CHAPITRE XXVII
sous ses ruines plutôt c|ue de souscrire à une capitulation honteuse ; qu'au reste , quand il ne pourrait plus le défendre , il savait encore où et comment effectuer sa retraite , devant et malgré l'ennemi.
Mais dans cet intervalle , le duc de Rafi;use avait Le<iucdcTré.
o vise adhère si
conclu sa suspension d'armes. Le duc de Trévise i» *'«^« ^'^'^'
1* • 11 / XI > ^ . sentie par son
en reçut 1 avis , et adhérant a la trêve , se réunit à coUèguc. son collègue pour traiter d'une convention digne de leur caractère et de leur glorieuse résistance. Us se rendirent en conséquence à la Villette où se trouvèrent , de la part des Alliés y le comte de, Nesseîrode ^ ministre de l'empereur Alexandre ; l'aide-de-camp de ce prince, comte Orlow, le comte de Paer , aide-de-camp du Généralissime , et le capitaine Peterson , délégué du commissaire anglais. En même temps , des aides-de-camp ou officiers d'état-major des deux armées , allaient , préc^édés d'un trompette, annoncer sur toute la l/gne la suspension d'armes , et faire cesser les hostilités.
Les hauteurs de Montmartre devaient être remises aux Alliés comme une conséquence de la clause qui , dans la suspension d'armes , donnait pour ligne aux Maréchaux l'enceinte même de Paris. Un aide-de-camp de l'empereur de Russie fut envoyé au comte Langeron pour l'en informer ; mais soit que cet officier général fût jaloux
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de remplir avant la fin de la journée la tâche qui lui avait été assignée dans le plan d'attaque , soit que l'éloignement n'eut pas permis de lui donner assez tôt connaissance de la trêve , les hostilités continuèrent quelque temps encore à Mouttnartre , aux Batîgnolles et à la barrière deNôuilly . Nous avons cru devoir placer ces éj#îsodes à la fin de notre relation, tant à cause de Tintérêt qu'ils ofifrent par la nature particulière des engagemens ou les conséquences qu'ils pottvaient avoir sur le sort de Paris, que parce qu'ils terminèrent en effet la journée, 5« moment. Avaut dc décrire les attaques, rappelons en
Attaques sur a ' n ^
Montmartre , peu dc mots Ics faiblcs ressourccs qu'offrait sur
Jes Batignolles *• ^ "■■
et la barrière ce point la défense.
Montmartre avait reçu le matin quelques détachemens de la garde parisienne : les légions voisines et même des légions éloignées , teîles que la 9® et la lo®, envoyèrent "Sur ce point 'des pelotons de grenadiers , ou de chasseurs; mais vers onze heures et demie , c'est-à-dire à rinstaut où les mouvemens du comte Langeron , vers Saint-Ouen , déterminèrent le départ du roi Joseph , des officiers généraux vinrent donner à ces détachemens , l'ordre de descendre aux Batignoles et dans la plaine de Clichy. 11 ne resta ^ sur Montmartre qu'un faible détachement de
vétérans et de conscrits tirés de la garnison de
Oha^itrè xxvtt. 497
Paris. Ce ne fut qa'un peu plus tard qu'on dirigea sur ce point , à défaut d'autre infanterie , le bataillon de sapeurs-pompiers de la garde , affaibli par les postes qu'il avait été obligé de laisser aux Tuileries et à sa caserne , rue de Clichy. L'artillerie placée sur le haut de la butte consistait en deux batteries , l'une de sept bouches à feu au moulin de la Lancette , et l'autre de deux pièces au Moulin-Neuf; bonnes pour battre au loin la plaine , elles n'opposaient l'une et l'autre de près, que des feux fichans, peu dangereux aux masses arrivées au pied de la montagne. Il n'y avait à la hauteur de Clignancourt que la cavalerie du général Belliard et son artillerie légère , en état d'arrêter les progrès des attaques directes du comte de Langeron.
Rien ne l'empêchait de les combiner avec les attaques de flanc , et particulièrement sur le faubourg des BatignoUes où convergent les routes de Saint-Ouen et de Clichy à Paris. Déjà la cavalerie du général Emmanuel arrivait par cette dernière à hauteur de Yilliers, où ses tirailleurs étaient aux prises dans la plaine avec ceux de la garde parisienne , et pouvaient en peu de minutes insulter les faubourgs des Batignolhes et de Monceaux. D'un autre côté, une colonne d'infanterie s'avançait avec une batterie par le chemin de Saint -Ouen, et prit bientôt après position au point où ce chemia
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coupe la croupe qui descend de la hutte des
Gardes vers Clichy.
En6n , ces attaques de front et de flanc pouvaient être favorisées par une diversion sur les barrières de l'Ouest, notamment sur celle de Neuilly ; puisque la colonnequi suivait le chemin de la Révolte , parvenue à la porte Maillot , avait moins d'un kilomètre à parcourir pour insulter cette barrière.
Depuis la barrière de Clichy jusqu'à celle de Neuilly, l'enceinte et les faubourgs extérieurs n'étaient défendus que par la garde parisienne ; et comme l'extrême gauche de l'armée ne s'étendait que jusqu'à Montmartre , cette ligne se trouvait abandonnée au duc de Gonegliano.
Dispositions Dès. quc cc Maréchal aperçut le mouvement
de défense sur ■*. t il»
l'extrême gau- des corps du comtc Langeron sur les cnemms c e e a gne ^^ j^ Révoltc ct dc St.-Ôueu , il sc porta à la barrière de Glichy. Le comte Regnaud de St.-Jean d'Angely , chef de la 2^ légion , ayant reçu , comme président de la section de l'intérieur au Gonseil d'Etat , l'ordre de se rendre à Blois , et de transmettre des ordres semblables aux membres de cette section , le Maréchal confère au chef de bataillon Odiot le commandement provisoire de la légion et des détachemens qui occupaientja barrière de Glichy et la chaussée de St^Ouen , où il fait avancer une batterie légère ,
CiîAPITRE XXVII. 4gQ
destinée aVec deux pièces établies suf lâ butte ées Dettx-Moitiiiis , à battre la colohiiie et l'ârtilleri^ que l'entieiaii dirigeait par cette route sur la crottpe de la hutte des Gardes. Les dëtachemens <Jui , Vers midi , étaifent descendus; de Montmainre dans la plaine , se replièrent stil' les Balignolles ^ pressés par les troupe^ légères russes» Le duc de Coneglîano Ifeur ordonne de se jeter dans les maisons (i), pour y soutenir avec plus d'efficacité et moins de péril la batterie légère, et proléger au besoin la retraite de la brigade DautancoUrt, qu'il fait prévetiîr de ces dispositions par soti fils (2).
Rassuré sur cç point , le Maréchal visita les autres barrièires ; son chef d'état - major arri-
( I ) Un faux point d^hbnneur empéclia d'abord une partie des gardes nationaux de s'y loger : « Nous n'asf ans pus peur, dissient-ils, » et nous ne voulons pas nous cacher, » Le duc de Conegliano , pressé de donner ses ordres ailleurs, laisse sur ce point son Chef d'état-major , qui ne parvient à les persuader qu'en leur demandant s'ils croyaient sérieusement que le doyen des Itlaréchanx leur conseillât une lâcheté. Ce trait et beaucoup d'autres confirmèrent dans cette journée une observation dont il importe de tenir CofAptè à la guerre , c'est que les troupes inexpérimentées , les plus «ttSteptibles 6ans douté de terreufs paniques, ne le sont pas moins des actes d'un courage inutile y et courent elles-mêmes aa^devant dt^ péril qui leb étonne.
(3) Le colonel Moncey se trouvait alors à Paris pour se guérir d'une blessure reçue à Champaubért^ et n'avait pu résister au àéùt d'être utile à son père dans cette mémorable journée.
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vant à Montmartre , pour rendre compte au roi Joseph de sa seconde reconnaissance , trouvant le pavillon désert , et remarquant les progrès du général Emmanuel sur le chemin de la Révolte , se porta rapidement aux barrières de Neuilly et du Roule pour observer de plus près ses mouvemens , et aviser aux moyens les plus propres à les retarder , ou du moins à mettre cette partie de Tenceinta à l'abri d'insulte , tandis que l'armée contiendrait de front les masses de l'ennemi. Les commandans des barrières prirent ces mesures avec autant de zèle que d'intelligence : ils mirent en bataille leurs postes sur les crêtes qui dominent les Thermes et la plaine du bois de Boulogne , j portèrent des patrouilles et des tirailleurs; et l'artillerie fut conduite en avant de l'arc de triomphe , où on la couvrit sur-le-champ d'abattis.
Ces dispositions et celles prises aux Batignolles, appelèrent l'attention de l'ennemi. La colonne qui suivait le chemin de Saint-Ouen s'arrêta; celle qui marchait par le chemin de la Révolte déclina au loin sur la gauche , et tâcha de rejeter nos tirailleurs sur les barrières. Lorsque sa tête parvint à la porte Maillot, le général Emmanuel n'osa l'engager de suite et toute entière dans le bois de Boulogne. Un détachement de troupes légères avec quelques pièces et de nombreux tirailleurs , marcha contre
I CHAPITRE XXYIT. 5oi '
la barrière de l'Etoile; soit qu'il eût dessein de pénétrer dans Paris , de [eter l'alarme aux Champs-Elysées et jusqu'aux Tuileries; soit qu'il voulût seulement reconnaître et contenir des troupes qui montraient une belle attitude dans une position avantageuse (i).
Mais une attaque plus sérieuse menaçait la butte Montmartre. Tandis que le détachement et l'artillerie destinés à contenir le faubourg des BatignoUes , s'avançaient par le chemin de Saint - Ouen sur la croupe de la hutte des Gardes, le reste du corps de Rudzewitsch , fort de 20 bataillons, se dirigea entre la hutte et la gauche de Clignancourt ; celui du général Kapzewitsch marcha contre le centre et la droite de ce viUage. Ces deux colonnes, précédées d'une artillerie formidable , arrivent à petite portée de fusil de la cavalerie du comte Belliard. En vain charges de pour les arrêter le général Dautancourt les charge çarse*"ur'^*u à la tête des chasseurs que commandait le chef 1^°^^*^*,^*^' d'escadron Lafitte, il est ramené par leur feu; le général Sparre avec les 5^ et 12® de dragons
(i) Ea effet, si ces forces eusseAt été asse^ nombreuses pour prendre Toffensive contre cette colonne de cavalerie , elles auraient pu la faire repentir de cette longue marche de flanc, sur une route à laquelle aboutissent les chemins courts et faciles qui descendent des barrières sur Glicfay , YiUiers et Neuilly.
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n'çst pas plus hçureux , et bieqtôi; toute U Ugpe est pi)ligée de se réfugier au pied de Moiad-' iipartrç. Dé^r^é de pa^t et d'autre , ]e comte Belli^rd u'est plua libre de chercher vxk meilleur terrain dans les plaines latérales; alors le comte Langeron réunit 3o . k 36 pièces de can<oa , et ^at à mitraille cette cavalerie que pç'otégeait à pçine (juelques pièces l^çgères , et que l'artillerie d.e posjitiaû ne défendait plus. Ce feu ter^ ril^lç l'ébraule enfin; elle esj: forcée de faire volte-face et de s^e retirer par les rues étroite» qX rapidjçs qui conduisent au somn^et de Mont- ]^ai:tre. Les régimens de marche des colonels Christophe t GJiignj etLeclerc , les dragons d^ g^énér^l Roussel , ainsi que la brigade Dai^itancourt ren]ton£ent qu galop S6$ pentes escarpées.
Au njiilieu de^ cette retraite précipitée , le gélatéral Belliard aperçoit sur le jQaiobC gauche dc^ - 1^ butte , le bataillon de sapeurs-ppmpiefs de 1^: garde , le jette dans un enclos à mi-co^te , et lui prescrit de tenir ferrie» Ces aSo hommes furent; l'unique troupe que les deux colonnes d'infanterie des généraux Kapzewitsch et Rudzewitsch j,^j^^^^j^j^^j rencontrèrent; aussi elles gravirent la butte en jiiaitrepariespçu (J'înstans , la courounèrent et couvrirent bientôt la naissance dies ramper qui descendeuit^ à Paris.