CHAPITRE XXr
qui , dit-on , ne put s'empêcher de donner à leur valeur malheureuse des paroles de consola-/ tien.
On a fait monter la perte des Alliés à 4^000 hommes tués ou hlessés ; mais la prise de 60 houches à feu et de plus de 35o caissons , les dé^ dommagea amplement. Une particularité singu^ Jière , et qui , dans une guerre d'invasion ^ rappelle ces scènes déplorables des troubles civils , c'est que le chef de bataillon Rapatel , èx^aide de camp du général Moreau , devenu officier d'ordonnance de l'empereur de Russie ÇFÏugel ctdjiUantJ fut tué en sommant le carré où un de ses frères combattait comme capitaine d'ar* jtillerie.
Plusieurs causés concoururent dans cette fa- obscrvatioiw, taie journée à la perte des Français : .outre le mauvais choix de la position où ils furent atta-* qués , des militaires prétendent que lé duc de Râguse aurait dû faire tous ses efibrts pour empécher l'ennemi de déboucher , en formant derrière Soudé-Sainte-Croix deux lignes avec des intervalles pour laisser un passage aux tro)ipes repoussées. Par ce moyen, ils pensent que l'infanterie du duc de Trévise eût eu le temps de se placer d'une manière convenable , au lieu qu'en opérant aussitôt sa retraite sur Sommesous , les deux corps génèrent réciproquement leur formation. L'on observe encore qu'au lieu
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d'ordonner au général Pacthod de rester à.
Bergères, il fallait le dirigea en toute hâte sur Fère-Champenoise , et appuyer les deux corps en ai'rière à gauche , afin de couvrir son mouvement rétrograde, et d'éviter par-là le défilé de Gonnantray , dont le passage devint si funeste à l'armée. Enfin l'on croit que les Maréchaux n'étant plus poursuivis par le gros de la grande armée , et s'en trouvant débarrassés par la diversion du général Pacthod , n'auraient pas dû se diriger sur Allement , mais, bien plutôt sur ^^^anne , où ils eussent été renforcés par les troupes du général Compans.
Après ce brillant succès, qui assurait plus que jamais leurs projets sur la capitale, les Alliés campèrent pour la, nuit dans la plaine de Fère-Champenoise, où le quartier- général du prince de Schwarzenberg et des Monarques fut établi.
Les trois corps russes de l'armée de Silésie poussèrent jusqu'à Etoges; le gros des deux cotps prussiens ne bougea pas de Montmirail , un de leurs partis poursuivit celui du général Vincent sur Verdclot et Rebais ; le général Yorck ayant entendu à midi, une violente canonnade, envoya en reconnaissance vers Sézanne le général Ziethen avec la réserve de cavalerie soutenue de quelque infanterie.
Quelques heures après leur arrivée à Allement,