‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 5 sur 107 · CHAPITRE XXV. SqS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV. SqS

les Maréchaux français tinrent conseil , et réso- ^^J^* ^^^ lurent de se retirer par cette ville. Quoiqu'un wrctraitepar peu tardive , cette résolution pouvait cependant Pan*encore avoir lieu , en envoyant sur-le-champ une division de cavalerie ouvrir la communication avec le général Compans. Mais par une apathie assez excusable après une journée si malheureuse, au lieu de prendre ce parti au moment même, ils se contentèrent d'arrêter le départ pour le lendemain de bonne heure, en invitant le comte Compans à tenir jusqu'à leur arrivée.

Ce général ne pouvait , sans imprudence , accéder à leurs désirs ; instruit de la position des corps d'Yorck et de Rleist à Montmirail , ayant en vue la cavalerie du général Ziethen , il leur répoudit, qu'avec un matériel considérable à couvrir , il était obligé de se mettre en route avant minuit ; mais que , pour faciliter la jonction , il laisserait à Sézanne une arrière " gai^de jusqu'à deux heures du matin. Contrariés par cette détermination , les Maréchaux se mirent en mouvement le 26 k 3 heures après minuit. Les dragons du général Roussel ouvraient la marche par deux , dans un chemin creux très-difHcile ; venaient ensuite les régimens de marche aux or* dres des colonels Ghigny , Christophe et Leclerc , . ' après lesquels marchait le 1^^ corps de cavalerie, que suivait l'artillerie , puis l'infanterie par le flanc ; une division d'infanterie du duc de Raguse

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fermait rarrière - garde de cette colonne longue et mince, Les deux Maréchaux marchaient à l'arrière-garde.

La nuit était très-obscure : quelques feux à demi-éteints éclairaient , de distance en distance , le sommet de la montagne de Saint -Pierre à droite de Sézanne. Gn voulut les reconnaître ; des ravines très-profondes s'y opposèrent; enfin , un dragon ayant mis pied à terre , se glissa dans la ville, et revint annoncer qu'elle était déserte.

Au moment où l'on apportait cette désagréable nouvelle, des vedettes ennemies s'avançaient pour reconnaître l'avant-garde : c'étaient celles d'un détachement du général Ziethen qui était entré à Sézanne aussitôt après le départ de l'arrièregarde du général Compans , et qui cr^oyant toute l'armée française passée, avait établi son bivouac en sécurité près de cette ville. Au cri des vedettes prussiennes , la tête de la colonne formée en masse par pelotons dans un petit champ à droite du chemin , saisie d'épouvante , se sauve au galop sur AUement. Le comte Belliard et le général Roussel crient, menacent, et les dragons s'arrêtent enfin. Pendant que des officiers les formetit de nouveau , et que d'autres dissipent l'alarme propagée dans la colonne , les généraux délibéraient tumultueusement , sans rien décider. Le jour allait poindre , il n'y avait pas une minute à perdre. Fallait- il ■autre chose que de l'audace pour tirer l'armée

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