou Inds \isites que nous avon« faites au roi, «'•vitrr df hlio-^cr -e« n';:ards par une atVeetatiou qui u était Iiiinne à rien: mais r'rst volontairement el par pure déférence «jur III >n> a\oii< L'ardi' ces inêna^'euients: la menace la pln^ iiidirecle non< rùl deU-rmiués à tenir une conduite lont a t.til >»|qiiiM'<\ ||or*< du rabinel du roi, eu pré5i*Dcedes populatiiiii> l't de la Miite du roi, nous a\ous toujours été revêtu- «l»- n<i* iitNi^'ii««..

Il ne l.tui pa- niildii'r, l'i ni-ral, que nous ne sommes pas des pMMier> et que notn- mis-ion esl toute d*humaiiité et de déférence. Je crois qu'un honorera plus uotro cause par cette fireneroâité, que par uuu brutalité qui, \'is-à-\'is de leminca

PIÂCB8 JUSTIFICATIVBS. S75

et (l'un vifillanl, pourrait bien ôtro prise pour autre chose qn»' pour du courage et du patriotisme.

h' iH* sais qu'imparfaitement tout ce qui se passe à Paris, et Je suis l)i(Mi impatient de revenir auprès de vous; mais nous ne serons guère à Cherbourg que le 14 ou le 1j, et à Paris vers le 20.

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