‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 22 sur 107 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

vétérans , de la geDdarmerie de Paris et du corps de sapeur^pompiers. Outre ces forces , il y avait encore dans les environs de la capitale , à une ou deux journées de marche , 60 autres dépôts id'inÊinterie , (jui à l'époque du 26 mars , ne renferinaient pas moinsde 20 mille hommes. L'EmpereUr voulait qu au besoin et à défaut de soldats, on formât ces cadres en compagnies d'officiers et sous* officiers pour le service de Paris ; mais au ' 29 aucune de ces mesures extraordinaires n'avait été ordonnée. D'un antre côté , il eût été imprudent de détourner la gendarmerie et les pompiers du service d'ordre et de sûreté qui leur était confié ; ainsi le gouverneur n'eut à sa disposition, soustraction faite des troupes nér cessaires à la garde des prisons et des hôpitaux , qu'un nombre insuffisant pour le service extérieur qui lui avait été assigné par l'ordre du roi Joseph , du 23 mars. Â peine put-il jeter garnison dans St.-Denis et Yincennes , et faire occuper par dés détachemens les ponts de St.-Maur , • Charenton et Neuilly.

Il n'existait au dépôt général des remontes à Versailles, que mille hommes montés en état d'entrer en ligne ; mais d'après- les ordres de Joseph , le général Preval en forma un' régiment de marche qui , sous la conduite dû colonel de Carignan , escorta le 3o , Flmpératrica jusqu'à Rambouillet.

436 CAMPAGNE DE l8l4>

RéMrve de L'oii a VU au chapitre V, qu'en quittant Papériaie ris , l'Empereur j laissa 23 cadres de bataillons de jeune garde ^ mais la formation des divisions Charpentier et Boyer de Rebeval, les avait enlevés dès le 1 5 février. Il est vrai de dire qu'au fur et à mesure que les régimens s'épuisaient k l'armée , . leurs cadres revenaient se remplir à Paris ; cependant depuis le renvoi fait de Soissons par le duc de Trévise , de 2 1 officiers et 92 sous-officiers, il n'en était plus revenu , et le détachement parti le 17 mars avec le général Lefebvre-Desnoëttcs , avait presque tout enlevé , cadres et conscrits.

Il ne restait de disponible au 28 mars matin dans tous les dépôts de la garde , que 3,6oo hommes d'infanterie , 1 ,5oo de cavalerie , et 1 5o d'artillerie ou du train, quand sur l'avis de l'approche de l'ennemi , il partit avant midi pour Meaux un détachement de i,5oo fantassins et 700 chevaux sous les ordres du général Guye , lequel se réunit à Clay e , comme on l'a vu plus haut , au corps du général Compans. Dans la journée du 29 , i,5oo hommes d'infanterie et. environ 3oo de cavalerie formèrent l'escorte de l'Impératrice et du Roi de Rome ; il n'y avait donc pour renforcer l'armée que 60b hommes de pied et 3oo cavaliers : néanmoiiis , vu l'urgence du moment , le comte Ornano crut devoir opposer à l'ennemi environ 4^000 conscrits non encore organisés, et en forma une division dont le général

CHAPITAE XXVr. 4^7

Michel , à peine guéri de sa blessure , prit le cornmaDdement.

% Telle était le 29 mars au matin , la situation militaire de Paris.

Le départ de l'Impératrice et du Roi de Rome Départ de u

r 1 . ^ ^ .• .. •/ Régente pour

résolu et prépare en secret , ayant transpire , bioU. on parla de s'y opposer; mais un sentiment unanime se manifesta dans la garde nationale .pour protéger au besoin leur départ , et en général , la libre action des fonctionnaires du gouvemenlcnt. Un seul des grands dignitaires , le prince de Bénévent, fut, dit-on, arrêté à l'une des barrières , sans qu'aucune réquisition , nulle plainte , aucun avis de cet incident parvint aux autorités compétentes.

Dès .l'aube du jour, tout annonçait à Paris l'approche du danger et les craintes qu'il inspirait. On évacuait les archives et les effets précieux du gouvernement; on brûlait dans les ministères les papiers dont la pxLbIicité pouvait . nuire à TEtat ou aux particuliers. La plupart des fonctionnaires publics et des citoyens que Leurs services ou de grands intérêts retenaient dans la capitale , envoient loin de ce théâtre prochain d'hostilités , leurs femmes et leurs enfans. Paris devient en même temps le refuge des familles qui abandonnent les lieux occupés par l'ennemi ; et des convois de voitures , de bestiaux , de meubles , de denrées de toute espèce , encombrent les avenues. > obstruent les barrières. Une vague

438 CAJïPAGivÊ ht 1814,

inquiétude porte et retient hors des maisons i sur les placei, les quais et les boulevards , sur les rouies et les hauteurs voisines , une partie de la population de la capitale.

On affiche sur tous les murs , on met à Tordre du jour de la gardé nationale et de la garnison , la proclamation si cdnnue du roi Joseph , et ^ presque au même moment, on lit dans le Moniteur que l'Empereur a battu ^ le 26 à Sti-Dizier ^ le général Winzingerode , lui a fait 2^000 prisonnier et pris son artillerie. La foule en conclut que Napoléon peut arriver à Paris en même temps que l'ennemi ^ mais ne sera suivi que de loin par Tarmée française et même la cavalerie; en effet, ^ cela n'était pas impossible , s'il eût pris cette détermination à l'issue du combat de St.-Dizîer ; il fallait seulement qu'après avoir cessé de couvrir la capitale pour agir sur les derrières de l'entiemi , il changeât de plan , et que la défense dcî cette ville , qu'il avait considérée comme un objet secondaii'e , devînt le sujet principal de ses combinaisons. Toute incertitude ; tout retard dans un moment si décisif, devait lui faire manquer Tun et l'autre but.

Joseph mieux instruit d^es projets de son frère que des desseins de l'ennemi ^ croyait cependant n'avoir à repousser qu'un de ses corps d'armée ^ et ne désespérait pas d^en venir à bout avec la réunion de troupes qui allait s'opérer sous les tnurs de la capitale*

mo.

Page 1