‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 6 sur 107 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

de ce'pas difficile où l'imprudence l'avait jetée? Il suffisait eu effet de traverser la ville au galop , et d'aller prendre position sur les liauteurs cpii dominent la vallée de Belle-Croix ; car , d'après toutes les. données , il était probable que l'ennemi n'avait pas encore d'infanterie dans Sézanne; il s'agissait donc d'une surprise où les plus hardis devaient nécessairement l'emporter.

Cet avis prévalut, mais la lenteur mise aux Combat de dispositions d'attaque , donna le temps aux Prussiens de préparer la défense , et les dragons furent vigoureusemen t reçus à leur première chargei^v Le jour découvrant enfin le millier de chevaux qui barrait le passage, leur rendit un peu de confiance. On les fit d'abord cauouner en front par une Batterie légère , et charger ensuite sur la^ gauche dans le vallon de Belle-Croix. Quoique ces charges ne fussent pas poussées à fond , elles déterminèrent les Prussiens à se retirer sur la route de La Ferté à droite du Morin. Durant cet engagement de cavalerie , le général Christiani traversa la ville au pas redoublé , et alla s'établir sur la hauteur , à l'embranchement des routes de La Ferté et de Coulommiers.

Le combat cessa vers 9 heures du matin. La cavalerie , après avoir tourné Sézanne de la droite a la gauche , rejoiguit la grande route vis-à-vis 1^ tuilerie , et forma l'arrière-garde avec une batterie légère. L'ennemi perdit , dans cet engage-

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ment, environ 200 hommes, dont 60 prisou-* niers*

L'armée suivit la route de Coulommiers jus^ qu'à Estemay ; ensuite prenant à droite la traverse, elle se porta, par Réveillon, sur La Ferté-Gaucher , en vue de suivre les traces du général Compans , sur lequel on conçut les plus vives inquiétudes. On fit à Moeure une halte de 4 heures, dont les troupes avaient besoin à la vérité^ et néanmoins dangereuse , puisqu'on était pour^ suivi par un ennemi auquel on se trouvait hors d'état de résister. La cavalerie prussienne n'in^ quiéta pas l'arrière-garde et suivit le chemin de La Ferté qui longe la droite du Grand-Morin ; mais le prince royal de Wurtemberg , à la tête de lavant -garde-de la grande ^rmée , étant arrivé à Sézanne trois heures après le départ des Fran* çais , se mit aussitôt à leur poursuite sur la route directe de La Ferté-Gaucher.

Cependant le générisil Compans , échappé aux dangers qui le menaçaient , s'était retiré en arrière de Réveillon d'où , le 26 au point du jour , il avait continué sa marche sur La Ferté-Gaucher. A peine établies, ses troupes furent attaquées par l'avant'garde du général Yorck qui, à dessein de couper la retraite aux corps battus la veille , s'était mis en mouvement' le matin de Montmirail sur La Ferté, suivi de celui de Kleist. Contraint alors de les replier en toute hâte, il les

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