‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 69 sur 107 · CHAPITRE XXiX. S'ji · texte numérisé non relu

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contre Paris avec environ 5o mille hommes , les Souverains effrayés des suites que pourrait avoir une bataille acceptée sous les murs de la Capitale, résolurent de l'évacuer par prudence , et d'aller prendre position à Mèaux. L'ordre de ce mouvement rétrograde allait être expédié au comte Barclay de ToUy , lorsque le Généralissime en fit suspendre l'envoi en rendant compte de ses pourparlers avec le duc de Raguse. Le Prince s'était hâté de lui faire tenir les Moniteurs qui rendaient compte des événemens dont Paris avait été le théâtre depuis le 3 1 mars , avec l'invitation du Gouvernement provisoire d'embrasser la cause de la nation, contre l'Empereur , présumant que cela déciderait le Maréchal ébranlé par les conseils que ses amis lui avaient donné , dit-on , dès la nuit du 3o au3i mars. Ce qu'il avait prévu arriva: le duc charmé que les premieresouvertures.de rapprochement entre l'armée et le Gouvernement provisoire s'adressassent à lui , se crut pour un moment destiné à terminer la révolution. L'intention justifie toutes les entreprises politiques; MoncL rétablissant la dynastie des Stuarts sur le Négociations

^ - . du duc de Ra»

trône d'Angleterre, et Marlborough la sacrifiant guse «Tec le à la famill^e de Guillaume d'Orange , n'envisagé- prorisoîre. ' rent , dit l'histoire , que la prospérité de leur pays. Si tel fut aussi l'objet du duc de Raguse , qui oserait le blâmer d'avoir suivi leur exemple ? Il ouvrit donc une négociation avec le Gouvernement provisoire qui se proposait de faire de son corps le

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Boyau de i'armëe nécessaire à raccomplissemetit de ses desseins ultérieurs»

La négociation marcha rapidement et fut bientôt conclue. En vertu de ses bases , le duc de Raguse arrêta avec le prince de Schwarzénberg une convention militaire , aux termes de laquelle les troupes du Maréchal devaient quitter la position d'Essonne , et se retirer par Versailles sur un point en-deçà du ^héàtre des hostilités , entre lés armées de Napoléon et des Alliés.

Le Maréchal agissait de concert avec le comte Souham, Tun des plus anciens généraux division* naires de Farmée. A Texception des généraux Chastel et Lucotte dont les dispositions n'avaient pas paru favorables ^ tous les autres furent mis successivement dans le secret.

Le prince de Schwarsenberg donna aussitôt connaissanceauxSouverainsdelaconventionqu'il venait de passer avec ie maréchal de Raguse , expédia Tordre aux troupes de se tenir prêtes à pro léger son passage , au cas que Napoléon vou*lût s'y opposer ; et néanmoins pour éviter tonte méprise dans cette longue marche de flanc sur le frout des Alliés , deux régimens de cavalerie bavaroise furent désignés pour exécuter un mouvement parallèle à celui de la colonne française , depiiis le point où elle arriverait sur la ligne jus*qu à Fresaes , où deux régimens de la réserve russe devaient les relever jusqu'à Versailles. Cette ville fut fortement occupée , tant à cause de ce

«8AFITRB XXIX. SyS

pMsage iàopine i ^ae parce qa'otl sô d«fiait d« •irs IfôbiiaMâ

Gependànl le duc de Raguse n'était pas le seul ^ r^ointi<m auquel lea ëTédemeos de Paris fuisônt eommuni*- cooDae des spiés* LesMartchéux j araient laissé leurs fii milles 9 des amis qui ne manquèrent pas de les elà instruire. La âature de ces événemens devaient exciter en eux des sentimetis dtters. Depuis &rt longtemps , ils faisaient la guerre contre leur grtf #1 ne soupiraient qu'après la paix. Mais lespèee d'èleignemeût dans lequel Napoléon les tint toujours^ lûéme au eomble de la faveur ^ ne leillr avait pas perikiis jusqu'alors d'élever là Voix et de Élire connaitre leurs vœux. L'occasion parut dé"cisive s car de la déteMnination qu'ils allaient

|lrendre dépendait le sort de la patrie ; en effet ^ malgré qu'une partie du Sénat eût prononcé la

déchéance , et que l'ennemi occupât la Capitale ^

Lyon et Bordeaux; le Conseil de Régence se trou-

i^nt déjà derrière la Loire « Faction du Gouver-

liemenl n'en était pas moins assurée dans le reste

de l'Empire où la guerre pouvait se prolonger

avêo d'hUtant plus d'opiniâtreté I que les ermées

el les garnisons se trouvaient toutes dévouées 4

l'Empereur.

C'est pouir saliver la France des horriHirs d'une Démarchet

Q^X l^lX1TI*f*h

guerre étrangère et civile , qu'après s'être enten- auprès de n«' dos ^ ils «e rendirent tous après midi diez rED^-^^^*^* ^ereur , M«o«t|Mgnés du graa^kaàr éohal du palais

et dùdac de Yicence , pour le résoudre à un grand sacrifice. Le prince de la Moskowa portant la parole , après avoir fait un tableau pathétique de la situation de l'Empire , dq^landa quels moyens lui restaient pour le soustraire à tant de malheurs. Napoléon fortement ému , n'ayant trouvé aucun remède, le Maréchal lui proposa alors d'abdiquer. L'Empereur réfléchit quelques minutes , et sentant qu'il ne lui restait pour toute ressource qu'une armée , du dévouement.de laquelle il n'était plus même certain, d'après la démarche des Maréchaux , promit de souscrire l'acte de renonciation au trône en faveur de son fils , sous la régence de l'Impératrice. ifapoiëon ti>. En effet , il signa cette promesse d'abdication iTà^Jl: dans la soirée du 3 , et chargea le prince de la ^"**" Moskowa , les ducs de Tarente , de Viceuce et de Raguse d'aller la porter aux Souverains alliés;

Les trois premiers partirent aussitôt, et en passant à Essonne, entrèrent chez le duc de , ' Raguse pour lui annoncer que l'Empereur l'avait désigné comme l'un des quatre commissaires chargés de négocier son abdication en faveur du Roi de Rome , sous la régence de l'Impératrice.

Cette détermination à laquelle il s'attendait aussi peu qu'à la nouvelle marque de confiance de Napoléon , le jeta dans un embarras qu'il ne put déguiser à ses collègues ; et il

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