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354 MÉMOIRES I)*01>IL0ir BARROT.
démonstrations belliqueuses du roi. Il ne parlait pas cependant de se retirer ; il avait rédigé une Note en date du 8 octobre, dans laquelle il protestait contre la déchéance que la Porte Ottomane avait prononcée contre son pacna rebelle : dans cette Note était formulée, comme Vultvnatum de la France, Tattribution du gouvernement héréditaire de l'Egypte à Méhémet- Ali, avec transmission à sa famille ; nous renoncions pour lui à la Syrie; mais, au lieu de renvoyer la flotte à Toulon, M. Thiers voulait qu'elle se tint dans le port d'Alexandrie, prête à agir et comme une menace au cas où les puissances voudraient maintenir contre le protégé de la France la déchéance dont la Porte Ottomane l'avait frappé.
Cette Note du 8 octobre, qui, à vrai dife, sous une apparence de menace, concédait à l'Angleterre ce qu'elle exigeait, et faisait disparaître toute cause sérieuse de conflit entre la France et les autres puissances, avait cependant assez d'importance pour que M. Thiers crût devoir me la communiquer : il me donna à cet effet un rendez-vous au ministère des affaires étrangères, et là, en présence de quelques-uns de nos amis, il me lut la dépêche ; mais, par une étourderie que j'aurais.pu prendre en fort mauvaise part, il l'avait déjà expédiée à l'étranger au moment où il semblait la soumettre à mes observations. Du reste, il n'y avait rien à changer à des conditions qu'on était bien obligé de subir. Seulement, ce n'était pas la première fois qu'il arrivait à la France, après avoir cru un moment à l'énergie de son gouvernement et répondu à son appel, de retomber dans l'humiliation d'une rétractation; et, chaque fois que cela lui arrivait, elle en gardait un profond ressentiment.
M. Thiers aurait voulu du moins, dans le discours de la couronne, relever par quelques fières paroles cette soumission forcée de notre politique ; mais le roi n'y