‹ Mémoires pour servir à l'histoire de la campagne de 1814 (volume 2)Chapitre 76 sur 107 · CHAPITRE XXX. 5ff · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX. 5ff

» Xavier de France ^ firère du dernier Roi, et » après lui les autres membres de la famille des » Bourbons dans Tordre ancien. La présente » Constitution, ajoutait Farticlé 29, sera soumise » à Facceptation du Peuple français , dans la » forme qui sera réglée. Louis-Stanislas-Xaifièr » sera proclamé JRoi des Français , aussitôt qu'il D aura juré et signé nos actes portant : T accepte y> la Constitution j je jUre de Vobsen^ér et de la ^ faire obsen^er. Ce serment sera réitéré dans la » solennité où il recevra le serment de fidélité » des Français. »

. Ces articles devinrent à l'instant même l'objet de violens débats entre les défenseurs des principes extrêmes et contraires dé la souveraineté des peuples et du droit divin et absolu des rois légitimes. Ceux même qui ne s'engageaient pas dans ces doctrines , se divisèrent sur d*autres points. La Constitution devait-elle être octroyée par le Roi , ou consentie comme un pacte social par le Monarque et la Nation ? Le Roi ne l'était-il pas de plein droit, et en vertu des lois fondamentales sur la succession au trône , depuis la mort de son neveu ? Ne le serait-il , au contraire , comme portait l'article 29 , qu'après avoir, accepté et i la Constitution? En d'autres termes , le droit du Roi avait-il été aboli ou seulemeilt suspendu dans son exercice , par lesGouvememens de fait? Telles furent les questions que ces articles firent

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naiti'e ^t qui devinrent dés sujets de controirerse dans les journaux , les pamphlets , les entretiens particuliers. Mais les articles 2 et 2Q ne met-* laiënt en discussion que les doctrines. Les ar^ ticles 5 et 6 jetèrent dans ce litige le Sénat même et les Sénateur^ actuels.

L'article 5 maintenait le Sénat comme Ghamiirre haute ; l'article 6 fixait le nombre des Sénateurs à i5o au moins et aôo au plu^, en attribuait Iél nomination âa Roi , et rendait lettt dignité inamovible et héréditaire , de mâle en nkàle , par ordre de primogéniture. Enfin , une dijsposition transitoire qui terminait Farticle 6, faisait des Sénateurs actuels le fond du Sénat constitutionnel » attachait à leurs titres des majorats forinels avec la dotation de Tancien Sénat on des sénatoreries , et rendait ces titres et ces majorats transmissibles aux premiers nés de leurs héritiers mâles. Cette transition avait été proposée par le Gouvernement provisoire et quelques Séaateurs firent remarquer qu'on pourrait les accuser eux et leurs collègues d'avoir stipulé avec trop de soin lenrg intérêts personnels, dans un acte ôà il s'agissait de statuer sur les grands intérêts de la France ; maïs ils cédèrent à des considérations de liaute politique. Il s'agissait de lier les nouvelles institutions aux anciennes , pour éviter toute secousse dans l'action

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du nouveau Go^vemement ; or la conversion en majorats de biens dont ils avaient déjà l'ùsur frtut, n'était qu'une eon$éq[aence de ce principe et de la nature méihe ée la Chambre haute dont ils allaient former le «toyau : malheureusement cette discussion ne Jlut pas rendue publiquev Les Sénateurs furent accusés d'avoir trop écouté leurs intérêts particuliers, et lorsqu'il expliquèrent le fait, oii les blâma encore de ti'avoir pas assez Combattu;. Piusîers personnes crurent voir dads la proposition du Gouvernement provisoire, qui peut-être n'en avait point prévu les efiels, mie sorte de mystification po* litique. L'esprit de parti saisit avec habileté ce point d'attaque : lès jotirnaùx , les pamphlets i^attachèi^ent le présent au passé , et dans leui*s ^ invectives enveloppant le corps et son ouvrage , se déchaînèrent à Fenvi contre le Sénat et ce qu'ils appelaient sa Constitution.

Pendant que ce corps simiait l'acte gui devait Napoléon fait

\ T. ir o T. négocier son

entraîner sa chute , la nuit et la l'éflexion con- ai>'^»cation ab.

solue.

firmèretit ISapoléon dans la résolution qu'il dvait manifestée dès la veille au ddc dé Tarente , d'entamer des négociations sur la base de l'abdication absolue ; en Conséquence , il rédigeait ses instructions ^ et les remit à ses plénipotentiaires avec ses pouvoirsJè7 ad matin. A Son lever, il annonça officiellement l'objet de la nouvelle mission des

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Mâfrëchaux , et ce fut bientôt la nouvelle da quartier-général et de l'armée. Dès ce moment , chacun se crut maître d'abandonner un chef qu'entraînaient les événemens , et de l'imiter en faisant son traité particulier. Les Généraux , que leurs amis pressaient depuis plusieurs jours de venir à Paris, s'y rendirent , ou ne restèrent près de lui que par respect humain, ou pour lui donner une dernière marque d'attachement.

Cependant Napoléon ne prévoyant pas l'effet de sa déclaration, et comptant encore en la révoquant sur son ancien ascendant; peut-être aussi ne cherchant qu'à s'étourdir ou à se convaincre de l'esprit de l'armée par une dernière tentative, manda le duc de Bassano, et s'occupa avec lui d'un/ projet de jonction avec l'armée d'Italie , immédiatement après le départ des Maréchaux et du duc de Yicence pour Paris.

Revue du 7» En même temps , il ordonna avec son ton habituel d'autorité , la revue des 3® et 7® corps. Le maréchal duc de Reggio reçut cet ordre avec quelque surprise , après l'annonce officielle d'une abdication absolue. Il craignit que dans l'état actuel des choses , cette revue ne produisît une scène affligeant^e *et ËLcheuse, et néanmoins il obéit en prenant toutes les précautions que sa prudence lui suggéra , pour éviter un éclat inutile. Les deux corps arrivèrent à midi dans la

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