CHAPITRE XXV. Sgi
contiendra le général Korf , et son avis est adopté. Aussitôt sa brigade se forme en'colonne d'attaque , aborde au pas de charge les chasseurs russes et les force à rétrograder; mais à peine ces deux régimens sont -ils écartés, que la cava< lerie du corps de Sacken , attirée par le bruit du canon , exécute plusieurs charges qui obligent le général Delord à se replier en carré.
Tel était Tétàt des choses , lorsque vers 4 heureis la cavalerie et l'artillerie de la garde russe entrèrent en action.
Le g^éral Pacthod qui avait déjà ^erdu beaucoup de monde , menacé de se voir assailli de toates parts, précipite sa marche vers les marais de Saint-Gond. La poursuite des Alliés n'en devient que plus vive, et bientôt il s'aperçoit qu'il lui sera impossible de les atteindre. Reconnaissant alors la position désespérée dans laquelle tl se trouve , il harangue ses gardes nationales , et leur montrant la honte d'une capitulation en rase campagne , leur fait jurer de vendre chèrement leur vie. Semblable au fluide électrique, son ardeur gagne tous les rangs , et les carrés immobiles comme des rocs , écartent , par un feu roulant, la cavalerie qui s'épuise en vaines charges contre eux. Désespérant de les forcer avec cette arme , l'empereur Alexandre fait avancer une brigade d'infanterie du corps de Rayefski ; mais avant
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.que celle-ci puisse donner , les batteries criblent de mitraille les carrés français , et y portent le désordre. Le général Borasdin , à la tête des régimens de Nouvelle-Russie et de Kargopol , enfonce celui de droite où se trouvait le général Pacthod , le sabre et lui fait mettre bas les armes ; d'autres éprouvent successivement le même sort. Néan^ moins celui du général Thévenet , de la division Amey , bravant toutes les attaques , touchait près de Bannes aux marais où il aurait trouvé un refuge asisuré, lorsque, accablé sous la mitraille de 48 pièces de canon ^ il donna prise à une dernière charge. Toute la cavalerie de la grande armée , celle du corps de Saclen et deux régimens de celle du comte Langeron s'élancent sur. lui et en font une horrible boucherie. Le général Thévenet fut blessé et pris : aucun homme n'échappa , car quoique enfoncés , les gardes nationaux combattaient à la baïonnette , et ne voulaient point accepter de quartier.
Telle fut la mémorable et sanglante journée de Fère-Champenoise. Les Français y perdirent 9,000 hommes , dont 5,ooo hors de combat : c'était presque la moitié dés hommes présens. ]Les généraux de division Pacthod et Amey , les généraux de brigade Jamin , Delord, Bonté et Thévenet qui se trouvaient au nombre des prisonniers , furent présentés à l'empereur Alexandre