CHAPITRE XXV. 39g
dirigea sur Goulommiers. C'eût été un grand bonheur pour les Maréchaux , que les Prussiens eussent continué à poursuivre ce général ; mais ils ne prirent pas le change , et jugeant avec sagacité que le gros de l'armée française ne pouvait êtté déjà passé, ils s'établirent solidement à La Fer té-Gaucher, sur les deux rives du Grand-Morin , et se contentèrent de faire donner la chasse à la division Compans pat* le général Horn, avec quelques escadrons et sa brigade d'infanterie.
Ne se voyant d'abord suivi que par de la cava- combat à» lerié légère , le général français crut pouvoir s'arrêtera Cbailly, position assez avantageuse; mais sa troupe était tellement démoralisée , que la brigade prussienne l'ayant attaquée vers deux heures , la culbuta , lui prit 3oo hommes et la rejeta en désordre sur Coulommiers , où' le général Vincent , attiré par le son du tocsin , s'était rendu dans la nuit , et avait rallié un millier de fuyards de toutes armes de l'armée des Marér chaux.
Ce renfort inespéré mit le général Compans à même de rétablir l'ordre dans sa division , et d'aller prendre position sur les hauteurs de Montanglaust , au-delà de Coulommiers , où il passa la nuit après avoir fait voler tous les ponts du Grand-Moriu.
De leur côté les Maréchaux igaorant le -^ort
4oO " CAMPAGNE DE i8i4ï
de cette division , se remirent en marche, à utié Çoirhau Je heure sur La Ferté-Gaucher; et lorsaue le duc «her et de dc Trévisc dcsccndit , vers 4 heures , de Moutis isur La Ferté , il trouva la brigade du prince Guillaume de Prusse établie &ur les l^auteurs de la rive gauche du Petit-Morin, en avant de la ville-
Si Tarmée française n avait pas fait une si longue halte le matin, il est vraisemblable qu'elle eût prévenu les Prussiens à ce passage important , et qu'elle eût évité le combat. Après quelques manœuvres soutenues par intervalles d'une canonnade réciproque , le prince Guillaume qui n'avait point encore été rejoint par le corps du général Kleist et les réserves d'artillerie , craignant d'être £orcé , laissa un rideau de tirailleurs en avant de la ville , pour tenir en échec la gauche de son adversaire , jeta trois bataillons dans La Ferté , et se mit en bataille en arrière avec le reste de sa division*
Cependant l'infanterie de la garde descendit ^ar l'a chaussée jusqu'à la Maison-Dieu par où elle voulait pénétrer. Là Ferté-Gaucher est le point de réunion des routes qui, deSézanne,^ longent les rives du Morin. Depuis là jusqu'à •Çoulommiers , comme on l'a vu au chapitre VllI , la seule chaussée qui se dirige sur Paris ,' côtoie la rive droite de cette rivière. 11 n'y a , de cette