‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 61 sur 107 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Le duc de Reggio , à la tête de Ja. cavalerie du comte de. Yalmy ,. conduisit battant le gros des Russes a i5 kilomètres au<<lelà de $audrupt, où la nuit le força de prendre .position. . Le duc de Tarante do^na la chasse au baroi^ Tettenborn jusg[u'à Pertl^QS , et Ton ne cessa d'y fusiller qu'à la uuit. Le quartier impérial re^ta à St.-Dizier où la garde s'ét^lit. Les Russes perdirent dans cette journée 1 5 à i«8oo. boQimes , dont environ 5oo prisonniers , .9 pièces . de canon , un équipage de pont; et tpuj» leurs bagages : la perte des Fran* çais n'excéda pas 600 hommes hors de combat , avantage produit par la, vivacité de leurs attaques. . -. % ,^

Cçttç viçtQÎre , la dernière de Napoléon, n'^ut d'autre résujltat que de lui dessiller . les Napoléon yeux,. Malgré les trophées amoncelés à ses pieds, jetaern^rcw il ne se dissimula plus que le coup fatal était i^ rou'it^ ^de porté à s^ puissance et à sa gloire. Convaincu ^^*^**°* çnfin que .jtes Alliés étaient en pleine marche sur .Paris , il eUt d'abord i'intention de voler à son secoure yen manoeuvrant sur leurs derrières , par Tuiie ou . l'autre des routes qui y conduisent de Châlons; mais il Êijlait préalablement enlever yitry ,. et l'entreprise était difficile. Néanmoins , toute l'armée à l'exception du 7^ corps dinfàn^ terie et du 6® de cavalerie se dirigea le lerjide- .maip sur Yitry , et poussa devant elle les brigades des généraux Tettenborn et C^e^nischev^

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Le gouvemeor somme de nouveau, montra plus de fermeté que cinq jours aupararant , et ne se laissa pas întimider par les préparatifs d'une attaque de vive force*

Cependant une reconnaissance plus exacte de Conseil tenu la placo avant convaincu que le coup de main

derant Vitry. ,

était trop hasardeux , l'Empereur conféra avec les princes de NeuchAtel et de la Moskov^a sur le parti à prendre dans la conjoncture, et proposa d'abord de se jeter avec toute Tânbéedans les Vosges , au débouché desquels se trouvaient déjà d'un côté le duc de lleggio à Bar, et de l'autre le général Durutte , aux environs de Verdun ; mais le M ajor-génépal d'accord avec le prînce de la Moskowa, combattit fortement ce projet, prétendant quç quitter la trace des Alliés , c^était leurabandonner'Paris, et mettre désormais toutes les chances de la guerre en leur faveur. Alors on agita la question de marcher sur Paris par la route de Sézaunë et Goulommiers ; le prince de 9feuchâtel sonliint qu'elle était impraticable, et démontra d'ailleurs qu'ayant la Marne à passer à Lagny ou à Meaux, cette opération toujours dangereuse en face d'un ennemi , le serait bien ' davantage vis-à vis d'une armée supérieure en nombre. INapoléon écouta pour la première fois des avis qui s'écaxtaient autant de son opinion , et vivement pressé par le prince de la Moskowa , qui lui représenta le danger de lais-

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ser lêft Alités s'établir à Paris , il se décida à re^eiiir par Saint - Dîzier , Bar-sur - Aube et Troyes, en arrière de la forêt de Fontainebleau.

L'on se mit en monvement par nn temps bor- L*ariné« «e

•» m 1* •«••> met 6n marcho

nble , sans chaussure et sans pam depuis cinq a sur paru par six jours. Cette contre-marche dont Tarmée pé- '^^*** nétra la cause et Tobjet^ lui arracha quelques mur« mures; car elle eàt préféré prendre Vitry de vive force à retourner sur ses pas; toutefois elle s*échelonna de Marolles à Valcourt où la division Albert et les dragons du général Trellîard formerait Farrière-garde. UEmpereur et ia garde , retournèrent coucber à ftiint-Dizier.

Au moment où le gros de Tarmée revenait ainsi sur ses pas, le duc de Reggio entrait à Bar , et jetait dès partis sur la Meuse , pour avoir des nouvelles «te la division sortie de Metz avec le général Dunttte; mais oh n-eh put rien apprendre , quoique depuis deux jours dtle se trouvât entre Longwy "et Verdun. *Le général Win- 2ingerode , favorisé parée contre-temps , s'assura d*un passage de la Meuse en envoyant la division prussiehne du prince Biren de Gourlande , accourues de Nancy, prendre position à Saint- Mihiél. . .

Lemou^emenf rétrograde de Tarmée entraînait nécessairement celui du Maréchal. Il reçut ordne de r joindre en toute hâte, et se mit en marche

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le soir même. Le duc de Reggîo exécuta cet

ordre à regret ; témoin de l'esprit qui éclatait à

son approche dans le département de la Meuse,

Le duc de où il cst ué , il proposa de proclamer Tinsur-

Reggio pro- , ■■ *• , *■

pose d'iasor- rectiou et d'appeler les Lorrains aux arng^s ; mais raine. le priuce dc Neachàtel , dont l'avis avait prévalu ,

lui répondit que cette mesure n'offrirait pas tous les avantages qu'il s'en promettait, parce qu'il fallait que la masse fCit soutenue par de la ca* Valérie , plus utile ailleurs que sur ce point , et se contenta de lui env^oyer des çommissioiis en blanc pour des chefs de parti»

Le 23 , l'armée commença son mouvement sur Troyes, en 4 colqimes. La i®'® composé^ de l'artillerie et de la çavalçrie légère des 5* et 6^ corps de cavalerie , fut rappelée des environs de Ghaumont sur Troyes ; la 2® fprmée de toutes les troupes à cheval de la garde se dirigea sur Brienne ; la 3®. consistant dans l'infanterie de la garde, qui se trouvait aux eur virons de Saint-Dia^ier , vint sous les ordres du prince de la Moskowa coucher à Montiérender où fut établi le quartier impérial;, enfin, la 4^ composée des six corps , pi^écédemment com-' mandés par le duc de Tareute , poussa jusqu'à Yassy où fut transféré son quartier-généraL Le comte Gérard qui tenait Yalcourt , ne s'ébranla qu'au moment où le duc de Reggio déboucha de Saint - Dizier . sur la route d^ Joinville, et

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s^échelonûa le soir depuis Humbecourt jusqu'à Vassy;

Cette marche se fit par un temps affreux dans des chemins de traverse défoncés , où la 'cava-< lerie et sui'tout Tartillerie eurent mille peines a avancer , ^et Ton mit le feu à une soixantaine de caissons qu'on ne put tirer des boues , afin de renforcer de leur attelage celui des pièces.

Dès que le général Winzingerode s'aperçut qu'il n'était plus poursuivi , il reyint à Saint- Dizier où il rappela les généraux Tettenborn et Ca^mi^chew.

Le 39 mars, Napoléon à la tête de la cayalerie AmTéed^un de sa garde , était en route sur Y andoéuvres , lors- annonce ren-

, • /-f/in'i* •. ^ trée des Alliés

qu un courrier expédie de Pans lui remit au pont à Meaux. de Dolencourt une dépêche du roi Joseph qui lui annonçait l'arrivée à Meaux des armées combinées. Bien qu'il dût s'y attendre , cette nouvelle augmenta sa perplexité. Il envoya, comme on l'a déjè dit, le général Dejean aux Maréchaux pour leur recommander d'éviter l'occupation de la Capitale , en annonçant au prince de Schwarzenberg les propositions qu'il faisait à l'empereur d'Autriche , et qui , selon lui , étaient de nature à ameiner la paix. Un agent diplomatique partit au même moment pour Dijon , avec une lettre autographe adressée à ce Souverain. Le bruit courut à l'armée qu'elle renfermait une promesse pure et simple de souscrire à toutes les conditions

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du projet de' traité qu'il avait rejeté; mais on ignore jusqu'à quel point cette conjecture fut fondée ; quoi qu'il en soit , après une halte d'environ trois heures , Napoléon partit pour Troyes escorté seulement par ses escadrons de service.

Deux escadrons se portèrent de Dolenoourt à Ih rencontre de la cavalerie légère du général Pire, et rejoignirent le lendemain matin avec elle.

Le gros de la cavalerie de la garde poussa jusqu'à Troyes , où il arriva dans la nuit ; l'iur fanterie bivouaqua à Lusigny.

De Dolencourt, le Prince Major -général expédia entre trois ou quatre heures du soir des instructions particulières à tous les che& de corps; et afin d^éclairer ceux qui ignorai^it encore le but de la marche , elles portaient le préambule commun que voici :

« Nous venons de recevoir tous nos courriers » de Paris; l'esprit de la ville est bon* Les ma- )) réchaux ducs de Trévise et de Raguse, qui » n'ont pas souffert , et ce qu'on a pu ramasser yï à Paris, sont en bataille avec une nombreuse ^ artillerie sur les hauteurs de Glaye* Blucher » a du entrer aujourd'hui ^tg à Meaux. L'Ëm- » pereur sera cette nuit à Troyes et demain » à Nogent. Il ftiut marcher jour et nuit , pre- » nant seulement les intervalles de repos in- )) dispensables. »

Ces dépêches causèrent dans l'armée la sen-

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