CHAPITRE XXVU
sur le terrain le peu d'officiers qui se trouvaient disponibles , pour déterminer l'emplacement et la forme des ouvrages. Le Comité des fortifica-tions réunit ces élémens , et arrêta un système d'ouvrages un. peu moins solides , mais d'une exécution plus prompte que celle du projet primitif. Joseph ne se croyant pas maître de rien ordonner à cet égaM , en référa à l'Empereur en lui envoyant le plan et Tavis du Comité* Sa réponse n'était point encore arrivée le a a mars, et déjà son lieutenant^ instruit des mou* vemens éloignés qu'il méditait , regardait comme inévitable l'arrivée sous Paris d'un corps des armées du Nord ou de Silésie. Il n'y avait pas un mom^it à perdre pour exécuter le dernier projet du Comité : le chevalier AUent , le comte Maurice Mathieu , et tous les militaires con« suites partageaient cet avis; cependant telle était la crainte que Napoléon inspirait à son frère même , qu'il n'osa prendre sur lui cette ijiesure conservatrice , et crut devoir attendre l'ordre formel de l'Empereur. Cet ordre ne vint pas* On conduisit bien quelques pièces d'artillerie sur l'emplacement de plusieurs des ouvrages pro** jetés ; mais les barricades des faubourgs extérieurs rencontrèrent mille obstacles , en sorte que le ag mars au matin , les tambours des bar* rièréa à peine terminés , étaient encore les seuls ouvrages qui protégeassent Paris.
43o CAM^AGJSE DE l8ï49
Garde na- Par dëcrct tlu 3 janvier, Tiiifanterie de la garde sienne. natiODale parisienne était colnposee de 12 légions, chaque légion de 4 bataillons, chaque bataillon de 5 compagnies , dont une d'e grena- ^ diers ; ce qui donnait 48 baftaîllons et à^o compagnies. Les légioEis côrrespôndaietit aux 12 arrondissettiens municipaU:^ , et les bataillons deraient , alitant que la population le permettrait, correspondre aux 48 quartiers: chaque compagnie devait êite à Téffectif de i25 hommes : - on aurait eii ainsi des bataillons de 625 homtiïes , des légions de 2,5oo , et un complet total de 3o mille gardes nationaux.
Dès décf*èts postérieures attachèrent à cette gatdé des cfOrps d'artillerie et dti gétiie et uiie compagnie de guides à cheval. L'drtillerie formant 2 bataillons , ^e 3oo élèves de l'école polytechnique , et d'eiiviroil 480 ùanonniers oû sei-- >ans pi'is à rhôtél dés invalides , devait servir les batteries et les réserves affectées à Id défensèf des barrières. Les ingénieurs des ponts et chaussées composaient l'arme du génie chargée de la construction des travaux des barrières ; la compagnie des guider n'ayant pas au-delà de 3 escouades^ ne put être eniployée au set*ticd stuqdel elle avait été destinée.
Le complet de la garde parisienne fat calculé sur le nombre des cotitribuables ou fils de contribuables portée au rôle de l'impôt persoo^
CtlAPItRfc ti\U 43^
nél pour une côte égale ou supérieure à 10 fr. et s'éleva à plus de 3 1 mille inscrits. Sou organisation ne s'était faite qu'en dépit , et au milieu des obstacles de tous genres ; suivant une remarque du chef dé Tétat-mdjor , l'Empereur l'avait oi^anisée malgré lui y malgré elle. Les Parisiens se ressdutenaient du 1 3 vendémiaire; ib serappelaîeùt avec quelle précipitation l'organisation de la garde' nationale cômnieticée à l'époque de l'expédition de Walcheren , avait été condamnée et détruite. Là défiance était extrême ; et aux yeux mêmes de ses oflQiciers , cette institution ne paraissait qu'une sorte de conscription indéfinie et tin moyen d'obtenir des levées indirectes par des <iontîngens d'activité* Napoléon de son côté, n'âi'mait qu'avec répugnance une force ennemie de ëon pouvoir absolu ; et , sous le prétexte d'é* viter l'eùibarrasde sa mise en activité , il prenait toutes les mesures pour qu'elle ne pût maîtriser le gbtiVerUefident.
Les t&otifs qui écartèrent , en janvier, le projet de saisir par des ouvrages en terre les sommités et les têtes des faubourgs extérieurs , firent re^ jeter à l'Euipereur l'idée émise par son auteur d'organiser les gardes des arrondissemens de Saint-Denis et de Sceaux , et d'attacher celles.des faubourgs extérieurs aux légions correspondantes de Paris ; mais les considérations qui ramenèrent "tu projet de.défense , militèrent eu faveur de ce
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mode d'organisation, et un décret du i5 mars plaça sous le commandement du duc de Cônegliano toutes les gardes nationales du département de la Seine ; toutefois il en fut de cette disposition comme des ouvrages de défense : le temps manqua. A l'exception des gardes natio* nales de Belleville , de Bçrcy , de Su-Denis et des élèves de l'école d'Alfort, les gardes ru]::ales n'existèrent que sur le papier.
Grâces à la confiance que les manières et les procédés du duc de Cox]^egliano inspirèrent aux plus défians, la garde parisienne avait pris un peu de c^onsistance dans les premiers jours de mars ; néanmoins la misère du temps appor* tait des obstacles presqu'insurmontables à son entière organisation. Les grenadiers , surtout dans les quartiers où il Y a plus d'industrie que d'aisance , n'étaient habillés qu'en partie. Pour, engager les fusiliers à faire des uniformes , il fallut les distinguer sous la dénomination de chasseurs. D'un autre côté , l'arsenal n'avait fourni qu'un petit nombre de fusils de munition ; l'armement se composait en partie de carabines ou mousquetons achetés de hasard ou ramassés sur les champs de bataille ^ de fusils de chasse et même de pacotille , dont l'usage était dangereux* Pour y suppléer , on fabriqua il est vrai » sous le nom de lances , des piques ornées de banderoUes ; mais les citoyens ne les prenaient qu'avec répu-^
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gnance ou les rejetaient même avec dédain , leur préférant les plus mauvaises armes à feu. La pénurie de celles-ci était telle , que pour mettre les gardes nationaux habillés en état de paraître à la revue du dimanche 2*7 , le général Ornano leur prêta 2,000 fusils de la garde impériale , sous condition expresse de les rendre le lendemain : ce ne fut que le 29 et le 3o au matin, qu'on leur en fit une seconde distribution de 4)000.
L'effectif de la garde nationale n'excédait pas 12,000 hommes , dont 6 à 7^000 seulement armés de fusils de munitiou , lorsqu'en vertu d'un ordre du roi Joseph du 23 mars , elle releva le 29, aux postes de l'intérieur et des barrières, les troupes de ligne qui devaient défendre les faubourgs extérieurs.
Sur la rive droite de la Seine les 1" et 4* lé- Distributîoa gions gardaient la gauche de l'enceinte , depuis la la Garde paribarrière de Passy jusques et non compris celle de Glichy. Le centre , formé de la partie la plus étendue et la plus susceptible d'attaque, allait depuis la barrière de Clichj jusques et compris celle de Charonne , et fiit confié aux 2®, 3^, 5®, 6* et 7® légions; la droite gardée par les 8® et 9® s'étendait depuis la barrière de Charonne jusqu'à celle de la Râpée.
Sur la rive gauche de la Seine, la 11^ légion gardait le centre , depuis la rivière de Bièvre jusques et non compris la barrière des Fourneaux ; 2. 28
434 'campagne de i8r4>
]e reste de Tenceinte était occupé, la droite par
la 10^ légion , et la gauche par la la^
Outre la grand'garde de l'hôtel- de -ville , les postes d*honneur des Tuileries et du Luxembourg 9 ceux de police à chaque Mairie , la garde parisienne prit alors les postes des petites barrières et dés établissemens publics , à l'exception des hôpitaux , des prisons , des ports et des marchés qui restèrent sous la snrreillance de la gendarmerie et des vétémns de la ligue. Quant aux grandes barrières , elles Curent occupées par un piquet de 5o grenadiers ou chasseurs de la garde parisienne , concurremment avec la ligne et la gendarmerie , sous les ordres d'un officier supérieur nommé temporairement par le gouverneur.
Douze grand'gardes affectées à chaque légion , et placées dès l'origine en -deçà des parties de l'enceinte , furent élevées chacune à i oo hommes; elles étâiient chargées de fournir des postes aux petites barrières , et devaie'Ht , en cas d'alerte , §e porter au, soutien des points menacés.
Le tableau^annexé sous le N*^ XXV, présente
, avec plus de déta^ la distribution de l'enceinte
entre les 1 2 légions , et l'effectif des hommes de
chacune d'elles habillés et armés à l'époque du
2Q mars.
Troupes de La garuisou de Pari3 se composait de 3o dé-
il"garl"sor* P^^^ ^^^ 5^* bataillons, d^ quelques compagnies de