‹ Mémoires posthumes (volume 5)Chapitre 52 sur 57 · Sans doute Beauvais-Poque · texte numérisé non relu

Sans doute Beauvais-Poque

PlàOBS JU8TIPI0ATIVB8. 566

A Monsieur le général Lafayette, commandant de la

garde nationale.

Nous avons traversé le camp ennemi et l'avons trouvé plus fort que nous ne le supposions. Il y aurait eu beaucoup de sang versé ; nous avons heureusement déterminé le roi à partir de suite avec tout son monde; voilà donc une victoire qui n'est pas ensanglantée et cela est dû à votre énergie et à votre rapidité. Nous n'avons pas besoin de vous recommander de ménager le sang des soldats non combattants qui resteront à Rambouillet; vous êtes trop brave pour n'être pas généreux.

Le colonel Jacqueminot sait notre itinéraire sur Cherbourg; il nous rejoindra à la première ville, ce que nous désirons bien tous trois.

Recevez, général, tous nos sentiments d'estime et de cordialité.

Signé : Odilozi Babrot.

N* 5 bis.

A Monsieur le général Pajot*

Vous pouvez arrêter votre mouvement ; nous venons de déterminer le roi à partir à force de lui faire peur ; ses forces étaient considérables et bien posées. Le maréchal Maison n'estime pas à moins de dix mille le nombre réuni.

Recevez, général, tous mes sentiments d'estime et de cordialité.

Signé : Odoon Barrot.

QM MSMOIRBS D'ODILON.BAKEOT.

N* 5 ter.

Au due d'Orléans

MOKSEIONBURy

C'est avec bonheur que nous yous annonçons le succès de notre mission; le roi se détermine à partir avec toute sa famille. Nous lui avons fait entendre que l'intérêt seul de son petit-fils pouvait le déterminer à résister et à verser encore du sang; mais qu'il valait encore mieux, quel que fût l'avenir de cette cause, qu'elle restât pure de toute violence et de conflit sanglant. Cette raison a paru le déterminer.

Occupez-vous donc de donner satisfaction à ce que peut exiger de raisonnable le princfpe républicain ; car je crois que c'est là votre seul ennemi redoutable : les partisans de la famille déchue s'en constitueront les auxiliaires.

Vous avez, prince, pour combattre cet ennemi, cette franchise, cette honnêteté de cœur, cette simplicité de mœurs qui doivent vous faire triompher. Nous vous écrirons avec les plus grands détails tous les incidents de notre voyage.

Dieu veuille qu'il se termine heureusement I

Je suis avec le plus profond respect. Monseigneur, de Votre Altesse royale, le très-humble et très-obéissant serviteur.

Signé : Odilon Barrot,

Monsieur Quixoi à monsieur Odilon Barrot.

Piris,e toAt 1830.

Mon cher ami, S. A. R. me charge de vous écrire quelques mots. Demain on organisera pour vous un service régulier de courriers. Nous nous félicitons du calme et de la convenance avec lesquels s'accomplit votre voyage. Vous aurez, ou plutôt la France aura donné là à l'Europe un beau et rare spectacle. S. A. R. m'ordonne de vous en témoigner sa satisfaction particulière.

PlàCSS JUSTIFICATIYBS. 56t

Vous devez avoir déjà reçu, et tous recevrez ces jour9>oî l'argent dont vous avez besoin. M. le baron Louis vous k fait expédier, si je ne me trompe, à deux reprises, 500,000 tr. en or ; il a de plus adressé à Cherbourg 600,000 fr. en or que le roi avait désirés. S. A. R. espère donc que les ennuis que vous avez essuyés en ce genre ont tout à fait dispara% Elle en a été profondément affectée.

C'est à minuit que je vous écris, en rentrant chez moi. Je ne puis donc aujourd'hui faire prendre vos lettres chez vous, non plus que celles de M. le maréchal et celles de M. de Schonen. Nous vous les enverrons demain ainsi quelesjour^ naux.

Adieu, mon cher ami, S. A. R. vous recommande de l'informer en détail, comme vous l'avez fait jusqu'à présent, des incidents de votre voyage. Mille amitiés de ma part à II. de Schonen. Vous savez si je suis tout à vous.

Signé: Guizot.

Monsieur Guizoi aux eommissaireê»

Paru, 8 août 1890, 1 heure da matila.

Mesbibvrs»

S. A. R. Monseigneur le lîeutenant-général du royaume m'ordonne de répondre à votre lettre datée à Laigle, du 6 de ce mois. S. A. R. désire avoir avec vous des communica* tiens plus fréquentes. Vous recevrez, à partir de demain, deux estafettes par jour, et vous voudrez bien les renvoyer l'une et l'autre à Paris dans la journée. S. A. R. m'ordonne en même temps de vous envoyer un secrétaire, dont vous manquez. M. Emile Chareton, que je vous envoie, est un jeune homme intelligent et qui a une bonne écriture. Messieurs les commissaires peuvent le garder auprès d'eux jusqu'au terme de leur mission.

Quand viendra ce terme ? C'est une question qu'on se fait de toutes parts. La lenteur du voyage de Sa Majesté le roi Charles X est un sujet de surprise et d'agitation ; il y a même

668 If^MOIRKS iy*ODILON BARROT.

quelque tnotif de craindreque tout àl'eiitour des lieux queSa Majesté a traversés ou va traverser, cette ag:i ta lion ne pousse ]a population méfiante et irritée à se porter sur la route de Sa Majesté et à l'inquiéter dans son voyage. Si vous pouviez attirer sur une situation si grave l'attention de Sa Majesté et la déterminer à accélérer sa marche, vous rendriez, je crois, à Sa Majesté et au repos de cette partie du royaume un véritable service.

S. A. R. et son conseil désireraient être exactement informés du nombre et de la nature des troupes qui restent encore autour de Sa Majesté : vous voudrez bien également, si ce nombre vient à diminuer de jour en jour, tenir S. A.R. au courant de ces variations.

Pour vous donner une idée de la façon dont les étrangers jugent ces derniers événements, je vous envoie deux numéros des journaux anglais le Sun et le Moming-Posi; je niai rien à ajouter à la lecture que vous en pourrez faire.

Quand vous serez arrivés à Cherbourg, où vous trouverez tout prêts les bâtiments sur lesquels Sa Majesté le roi Charles X et sa famille doivent s'embarquer, vous prendrez soin que messieurs les gardes du corps et autres troupes qui accompagnent Sa Majesté ne soient pas simplement renvoyés en gardant leurs chevaux et leurs armes; ils doivent les rendre exactement, comme il arrive toujours en cas de licenciement ; vous voudrez bien veiller à la remise et à la conservation de tous ces objets, jusqu'à ce que S. A. R. vous ait adressé de nouveaux ordres.

Je ne vous parle pas du progrès des événements qui se développent à Paris et partout, avec une puissance irrésistible ; vous trouverez à ce sujet dans les journaux tous les détails qui peuvent vous intéresser.

Cette lettre vous sera remise par un officier que le général Gérard vous envoie et qui reviendra sur-le-champ à Paris ; vous le chargerez pour S. A. R. de toutes les dépèches et renseignements que vous pourrez avoir à lui remettre.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma haute considération et de tous mes sentiments,

Le Commiueure provisoirg au département de tlntiriear.

Signé: Goizor.

Lettre de M, Quizot, commissaire provisoire chargé du département de l'Intérieur.

Messieurs,

• Nous n'avons reçu ce matin aucune nouvelle de vous ; il paraît que les communications sont momentanément interrompues. L'effervescence de la population de Paris et des départements environnants devient grande ; on parle de se porter en masse sur la route de Normandie jusqu'à ce qu'on ait atteint le roi Charles X,et en soulevant partout le peuple sur son passage. Si une fois ce mouvement éclatait, il serait absolument impossible de le contenir et d'en prévenir les suites. Portez-le immédiatement, et dans les termes les plus positifs, à la connaissance du roi Charles X, afin qu'il ne s'aperçoive pas trop tard des périls attachés à la lenteur qu'il a jusqu'ici apportée dans son voyage.

Les deux Chambres se sont réunies ce matin : monseigneur le lieutenant-général du royaume a accepté les propositions qu'elles lui avaient adressées, et après avoir juré d'en observer fidèlement les clauses, il a été immédiatement proclamé roi, aux acclamations universelles. Nous vous envoyons le procès-verbal de cette mémorable séance et expédition des actes qui y ont été lus. Ils ont produit dans Paris le plus grand effet. Le roi Charles X en aura sans doute connaissance.

Nous ne saurions vous trop recommander de faire tous vos efforts pour lui persuader qu'un prompt départ en poste, ainsi que nous l'avons dit 'dans nos dernières lettres, est aujourd'hui pour lui une résolution nécessaire et le parti le plus sûr.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma haute considération.

Le ComnUuaùrê prwUoirû chargé du département de V Intérieur,

Signé: Guizox.

Paris, 9 aoât 1830.

Ptfto, le 10 août i88<k

Mon cher collègue,

Nous recevons des commissaires du roi auprès de Charles X des dépêches qui nous annoncent que toute la suite de Charles X, à l'exception des gardes du corps, est licenciée, qu'il s'est décidé à accélérer son voyage, cl qu'il couchera ce soir à Condé. Le roi m'ordonne en conséquence de vous engager à suspendre les mesures que tous aviez été chargé de prendre ; il n'est pas inutile de demeurer à portée d'y revenir promptement, si cela était nécessaire ; mais rien n'indiquant aujourd'hui cette nécessité, il sufflt de se tenir en état d'observation.

Le roi vient de nommer M. Baude préfet de la Manche, en remplacement de M. d*EstourmeL II part immédiatement pour se rendre à son poste,

Agréez, mon cher collègue, l'assurance de ma considération très-distinguée.

Le Commitsaire prûvitoire au département de rintérieur.

Signé: Guizot.

NMO.

Argentin.

Sire,

Arrivés hier dans cette ville à onze heures, et l'intention de Charles X étant d'y séjourner, nous avons cru devoir lui faire dire par le duc de Raguse que ce voyage était beaucoup trop long et Unirait par compromettre sa sûreté ; que son escorte ne pouvait être qu'une escorte d'honneur et non de guerre ; que cet appareil de canons et de divers corps était menaçant , que c'était trop ou trop peu : trop pour une simple escorte, trop peu pour une armée ; qu'il fallait prendre un parti : laisser les canons, renvoyer les soldats autres que les gardes du corps, simplifier les bagages et marcher un peu plus vite. Le maréchal Marmont est convenu de la nécessité de faire droit à nos demandes ; il a reconnu que toute la sécurité du roi reposait en nous; il est

piAcES jvsTinoArvrÊB. 571

allé chez le roi pour lai faire part de notre démarche et prendre les mesures nécessaires: nous attendions sa réponse, lorsque noas a^ons reçu la dépêche du 8, écrite à une heure du matin; nous donnerons communication à Charles X de cette dépêche, qui ne peut que hâter ses résolutions et faire cesser ses incertitudes.

Quant au bruit que nous ne portons pas la cocarde tricolore, il est tout à fait dénué de fondement, et il est utile que notre démenti reçoive à l'instant même la plus grande publicité; quand nous avons harangué les gardes nationaux à Melun, à Dreux, nous étions revêtus de nos écharpes tricolores et nous avons toujours porté la cocarde nationale.

Aux yeux du public et pouf la suite du roi, si lorsque nous sommes entrés dans le cabinet du roi nous avons évité de «e blesser par des démonstrations inutiles, c'est par un sentiment de déférence pour le malheur et nullement par suite de menaces que nous aurions bravées et qui nous auraient portés à tenir une conduite tout opposée.

En un mot, nous ne pouvons nous reprocher les égards que nous montrons pour des femmes et un vieillard qui sont consacrés par une si grande infortune : nous avons été envoyés pour les protéger et non pour les insulter ; et nous espérons que ce n'est pas à des hommes qui ont depuis longtemps voué leur tête pour opérer la révolution qui vient de s'accomplir, qu'on reprochera de la désavouer.

Le duc de Raguse vient de nous proposer un changement à notre itinéraire; il s'agirait de se diriger sur GrandviUe. Nous avons demandé une demi-heure pour en délibérer, et après avoir mûrement examiné les avantages et les incon- * vénients de cette nouvelle direction, nous avons décidé qu'il fallait continuer sur Cherbourg; nos raisons sont:

1** Que l'itinéraire que Votre Majesté nous a tracé ne doit être changé que par des circonstances de force majeure;

2» Que le temps que nous gagnerions, nous le perdrions par celui que les vaisseaux mettraient à venir dans le port de GrandviUe;

3* Qu'à GrandviUe nous n'aurions aucune ressource pour le licenciement des gardes, pas de dépêt pour les chevaux, les armes, etc.;

i*' Qu'arrivés à Cherbourg, et au cas d*hésitation pour l'embarquement, nous aurions plus de ressources pour le déterminer.

573 MJMOIRBS D'OBILON BARROT.

Nous avons fait connaître cette décision au maréchal, et nous partons demain à quatre heures du matin, pour aller coucher à Condé-sur-Noireau ; nous ferons treize lieues ; les autres journées seront à peu près aussi fortes.

Quant au projet de voyager en poste, le roi et sa famille ne s'y prêteraient qu'autant qu'on emploierait la violence : ils se croiraient tous perdus. Le duc de Raguse n'a aucun espoir de déterminer le roi à cet égard. Peut-être M. Jacqueminot serait-il plus heureux?

Deux jours de plus dans ce voyage nous par^ûssent sans inconvénient, d'après Tétat moral du pays; ils peuvent même avoir un avantage de rendre l'épreuve de plus en plus décisive et de faire ressortir combien la révolution opérée est complète.

Le roi, d'après notre demande positive, se décide à ne conserver que ses gardes ; il laisse ses pièces de canon et les autres militaires détachés; il n'y aura plus autour de lui rien qui ait une apparence d'hostilité et par conséquent motif à l'irritation des populations.

J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, de Votre Majesté, Sire, le très-humble et très-fidèle sujet*

Signé : Ooilon Barbot.

NMl.

Lettre de Jf. Guizot, commissaire provisoire au département

de l'Intérieur.

Messieurs,

Nous recevons votre dépêche d'hier et nous sommes charmés d'avoir de vos nouvelles; elles nous manquaient absolument depuis plus de 36 heures, et des bruits fâcheux corn* mençaient à circuler. Le roi est pleinement satisfait des détails que vous lui donnez sur les mesures auxquelles vous avez décidé le roi Charles X ; plus son voyage s'accélérera, plus le calme sera prompt à renaître. Vous avez eu raison d'insister pour Cherbourg ; c'est là que sont les bâtiments, que tous les préparatifs ont été faits. Tout changement aurait pu entraîner des délais et des méprises. Le général

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Gérard donnera des ordres pour assurer la situation des militaires licenciés qui rejoindront leurs corps. Les paquebots qui vous attendent à Cherbourg ont ordre formel de ne point conduire le roi à Jersey, s'il le demandait. Des fies si voisines des côtes de France ne pourraient évidemment être pour lui un séjour convenable.

Nous regretterions vivement que vous vous fussiez mépris un moment sur ce que nous vous avons mandé au sujet de la cocarde tricolore. Le roi a pleine confiance dans votre fermeté aussi bien que dans votre prudence. C*est précisément parce que vous réunissez ces qualités si rares, parce qu'il était sûr de trouver en vous de dignes représentants de l'honneur français et de ses sentiments personnels, qu'il vous a chargés de cette importante et délicate mission. Vous TOUS en êtes acquittés de la manière la plus satisfaisante et la plus honorable. Le roi approuve complètement les motifs qui vous ont déterminés à vous présenter sans cocarde devant le roi Charles X ; vous ne sauriez lui témoigner trop de soins et d'égards, et puisque, sur vos représentations, il s'est décidé lui-même à mettre dans son voyage plus de promptitude, le roi n'a maintenant d'autre désir que de voir ce voyage continuer et se terminer ainsi qu'il a été réglé.

Le colonel Jacqueminot n'est point parli et ne partira point pour aller vous rejoindre. Quand le roi a pensé à vous renvoyer, il n'avait d'autre but que de vous fournir une nouvelle occasion d'insister fortement auprès du roi Charles X pour qu'il accélérât sa marche. C'est aussi dans cette intention que toutes nos dépèches officielles ont été rédigées.

Vous trouverez à Cherbourg le général Hulot, qui a les instructions et les forces nécessaires pour faire exécuter le licenciement des gardes du corps.

Agréez, Messieurs, l'assurance de ma haute considération.

Le Commiuaire provisoire ou département de FInténeur,

Signé : GnizoT«

Paris, 10 août 1830«

Lettre de Jf. OdiUm Barrott commissaire près de S, M» le roi

Charles X, au général Lafayette.

Voici le premier jour où je trouve assez de temps poar vous écrire deux mots sur notre voyage, ou plutôt sur notre lente agonie, que le patient se plaît à prolonger. Lorsque nous avons enlevé le roi à Rambouillet, il était entouré de iO à 12,000 hommes assez résolus, dans une bonne position défendue par 40 pièces de canon. Si l'attaque n'eût pas été prévenue, il y aurait eu beaucoup de nos amis tués, et même au cas d'une victoire, toute la famille royale, massacrée ou prisonnière, eût ûté à notre révolution ce caractère de gêné* rosité et de modération qui en assure l'avenir.

Nous avons la conscience d'avoir fait une chose utile à notre pays et à la cause que nous défendons; depuis ce moment, le roi et la famille royale n'étaient pour nous que des personnes consacrées par le malheur, et noas avons eu pour elles tous les égards et ménagements qu'on doit à Tinfortune; et, cependant, nous commençons à trouver que le voyage est trop long ; et nous provoquons aujourd'hui une explication qui aura probablement pour résultat de le hâter et de simplifier le cortège.

Le bruit a couru que nous avions été forcés de quitter notre cocarde ; le fait est faux, et je vous prie personnellement, général, de le démentir hautement : nous avons pu, dans les deux ou trois visites que nous avons faites au roi, éviter de blesser ses regards par une affectation qui n'était bonne à rien ; mais c'est volontairement et par pure déférence que nous avons gardé ces ménagements; la menace la plus indirecte nous eût déterminés à tenir une conduite tout à fait opposée. Hors du cabinet du roi, en présence des populations et de la suite du roi, nous avons toujours été revêtus de nos insignes.

Il ne faut pas oublier, général, que nous ne sommes pas des geôliers et que notre mission est toute d*humanité et de déférence. Je crois qu'on honorera plus notre cause par cette générosité, que par une brutalité qui^ vis-à-vis de femmes

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et d'un vieillard, pourrait bien être prise pour autre chose que pour du courage et du patriotisme.

Je ne sais qu'imparfaitement tout ce qui se passe à Parîs^ et je suis bien impatient de reTenir auprès de vous; mais nous ne serons guère à Cherbourg que le 14 ou le 13, et à Paris vers le 20.

Paris, le 11 août 1830.

MB88IE17R8,

Le roi a déjà fait répondre ce matin à votre lettre datée d'hier, à Falaise. Nous n'avons rien à ajouter à ce qui vous a été mandé par ordre de Sa Majesté ; mais nous vous transmettons une lettre de Son Excellence Tambassadeur d'Angleterre adressée à M. le duc de Luxembourg, et que nous vous invitons à lui remettre sur-le-champ.

Le roi Charles X craignant, à ce qu'il parait, que les bâtiments américains qui l'attendent à Cherbourg n'eussent pour destination de le conduire aux États-Unis, s'était adressé au roi d'Angleterre pour obtenir qu'un vaisseau anglais fût mis à sa disposition. •

S. E. l'ambassadeur d'Angleterre prévient M. le duc de Luxembourg que S. M. Britannique ne pourrait accéder à cette demande sans troubler la bonne harmonie qui règne entre les dei^x pays ; mais qu'il a reçu la promesse la plus solennelle que les bâtiments sur lesquels le roi Charles X et sa famille seront embarqués à Cherbourg auront ordre de le conduire partout où il désirera se rendre, en exceptant la France, la Belgique et les lies appartenant à la Grande- Bretagne qui sont situées sur les côtes de France. S. E. l'ambassadeur d'Angleterre ajoute que nulle appréhension de la nature de celle qui vient d'être indiquée ne doit^ dans les circonstances actuelles, retarder l'embarquement du roi Charles X.

Agréez» Messieurs, l'assurance de notre haute considération»

£« Commiifaire provisoire au département de T Intérieur,

Signé : Guizot.

Monsieur Quixot aux eofnmissaires*

• Parii,lellaoâtl830.

MB88ISUR8,

Nous recevons à Tinstant même votre lettre datée d'hier soir, à Condé-sur-Noireau. Puisque le roi CharlesX a annoncé rintention de s'embarquer aussitôt après son arrivée à Cherbourg, il est nécessaire que vous lui demandiez de vouloir bien indiquer à peu près le nombre des personnes qui s'embarqueront avec lui, et celui des tables qu'il faudra entretenir sur les bâtiments pendant la traversée. 11 est également indispensable que le roi Charles X désigne le lieu où il désire être conduit, afin qu'on puisse évaluer d'avance le temps que durera la traversée, et prendre, pour Tapprovisionnement des bâtiments, toutes les mesures convenables. Les instructions données aux capitaines commandant les bâtiments n'exceptent des lieux où ils seront autorisés à conduire le roi Charles X, que les ports de France, de Belgique, et l'archipel des lies de Jersey et Guernesey et autres petites tles voisines.

Veuillez nous informer sur-le-champ, par une estafette, des réponses que vous aura faites le roi Charles X.

gréez, Messieurs, l'assurance de notre haute considération.

Signé : Guuot.

SraE,

M. de La Pommeraye nous a apporté une dépêche de Votre Majesté. Nous avons vainement essayé de nous diriger sur Caen; les équipages de Charles X étaient déjà partis sur la route de Condé, et il n'y a aucune possibilité de le séparer de ses équipages. Les canons et les corps détachés restent à Argentan, où ils séjourneront aujourd'hui, et demainse rendront à Vincennes et à Versailles.

il n'yaplusdansle cortège que les quatre compagnies des

gardes du corps et un détachement de gendarmes d*élite pour la garde des bagages. Cette escorte a perdu tout caractère offensif et ne nous inspire aucune inquiétude; quelques bruits de la formation d*un rassemblement à Fougères sont venus jusqu'à nous ; mais il ne peut pas avoir assez de consistance pour nous inspirer des inquiétudes sérieuses. D'ici jusqu'à Vire, toutes les populations sont parfaitement disposées et nous avons fait éclairer notre route par des agents sûrs.

Nous avons donné l'instruction au général Rémond de s'avancer sur Domfront, pour se placer entre Fougères, Mortagne et la ligne que nous suivrons. D'un autre côté, le général Hulot doit s'avancer au-devant de nous jusqu'à Saint-LÔ, et se replier ensuite à mesure que nous avancerons.

Ces précautions seront probablement inutiles; mais nous n'avons cru devoir en négliger aucune dans une mission d'une si haute importance.

On nous a renvoyé une lettre que nous avons adressée à Votre Majesté, de Maintenon, le lendemain de notre départ de Rambouillet. C'est, sans doute, faute d'une adresse exacte qu'elle nous a été retournée; nous la renvoyons pour compléter notre correspondance.

{Pas de liea ni de date.)

Lettre de M. OdUon Barrot, commissaire prés de S. M. le rai Charles J, à S. If. Louis-PhUippe !•'.

SiBB,

Nous avons successivement reçu, pendant notre trajet de Vire à Saint-L6, les dépêches qui nous ont été expédiées par les ordres de Votre Majesté.

Les lettres adressées au roi Charles X, à la duchesse de Berry, à M. le duc de Luxembourg, leur ont été remises. C'est avec une bien vive satisfaction que nous avons appris, par l'une de ces dépèches, que l'Angleterre, dans le désir de conserver une parfaite harmonie avec notre gouvernement, ira jusqu*à refuser à Charles X les bâtiments que, par un

aentimeni de défianee peu justifié, ce prince avait demandés à rétranger* Les mouvements de troupes et de gardes nationales opérés de tous côtés par suite de terreurs entièrement chimériques nous ont causé quelque embarras : il importait au caractère politique de notre mission qu'elle s'accomplit sans aucun déploiement apparent de forces, et nous y aurions réussi, sans de faux bruits qui ont répandu en tous lieux l'inquiétude.

Nous sommes parvenus à faire renaître la confiance, et nous avons donné partout les ordres les plus précis pour faire rentrer les gardes nationales et les troupes de ligne.

A la suite d'une entrevue que nous venons d'avoir avec le roi, il a été convenu qu'au lieu d'aller coucher à Carentan, nous ne ferons qu'y rafraîchir, que nous y laisserons une compagnie des gardes et irons coucher à ValogneSf ce qui est un trajet de treize lieues; que là, le roi et sa suite aéjoumeront pendant quarante-huit heures pour faire toutes les dispositions nécessaires pour l'embarquement; renvoyer les personnes qui ne doivent pas s'embarquer, de maniée à ce qu'il n'y ait plus qu'à se rendre à Cherbourg et monter immédiatement sur les navires : ces dispositions MOUS paraissent sages et nous sommes heureux de les avoir inspii^es au roi. Il parait que les deux navires mis à la disposition du roi ne lui suffisent pas; il doit emmener avec lui deux cents personnes environ, trois ou quatre voitures et une quinzaine de chevaux; et ces bâtiments, d'après le rapport qui noua en est fait, ne peuvent contenir que trente maîtres et quarante domestiques à l'aise ; nous venons, en conséquence, d'écrire au préfet maritime de Cherbourg de disposer un ou deux bâtiments pour recevoir toute la suite.

La population nous offre toujours le même accord et les jnêmes dispositions en faveur du nouveau gouvernement.

Nous avons rencontré à Thorigny un curé de canton qui aotts paraît parfaitement taîsonaaîble et qui se rallie avec beaucoup de loyauté as nouvel ordre de choses : nous l'avons engagé à réunir en conférence les prêtres de son canton et à leur inspirer ses bons sentiments.

Nous sommes avec le plus profond respect, Sire, de Yotre Majesté, les très-humble» et très-obéissants serviteurs

Signé : Ooilon Babrot*

Ao qurtiar steéml, Siiiaft4ift» te It aDOt 1810b ArriTée à 3 heure» du matim

(^oAu«* Écrit amKle-efianp au g^nénl Proteau et an gteAral Hnlot.)

MsiMiBoa u MABitorAiiy

JbTÎèn^de recevoir les ordres de M. le générai Holbt pour prendre, des dispositions militaires pour couvrir Carentan : il me dit avoir reçu des nouvelles qui le décident an mouvement qull vient d'opérer ce matin en se portant de Cherbourg^, avec la garnison et la garde nationale, audevant de l'escorte de Gharies X. J'ai les ordres pour me mettre* à la tête des gardes nationales et me porter moimême à sa rencontre jusqu'à Fembranchement de la rout& de Carentan à Saînt-Lô et Bayeux^ pour y garder les voies.

J'ai été cet après-midi à Thorigny, où je croyais rencontrer Votre Excellence. J'y serai demain à onze heures, pour me concerter avec les commissaires du gouvernement et prendre vos ordres, à moins que vous n'ayez à- m'en faire connaître par une députation de la commission' départe^ mentale qui se rend près de vous.

Tattends dbnc vos instructions pour* me flxer et fixer M. le général Hulot sur les appréhensions plus on moins fortes qui l'ont déterminé à ce parti.

Je suis,, avec un profond respect, monsieur le maréeiml, de Votre Excellence le dévoué subordonné.

Le maréchal de eampt

Vicomte P^OTKATT.

F. Se •— Le générai fiulot est parti oe maiia. da Cherbourg avec cinq batailloiftde ligne, la gadrde:nationaie«t8ix pièce» de campagne et touÉBS le» gardes oatieyaatai. qufil powa». r eeamr sur sa* xonte..

N'ia

A Son &mUênm monrieur le maréchal comte Maison,

pair de France, etc.

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