‹ Mémoires posthumes (volume 2)Chapitre 61 sur 65 · NM · texte numérisé non relu

NM

Paris, le 1 1 août 1830.

Mbssibubs»

\y roi a déjà fait répondre ce matin à votre lettre datée <l'hi«'r. a Falaise. Nous n'avons rien à ajouter à ce qui vous a été mamié par ordre <le Sa Majesté ; mais nous vous transmettons une lettre de Son Excellence l'ambassadeur d'Angleterre adressée i\ M. le duc de Luxembourg, et que nous vous invitons à lui remettre sur-le-champ.

Le roi (Iharlcs X craignant, à ce qu'il parait, que les bâtiments américains qui l'attendent à Cherbourg n'eussent pour <loslination de le conduire aux Élats-lnis, s'était adressé au roi d'Angleterre pour obtenir qu'un vaisseau anglais fût mis à sa disposition.

S. K. l'ambassadeur d'Angleterre prévient M. le duc de Luxembourg que S. M. Britannique ne pourrait accéder à celte demande sans troubler la bonne harmonie qui règne entre les deux* pays ; mais qu'il a re(;u la promesse la plus solenin^lle que les bâtiments sur les(|U('ls le rui Charles X et sa famill»- seront embarqués à Cherbourg auront ordre de le conduire partout où il désirera se rendre, en exceptant la France, la Belgique et les îles appartenant à la Grande- Bretagne qui sont situées sur les eûtes de France. S. E. l'ambas-adt'ur d'Angleterre ajoute que nulle appréhension de la uaturt' de celle qui vient d'être indiquée ne doit, dans les cinnii^iaiict's actuelles, retarder rembarquement du roi Charles X.

Agiccz, Messieurs, l'assurance de notre haute considération.

Lé Commissaire provisoire au département de rintéHtmr,

Signé : Guizot.

576 MÉMOIRES D'ODILON IIARROT.

Monsieur Guizot aux commi$$aire$.

Parii. le i I soût t liSn.

Messieurs,

Nous recevons à Pinstant intime voire lettre datre d'hier soir, à Condé-sur-Noireau. Puisque ]c roi CharlosX «i annoncé rintentioii do s'embarquer au«sitôl après son arri\ée à Cherbuu^K^ il e>t nécessairo que vous lui demandiez de vouloir bien indiquer à peu près le nombre des personnes qui s'embarqueront avec lui, et celui des tables qu'il Taudra entretenir sur les bâtiments pendant la traversée. Il est également indi>pensable que le roi Charles X désijL'ne le lieu où il désire être conduit, afin qu'on puisse évaluer d'avance le temps que durera la traversée, et prendre, pour l'approvi* sioniienientdes b:\tinionts, toutes les mesures convenables. Les instructions données aux capitaines commandant les bÀliinents n'exceptent des lieux où ils seront aulnrisis a conduire le roi (liinrles X, que les ports de France, de Kel- L'iqtie, et rareliipi'l des Iles de Jersey et Gueniesey et autres petites îles voisini's,

Veuill«"/ n<»us int'nruier sur-le-cbamp, par une estafette, des réponses que \ous aura laites le roi Charles \.

^récz, Messieurs, l'assurance de notre haute cunsidfration.

Signé : GuuuT.

SiBE,

M. dr I.;i PnuMnernye nnus a apporté une dépêche de \ntre Maji'>té. .Ntius a\nii< \aiiirin<>nt essayé de nous d iriser *»ur r.aen: h'^ équipa^n-^ de t'.liarli's X ctaifut tléjà partis sur la routi' d<> t'.tiiiilé, >'t il n'y a aucune po7*si!dlité de le *^*parfr de M'S éipiipap--*. Les raMMii> ri Irs corps détachés n^stenl à ArL'iMitan. où ils séJiiiiniiTniii anjnnrd'huî, et demain se rendront à Vineenne^et â Ver>ailles.

Il n'y a plus dans le cortège que les quatre compagnies des

PIKCKS JUSTIFICATIVES. 077

gardes du corps et un détachcmenl de gendarmes d*élite pour la garde des bagages. Celte escorte a perdu tout caractère offensif et ne nous inspire aucune inquiétude; quelques bruits de la formation d'un rassemblement à Fougères sont venus jusqu'à nous; mais il ne peut pas avoir assez de consistance pour nous inspirer des inquiétudes sérieuses. D'ici Jusqu'à Vire, toutes les populations sont parfaitement disposées et nous avons fait éclairer notre route par des agents sûrs.

Nous avons donné l'instruction au général Rémond de s'avancer sur Domfront, pour se placer entre Fougères, Mortagne et la ligne que nous suivrons. D'un autre côté, le général Hulot doit s'avancer au-devant de nous jusqu*à Saint-Lôf et se replier ensuite à mesure que nous avancerons.

Ces précautions seront probablement inutiles; mais nous n'avons cru devoir en négliger aucune dans une mission d'une si haute importance.

Un nous a renvoyé une lettre que nous avons adressée à Votre Majesté, de Maintenons le lendemain de notre départ de Kambouillet. C'est, sans doute, faute d'une adresse exacte qu'elle nous a été retournée; nous la renvoyons pour compléter notre correspondance.

(Pas de lieu ni de date.)

Lettre de M. Odilon Barrot, commissaire prés de S. If. le rai Charles X, à S. M. Louis-Philippe /•»'.

Sire,

Nous avons successivement reçu, pendant notre trajet de Vire à Saint-Lù, les dépêches qui nous ont été expédiées par les ordres de Votre Majesté.

Les lettres adressées au roi Charles \, à la duchesse de Berry, à M. le duc de Luxembourg, leur ont été remises. C'est avec une bien vive satisfaction que nous avons appris, par l'une (le ces dépêches, que l'Angleterre, dans le désir do conserver une parfaite harmonie avec notre gouvernement, va jusqu*à refuser à Charles X les bâtiments que, par un

scntiniiMil dr dénanct' ptu JustinL*, cepriuci' avait tlpmaniii-> à rélraii^'cr. Les nioiiv<;nu>nts (U* troupes cl df* pardos nationales opérés de tous cûlés par suite de terreurs entifroment chimériques nous ont causé quelque embarras : il im (Hurlait au caractère politique de notre mission quVIle s'accompUl sans aucun déploiement apparent de forces, et nous y aurion* réussi, sans de faux bruits qui ont répandu en tous lieui l'inquiétude.

Nous iïommes parvenus à faire renaître la confiance, et nous axons donné partout les ordres les plus préri^ pour faire rentrer les (fardes nationales elles troupes de li^'ue.

A la suite d'une entrevue que nous venons d'avoir avec le roi, il a été convenu qu'au lieu d'aller coucher à Carentan. nous ne ferons qu'y rafraîchir, que nous y laisscroos unr compa^'nie des gardes et irons coucher à Valoguts^ ce qui est un trajet de treize lieues; que là, le roi et sasuitiséjourneront pendant quarante-huit heures pour faire* toutes les dispositions nécessaires pour l'embarquement: renvoyer les personnes qui ne doivent pas s*embarqucr, de manière à ce qu'il n'y ait plus qu'à se rendre à Cherbourg et monter immédiatement sur les navires : ces disposiiiou» nous paraissent sages et nous sommes heureux de les avoir inspirées au roi. Il parait que les deux navires mis àia disposition du roi ne lui suffirent pas; il doit emmener avec lui deux cents personnes environ, trois ou quatre vnitur» et ur.e quinzaine de chevaux; et ces bâtiments, d'apn-s lo rapport qui nous en est fait, ne peuvent contenir que trente maîtres et quarante domestiques à l'aise; nous venons, en conséquence, d'écrire au préfet maritime de Cherbourg de disposer un ou deux bâtiments pour recevoir toute la saitc.

La population nous offre toujours le même accord et K^ mémos dispositions en faveur du nouveau gouvernement.

Nous avons rencontré ù Thorîpny un curé de canton qui nous parait parfaitement raisonnable et qui se rallie avec beaucoup de lovante au nouvel ordre de choses : doos l'avons cn^'açré à réunir en conférence les prêt nés de son canton et à leur inspirer ses bons sentiments.

Nous homnics avec le plus profond respect. Sire, de Voire Migestêfles très-humbius et très^béissants serviteurs

Signé : Odilox Bauorb

PlàcSS JUSTIFICATIVES. V79

Au quartier géaénl, Saiot-LA, le 11 août 1830. Arrivée à 3 heures du matin.

[Nota. — Écrit tor-Ic-champ au général Proteau et au géuérai Holot.) MONSIKUR LE MARÉCHAL,

Je viens de recevoir les ordres de M. le général Hafot pour prendre des dispositions militaires pour couvrir Carentan : il me dit avoir reçu des nouvelles qui le décident au mouvement qu'il vient d'opérer ce malin en se portant de Cherbourg, avec la garnison et la garde nationaJe, audevant de l'e.^corte de Charles X. J'ai les ordres pour me mettre à la tête des gardes nationales et me porter moimême à sa rencontre jusqu'à l'embranchement de la roule de Carentan à Saint-LÔ et Bayeux, pour y garder les voies.

J'ai été cet après-midi à Thorigny, où je croyais rencontrer Votre Excellence. J'y serai demain à onze heures, pour me concerter avec les commissaires du gouvernement et prendre vos ordres, à moins que vous n'ayez à m'en faire connaître par une députation de la commission départementale qui se rend près de vous.

J'attends donc vos instructions pour me fixer et fixer M. le général Hulot sur les appréhensions plus on moins fortes qui l'ont déterminé à ce parti.

Je suis, avec un profond respect, monsieur le maréchal, de Votre Excellence le dévoué subordonné.

Le maréchal de camp,

Vicomte Protkah.

p. s. — Le général Hulot est parti ce matin de Cherbourg avec cinq bataillonsde ligne, la garde nationale et six pièces de campagne et toutes les gardes naticoaleft qu'il pourra recevoir sur sa route*

Carcnlui, et 1 1

A Son Excellence monteur le maréchal comte Maison,

pair de France, etc,

MoNSIEUn LE MARKCHAL,

Je viens de recevoir votre lettre du 10 par laquelle vous

GSO MI^MOIRES D*ODILON ItARROT.

me faites coniiattre l'itinéraire du roi Charles X, oi \ou« iii'(*npa;:c7. à arn^ter ma inarolit> el, si je n'ai pas iJêpas$<* Sainl-L6 ou Carentan, à y rcsUT.

J'arrive à (larciitan, qui est le point que j'avai.s clini^i pour fermer rentrée «lu C.olrnlin : j'y arrêterai les {tardes nalit^nales qui m'accumpa^iit'nt et J'attendrai que vous vruiiliez hien m'éclairer>urrescurlrdu rui Charles X, sur sacompo?ilion, sa forée, r«*sprit «[ui l'anime, et surtout si \ous èli'S libre dans vos démarelies. 11 sérail hicn nécessaire que vous pus* hiez faire réduin; cotie eseorte le plus pos^ihlir; lu pa\a qui vous re^le à traverser est calme, mais Irës-pronniici- ; h les liabilants ne sont pas irrités par la vue d'une couleur qui n'est plus la leur et par l'apparence dfla rési»lance, ji* suis sur que vous serez content de votre passai?e; dans la supposition contraire, je crains des scènes désa^Téables.

A Cherbourg, il n'y a point de fourrages, pres^fue fNMut d'écuries, et ratlmini^tratiori sera très-emba^^a^!H■e de* elievaux qui resteront. Demain soir vous serez à Saint-Lû; k's tn»is ^M-ands dépôts de cavalerie sont dans ma diviïiou; si vous le pouvez, il serait très-facile de diriger cette i-scorle de cavalcrji' sur les dépôts de Caen, Aleuçou et tiïaint-ljN: le> ch('\aux y seraient bii'u traités et se trouveraient déduite tout nalun'IIt^nit'nt dans les mains nû ils doivent tomber. Je livre ces réllexionsà v«itre sagesse, eu vous priant de me répondre ici.

Le maréchal <!•' camp Proteau, qui commande le département lie la Manche, et que j'ai en\oyc au-devant de< commissaires du gouvernement, a («rdr*^ de faire tout ce qui pourra nous être utile <mi airréalile. gluant à nioi,j'ai,à Carentan, beaucoup plus de fnrees iprij ne faut pour eiéenter les oniies tlu >;ouv«Tnemtînl. Jt* désire que celte assurance vr»us donne la liberté d'aj:ir pour le plus frrand bien lie la lr:in()uillité publique. Je roterai toute la jouruêf «lu 1'.' à Carentan; si je n'entemts puinl parler de \olre tvceileijre, je retnurneraj le 13 à Cberbourc

J'ai l'honneur d'être. ;i\ec re>pert, mi>n>ieur leniarechal. Votre très-humble et tres-obei>sant ser\iti'ur.

L€ lieutenant yenerui.

Comte llt'LOT.

CareilUn, le 12 août 1830, à 11 heures du toir.

Mon capitaine,

Kn réponse à votre lellre de ce jour. Les gardes nationaux de BaytMix sont repartis pour Isigny seulement. Ceux de Coiitaiices ne sont pas arrivés; ceux de Cherbourg et Valogucs sont ici depuis midi, accompagnés de deux pièces de qnaliv, avec 150 gargousses et 9,000 cartouches, avec un chariot d(* fusils; malgré Tordre que M. le général Hulotleur a donné de rétrograder sur Cherbourg demain matin, ils ont tous répondu qu'ils ne voulaient pas retourner sans accompagner le roi, et qu'ils ne voulaient d'autres escortes près du roi Charles X qu'eux. Comme ils sont très-exaltés, il est nécessaire qu'ils soient tous évacués avant l'arrivée de Sa Majesté, pour sa sûreté, attendu qu'ils sont aussi exaltés que ceux de Carentan : ils sont au nombre de sept à huit cents bien armés.

J'ai l'honneur d'être, avec respect, mon cher capitaine» votre très-humble et tout dévoué subordonné.

Le brigadier^

Bouvet.

CarontaD, le 13 août 1830, à i heures du matin.

Monsieur le maréchal et messieurs les membres delà Commission*

Nous venons à l'instant, mais avec beaucoup de peine, de réussir à mettre en marche pour Cherbourg la garde nationale : nous l'avons vue défiler devant nous. Ils n'ont pas hésité à se rendre à la sommation que nous leur avons faite au nom de la Commission du gouvernement; etd'après cela, Sa Majesté peut se mettre avec toute confiance en route pour Valognes.

Monsieur le lieutenant général comte Hulot nous a aidé» de tout son pouvoir.

Signe : De Lapommerave.

Li maréchal de camp

Vicomte Protea»:.

Careiitan, le 13 août 1830, à miJi.

Monsieur le maréchal et m^ssinirs Ict commissaires du

yùuvtrwmait.

J'ai riionnt'ur de ^ous informer que l'arrière- garile de CliHi'lfs X pari dans ce inoiiicntdc Carentan, el que le passaL'c de ct' dôfilé sVsl opéré dans le plus grand ordre, et avpc le plus grand calme et tranquillité de la p<ipulatioa.

Jt> suis (Ml arrière le mouvement, et vous douncrai eiac^ teniiMil avis de ce qui pourrait se passer.

Je suis, avec la plus liaule di<«tinctinn el le plus profond respect, voire Irès-obéissant ct très-dé vr»ué subordouDé.

i,e marérhal de camp.

Vicomte K'botxau

Vo .>>

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Par H, le lianùl f^l.?.

3/' N^ /' »/ /'S /' S ^r,m m issu ires chu nji's d%iccomp*itjn*. r Sa M'tjrstc Chtrl'^ X,

L(^ rni a rfM-u vnlrc dépèrlie dalée du 12 août, àSaint-Lft. Sa Slajt'slé nHU-i char^-i' d»* \nus luiindcr qu'elle approuve loutfs Ifs dis[)i»sitions qut* vous avez pri«t*» el Ja rondaîU qui* \oiis av«'/ It'iiuc depuis \i>tri* dernière dêpèclie.

M. It' niini^trt' de la marin»', qui nous envoie cette d^pè* rh«> par otaiflti*, dnnne en même tenip< dcsordrt*» âOie^ liiiiir-:: pMiir \'>ii« faire f«>uriiir le >upplémeiit de na\iretn^ i-fs->.iiri> ;mi iran^finrl des persMiincs de la soilc de Sa SU* jr>î(' II' mi Lharl»"» \.

Al'ivi'/, Mr^^ii'ui •«. l'assurance de ma haute ronsidération.

Siijiu' : (iiixor.

Lettre de M, Odilon Barrot, commissaire près S. Jf. Charles X,

au roi Louis-Philippe ]*'.

SiRB,

Nous voici enfin arrivés à Valognes, que nous pouvons considérer comme le terme de notre voyage, puisque le roi Charles X et sa suite ne partira de cette ville que pour monter sur les vaisseaux qui doivent le porter en pays êtran<;er. Il résulte d'une lettre de ce prince à Tambassadeur d'Angleterre, que le duc de Luxembourg nous a communiqucep et que nous faisons parvenir à son adresse, sous notre couvert, que les bâtiments se rendront dans la rade de Spitheaiiy <|ue là le roi Charles X attendra, sans débarquer, la réponse du gouvernement anglais à sa dépèche, et la fixation de sa destination ultérieure et définitive.

Le projet primitif était de débarquer à Ostende ; il afallu y renoncer par suite de Tcxclusion des côtes de la Belgique.

Nous pariions, dans notre dernière dépêche, des embarras que nous suscitaient les ordres donnés aux gardes nationales de se porter sur la ligne que nous avons à parcourir; ces embarras ont pris, à Carentan, un caractère assez grave. Les gardes nationales de Cherbourg, de Bayeux, de Valugnes,et des troupes de ligne s'étaient rendues sur ce point avec de l'artillerie; il ne s'agissait de rien moins que de désarmer les gardes du corps, de leur faire arborer la cocarde tricolore, et de conduire ensuite le roi et sa famille au lieu de l'embarquement; Dieu sait quelle catastrophe eût amenée un pareil projet, s'il eût été seulement tenté.

Il était d'une haute importance de dissoudre ce rassem* hlcnicnt inquiétant, et nous avons donné des ordres itératifs au ^'énéral llulol pour cet objet; les troupes de ligne et la irardt' niilionalo de Bayeux obéirent à la première intimation de s»' rclir«T; mais les gardes nationales de Cherbourg et de Valojrnes ne voulaient pas s'être déplacées pour rien; elles méconnaissaient les ordres du général. Les tôles s'exaltaient; mais nous avions pris le parti d'envoyer de suite M. de La Pommcrayc avec tous nos pouvoirs, et de le faire accompagner par le frénéral Proteau.

M. de La Pommeraye, connu de la plupart de ces gardca

584 MEMOIRES D'ODILON DARROT.

nationales, a rriissi ù leur faire enti'ndrc raison, et à âf*ux lieurcs dti malin, la garde nationale de Cherbourg évacuait Carentan en cliarreltes, suivie doses deuxjiitMVs «le can'^n.

De notre colé, ikius parlions de Saiiit-1/) a <)uatrc heure?^ du matin. Arri\èssur les sept heures à Carentan, nous a\<in« trou\éla f:ard«* nntiiinale de Valo;:nes à laijuelle sVtaii'nt )éunis4|uel«iu(>s lioinnifs exaltés du pays qui occupaient la roule et anvtajfnt toutes lesxoilurcs pour \êrifier si elle* nerenferuiaienl pas quelques-uns des ministres de l'ancien fçouverufmrnt. A force de pi'*n»rerlesj;roupes, nous sommes parvenus à rétablir le calme el la liberté des communications. le roi el sa suite ont traversé celle population saus ùlre insultés. Nous avons retrouvé à Valo{;nesun bataillon delà ^Mrde nationale de Cherbourg et son artillerie; mais elle ne faisail qu'une halle pour se reposer, et avait évacué a\anl l'arrivée du roi.

Nous axons voulu laisser reposer ce prince, le soir d'une CMurse assez longue ; mais demain matin, nous irons prenlire ses dernières résolutions sur ic nombre des personnes ({u'il doit emmener. Aussitôt après, nous irons à Clierbourg pour vérilier par nous-mêmes si tout est en état, cl nous reviendrons chercher le roi et la partie de sa suite qui dnit s't>mbarquer. I/heure du <Iépart sera combinée avec celle de la marée, atin (|ue les bâtiments puissent sortir immédiatement du port. Nous espérons toujours que l'embarquement s'effectuera le I.'» aortt, au plus tard.

Cependant, le surcroît de monde qui s'embarque, la préparation de la gabarrtr ipii doit suppléera l'insuriisancc des deux bâtiments, ponrraient néces>iler un jour de plus; nous ferons tout, cependant, pour éviter ce nouveau retard.

J'ai l'honneur <rAtre, avec le plus pntfond respect, de Votre Maji'sté. Sire, le très-humble et très-lidêle sujet.

Tari», Ir I i «uùt 1130. Il htmrf àm iwr.

Monsieur le préfet,

Voici des instructions supplémentaires A ajouter à celle» que \ous ôtes déjà chargé de remettre à M. Dumonl-d'Lc^ ville.

Vous voyez combien il serait importanld'oblenir qu'avant de partir île Cherbourg le roi Charles X fixât, d'une, manière positive. le lieu où il veut être conduit, en exceptant toujours les ports de la Hollande, de la Belgique, de la Franco, des lies Jersey, de Gueriiesey, etc., déjà cités dans la correspondance. Cette fixation obtenue, les instructions ci-jointes n'auraient plus d'application, et s'il survenait en roule un changement de volonté, M. d'Urville n'hésiterait pas à déclarer qu'il ne peut pas changer la destination indiquée avant le départ et qu'il doit absolument y aller. Dans c»* cas, il ne serait plus question de Portsmouth, mais seulement du lieu fixé par Charles X lui-mAme avant de quitter Cherbourg, et où il serait conduit et débarqué avec tous les princes de sa famille et toute sa suite.

Mais si le roi Charles X ne veut pas absolument indiquer, avant son départ, le lieu où il veut aller, M. d'Lrville se conformera rigoureusement aux ordres ci-joints.

Je vous prie de communiquer cette lettre à M. le maréchal Maison; elle est écrite après celle que lui adresse le ministre de l'intérieur et dont les dispositions sont les mêmes.

Hecevez, etc.

Le ministre secrétaire cThlatau déportement de la Marine et des Colonies,

Signé : Horace Sébastian!.

Pour copie :

Le Conseiller d'Etat^ P^^^ maritime^

Signé : Pouybr.

Parii, 1« 1 4 août 1830.

A messieurs les commissaires chargés d'accompagner Sa Majeité

le roi Charles X, à Valognes.

Le roi. Messieurs, m'a fait l'honneur de me communiquer le rapport que vous lui avez adressé de Saint-Ld, le 12 de ce mois.

Je vois {jue le roi Charles X emmène avec lui environ deux cents personnes , trois ou quatre voitures, ainsi qu'une quinzaine de chevaux, et que, d'après cet état de

choses, TOUS avez écrit à M. Poiiyer, préfet maritime à Cher^ boiir^, de disposer un ou deux bàllments indépendamment des deux paquebots américains.

Je m'empresse de vous annoncer que des mesures avaient été prises à i*avance pour au^'menter les moyens de transporl, et qu'on c«* moment, outre les deux navires américains, quatre bâtiments de l'Etat, entièrement disponibles, se trouvent à Cherbourg, savoir :

La corvello la Ccrès; La corvette de charge laSvifie; La gabarre la Linft ; — la Mmayi-rc.

Ces bâtiments seront, sans doute, plus que suffisants; mais, à tout événement, j'écris à M. le préfet maritime à ChiTboiirfr pour l'autoriser à affréter, au l»osoin,des navires de cuinmtM'ce entièrement prêts à appareiller.

Ainsi donc, rien ne s'oppo«era à ce que le roi Charles X, sa famille et leur suite s'embanfuent dès leur arrivée à Cherbourg.

Veuillez bien, Messieurs, agréer l'assurance de ma haute consiilération tt dr vus scntimtuts du plus sineére aitackt' ment ».

Le ministre secrf't'iire d^État au département de la Ma et de» ColvHieSf

Sitjué : lloRACl Sébastum.

Val'.^Mirs, lelSiodt 1830.

Mrajuiatrs h^s ^omtin'^saircs de S. M* le mi dts FrancfùSm

Mkssif.urs,

Je rnm|ite, au-^-ilMt t|Ui: les bAtiments destinés à transporter le roi ri sa farnille et sur Ies4|uels je dois pnrndrv pa>saL'e Si' mut arrivas dans la rade «le Spithcad, prendre cou-'r dr S. M. v{ |ia'»'»«'r •inflquij Irnipsà \o\ai;rr on Hollande, en Sui>se et eu Italie. Vous avez bien voulu in6 pro*

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