‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 52 sur 107 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

magistrats étonnés de leur voir cet ancien signe du ralliement des Français /n'apprirent pas sans surprise que c'était un signe de reconnaissance analogue à celui des Gamisades. La dépntation trouva Paris tranquille : les barrières avaient été remises avec ordre et dans les règles. Une assez éloignée, celle de Neuillj, fut Tunique où la fidélité du chef de poste et du commandant des- Alliés à leurs ordres primitifs, devint le sujet d'une altercation , heureusement terminée par l'arrivée des commissaires..

Dans l'intérieur , la garde nationale continuait Agitatîon4«t ses patrouille^. La population affluait aux bar-p]^ li^es , dans les mes , sur les boulevards assignés pour le passage des Souverains et de leurs troupes, et paraissait attendre avec un mélange de résignation et de curiosité , le triste et nouveau spectacle qui lui était réservé.

' Tandis que les intérêts de la capitale se réglaient à Bondy , ceux de la France étaient secrètement agités dans Paris. Fïnl n'y voyait de terme à la guerre , ni au pouvoir absolu, tant que Napoléon resterait sur le trône, et les partis méditaient un changemenl^ans la direction des affaires. Celui des mécontëns songeait à transférer la couronne au Roi de Rome, en donnant la régence à l'Impératrice. ,Le second parti ne voyait de salut ni de repos'que dans le rappel de l'ancienne maison des Bourbons.

Le départ de l'Impératrice et de son fils , la

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iranslatipa an Gouveraemeat àBlois, et Véiolgiie^ m^nt de l'armée , laissaient le parti de la régence sam oiigaaes et sans appui. Il ne restait à Pari» ^f$on»e qui eût titre ou qualité pour plaider sa cause ; de plus , l'empereur d'Autriche se trouvait à Di]on 9 Çt Je prince de Sch waripenberg semblait annoucer dans sa proclamation que ses instruc* tions étaient subordonnées au voeu des Parisiens ; en sorte que tout concourut à écarter les propositions en sa faveur. '

Le parti de la restauration favorisé en secret par le prince de Bénévent , acquit tout-àcoup en lui un chef qui conservait d'anciennes relations près d^ Souverains , et pouvait , comine grand dignitaire , agir sur le sénat et sur les restes du corps législatif» Son influence immédiate ou ^ indirecte n'était pas moins marquée sur les autorités civiles de Paris, et particulièrement sur le Conseil municipal. Il ne restait , pour mettra ces ressorts e» action, qn'à obtenir quelque expression de ce yo8U public indiqué par les Souverains comme règle da leurs décisions»

Division du Vu but commun réunissait les-partisans de la paruroyaii.tCjpg^j^^^^^^ . ^^^ voulaijjtt Ic retour du Roi;

ceux-ci ♦ parce que deplls vingt-cinq ans leur cau$e était liée k la sienne; ceux-là, parce que la Emilie des Bourbons pouvait seule éloigner du trône tout ambitieux , et ôter sans retour à Napoléon une couronne que la régence ne l'empêcherait pas de reprendre sur la tête de

9onfi)$. Hm^ à'^c^ord «ur la dyp^stie , Us diâSsr^ieot $i^r IçL lornae du O^tsT^rD^meot Les lin^réçlamEtiml; mqq çoi»^ûl4Uio& ;ai3.(»)ogue à celle 4ç TAwgMi^re , et de* garantie^ , ipit en faveur 4e9 întéf éts crée^ p^r la ré^okition., soif; i^ontre les abus «qui ra>yaieni produite. Les autf es voul^jlept qa'aFec le trô^e oa relevât de ses ruines tout réfdifice de {antique m^oarebîe. Des pubJîcîstes 4^i , soi^s U QQ^¥ee^&mQnt iisapérial , avaient réduit eu ^prps de doetrîpe la pratique dxjL pouvoir ^b^olu , den^iajadiiiieut une uiouérchie illimitée. Uu grand nombre âç ^xâilles, dépouillées par la révolution , revendiquaient , sinon leurs j^irihêg^p du mom^ leurs boii9eurs et leur fortune , comme une conséquence du rétablisse- , Wiçnt de la famille royale; mais la divergence d'opiuion^nff pouvait éclater qu après le succès « Il s'.agis«ait de ^obtenir, et pour Tactiôn, les partisans de la restaiiration se divispieôt eq. 4eux .classes : jçeux q^ii f^rniLaieut froidement d|p$ combinaisons politiques 9 et ççuîx. que de grands intérêts, uq Ip^g abaissement , une brillante perspeictive , le seicip , Tâge ou le caractère rendaient susceptible» 4'^^tbpusiasmeet d'exaltation. Pour obtenir de c^es derpiers une manifestation publiqMbç df leurs si^Qtimeus , il suffisait de ne pas y

mettre d'obsi^pleSf

Vers le^ 1 1 heures du matin , upe çinquaptçiipe doin^n^uf*^*de jeupes gens prirent la cocarde blwehe , »or- f^Stfonî* "'

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tirent avec de petits drapeaux , se réunirent sur la place de la Concorde , et se portèrent vers le boulevard de la Madelaine en criant : vive le Moi! vwe Louis XVIII ! /vivent les Bourbons! Les croisées des boulevards se garnirent à l-instant de femmes qui agitaient dqs mouchoirs blancs , et jetaient aux passans des cocardes blanches. Cette espèce de mouvement se propagea sur le boulevarddesitaliens, où quelques-uns la prirent avec l'expression de l'enthousiasme et du délire. La mass'e de la population étonnée de ces transports auxquels elle n'était pas préparée , semblait animée de sentimens opposés , quand son attention fut détournée tout-à-coup par un spectacle imposant.

Entrée des Lcs AlHés entraient à Paris. L'empereur Alexandre , le roi de Prusse , le prince de Schwarzenberg , les généraux , les commissaires anglais j suivis d'un nombi'èux état-major , marchaient à la tête d'une longue colonne d'infanterie , de cavalerie et d'artillerie , qui se développait sur les sinuosités des boulevards, et se dirigeait vers les Champs-Elysées. Lorsque le groupe des Souverains parcourut les boulevards des Italiens et de la Madelaine , les mouchoirs s'agitèrent aux croisées : par-tout où ils voltigeaient 9 partaient des cris de vivent les Bourbons! vivent les Souverains ! vivent nos Libérateurs! Ces cris étaient répétés dans les contrç-allées

Alliés à Paris.

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