‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 64 sur 107 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

» Jdseph?0ùe6t]eMiiii«trede la guerre ? «-^ Je Ti- Agnore; nous n'ayons reçu aucun ordre de l'un ni Dde loutre de toute la journée : chaque maréchal » agissait pour son compte; on ne les a point vus M aujourd'hui à l'armée, du moins au corps du «duc de Trévise. — Allons , il faut aller à Paris ; » partout où je ne suis pas , on ne fait que des n sottises. » Le prince de NeuchAtel et le duc de Vicence se réunirent au comte Belliard pour dissuader l'Empereur. Il ne cessait de demander sa voiture ; le duc de Vicence l'annonçait et elle n'arrivait pas. Napoléon, dans son dépit', marchait -à pas inégaux et précipités, questionnant de nouveau sur les points déjà éclaircis. n 11 fallait , Mes- » sieurs , tenir plus long-temps , répétaît-il , et tâ- 9 cherd'attendre l'armée; il fallaitremuer P^ris qui a ne doit pas aimer les Russes , mettre en action » la Garde nationale qui est bonne , et lui <^onfier » la défense des fortifications que le Ministre a dâ D&ire élever et hérisser d'artillerie; elle les aurait » sûrement bien gardées , tandis que les troupes de i> ligne auraient combattu en avant sur les faaa- » teurs et dans la plaine* --^ Je vous répète, Sira , S) qu'onafaitaujourd'bui plus qu'iln'était possible » l'armée entière forte de i5 a 18 mille hommes , ))a résiste à plus de 100 mille jusqu'à 4 heures; » espérant que vous allies venir de moment en }) moment. Le bruit s'en étant répandu daM Paris, net ayant percé jusqu'à l'armée , elle a redouble

)) d'ardeur et forcé les ennemis à tourner la ville

»par la plaine de Neuilly et le bois de Boulogne.

» La Garde nationale s'est aussi fort bien montrée

» soit en tirailleurs, soit en défendant les méchans

» tambours qui couvraient les barrières. — C'est

» étonnant ! Combien aviez-vous de cavalerie de

» votre côté ? — i ,800 chevaux , Sire , y compris la

» brigade Dautencourt. — Mais Montmartre for*

» tifié , garni de gros canon , devait faire une vigou-

» reuse résistance. — Heureusement , Sire , l'en-

»nemi l'a cru comme vous , et voilà pourquoi il

» s'en est approché avec tant de circonspection ;

» cependant il n'en était rien , et il n'y avait que 7

» pièces de 6. — Qu'a-t-on donc fait de mon artille^

» rie? Je devais en avoir plus de 1200 pièces à Paris,

D et des munitions pour les alimenter pendant un

»mois. — La vérité , Sire, est que nous n'avons eu

» à opposer à l'ennemi que de l'artillerie de cam-

» pagne, dont encore à 2 heures il a fallu ralentir

» Faction , faute de munitions. — Allons ! je vois

» que tout le monde a perdu la tête ; voilà pourtant

»ce que c'est d'employer des hommes qui n'ont

» ni sens commun ni énergie ! Eh bien ! Joseph

D s'imagine cependant être en état de conduire

^»une armée, et le routinier Clarke a tout l'orgueil

»d'un bon ministre ! mais l'un n'est qu'un c et

» l'autre un j... f..... ou un traître^ car je commence » à croire ce que m'en disait Savary. » La conversation continuait sur ce ton, lorsqu'à 5 kilomètres

Page 1